Munich High End 2019

 

L’édition 2019 est venue confirmer la popularité sans cesse croissante du premier salon mondial dédié à l’audio haut de gamme, avec 6% de visiteurs en plus par rapport à la précédente édition.
Beaucoup d’affluence, même durant la journée ouverte à la presse et aux professionnels, qui pour les derniers n’hésitent pas à inviter leurs clients, distributeurs ou tout simplement particuliers...


Côté prix, la tendance est toujours à l’inflation, et il n’est pas rare de voir des systèmes dépassant le demi-million d’euros, preuve que le positionnement est aujourd’hui nettement axé sur le luxe. Un des meilleurs exemples est l’impressionnante Bugatti Chiron sonorisée par une armada de haut-parleurs Accuton.


Une autre tendance forte est l’émergence de petits constructeurs, tenant la dragée haute aux marques établies depuis des décennies.
Alors que les acteurs traditionnels misent sur le statique, le glamour et les petits fours, les acteurs émergents font le show et démontrent qu’ils sont capables de nous emmener parfois bien plus loin que les poids lourds du secteur.


Cela tient sans doute également au fait que bon nombre de démonstrateurs de grandes marques ne font pas correctement leur job, à l’instar du stand Kharma où l’on ne retient pas grand chose de ces très coûteuses enceintes à part qu’elles peuvent reproduire des tambours à très fort SPL... la belle affaire...

 

Dernière évolution confirmée par l’édition 2019 : la montée en puissance du festival « off » et notamment du salon HiFi Deluxe hébergé par l’hôtel Marriott.
Quelques unes des meilleures démonstrations auxquelles nous avons assisté se sont déroulées dans cet hôtel, donc en dehors du MOC, signe que l’événement mondial du Munich High End ne se résume plus qu’à un seul lieu et que les nouveaux arrivants, qui n’ont pu obtenir une place au MOC, ont des arguments très intéressant à faire valoir, ailleurs à quelques encablées...

 

Dès lors, pour commenter cette édition 2019, nous pouvions soit nous efforcer de publier un maximum de photos, soit d'être beaucoup plus sélectifs en se concentrant sur nos coups de cœur et les quelques actualités qui nous ont paru intéressantes.

Nous avons choisi la seconde option, vu qu’elle correspond davantage à notre ligne éditoriale et que la première (option) est déjà exploitée avec de très beaux clichés par d’autres sites internet concurrents.

 

 

 

Commençons donc par le meilleur, le constructeur chinois ESD Acoustic LLC.
C’est la seconde fois que nous les voyons à Munich. Basée à Hangzhou, cette société récemment fondée en 2017 propose des systèmes complets aux prix peu démocratiques puisque, des deux systèmes présentés sur le salon, le plus abordable est commercialisé aux alentours de 450.000 €.


C’est excessivement cher et en même temps certains stands du MOC regroupaient pour encore plus cher de matériel, sans que cela fonctionne aussi bien.


Le gros système à pavillons sphériques en fibre de carbone permettait quant à lui une écoute en champ direct, donc partiellement libérée de tout impact négatif du local d’écoute, et cela s’entend. ESD Acoustic estime qu’en moyenne, leur système proposé une écoute à 85% en champ direct, ce qui permet en outre d’avoir un sweet spot très large et confortable.


C’est le système que j’ai pu entendre à Munich depuis ces dernières années qui m’a semblé s’approcher le plus d’une écoute de concert acoustique, et ce que ce soit sur une sonate ou une symphonie. On est vraiment très proche de la perfection, et des prestations comme celles d’AvantGarde, de Vox Olympian, ou de Kondo passent vraiment pour caricaturales en comparaison.

Le gros système s’approche des 600.000 €, même pas la moitié du prix de la Bugatti Chiron...


Les amplificateurs classe A sont logés dans des caisses utilisant des joints à tenons et mortaises, permettant de réduire considérablement toute perturbation d'origine vibratoire.


Le second système est un peu moins impressionnant mais reste à mon avis au dessus de tout ce que pouvait proposer la concurrence...
Reste à pouvoir loger tout ce dispositif dans une pièce d’écoute. Celles de Munich n’étaient pas particulièrement grandes, donc j’estime que, dès lors qu’on dispose du budget pour investir dans un tel système, on doit sans doute arriver à le loger dans une pièce appropriée...

 

 

ESD : grand système
ESD : "petit" système

 

Deuxième martien, rencontré cette fois-ci chez HiFi Deluxe, le système « Origin » développé par une société niçoise fondée en 2014, Askja, baptisée par son fondateur, Didier Kwak, en hommage à un volcan islandais où règnerait selon lui un silence absolu.
Ces travaux ont été mené en collaboration avec des ingénieurs de Formule 1 en Suisse (écurie Sauber), et tous ces développements mettent en œuvre un très haut niveau de technologie.


Didier Kwak a côtoyé durant sa jeunesse un grand maître du design automobile, Pininfarina, pour lequel travaillaient ses parents, puis s’est orienté vers l’audiovisuel. Il a notamment travaillé avec Luc Besson pour les effets spéciaux du « 5ème élément ».

 

Lorsqu’il a décidé de se consacrer à la reproduction de l’audio, Didier Kwak a essayé de trouver la meilleure corrélation entre acoustique, dynamique des fluides et aérodynamique.
Sa quête de transparence et de dynamique extrême s’est matérialisée dans ce système « Origin » qui ne ressemble à aucun autre. Les électroniques et les filtres actifs ont été conçus via une majorité de composants issus d’impression 3D. L’amplificateur embarque un convertisseur fourni par Totaldac.


Les possibilités de finition à la demande sont impressionnantes avec des revêtements de l’ensemble des maillons en cuir d’autruche, ou en galuchat ! Nous sommes bien dans l’hyper luxe avec un prix de départ de quelque 450.000 €.


C’est mon gros coup de cœur de cette édition car ce système hybride, rappelant dans une certaine mesure un ensemble vintage TAD avec amplification à tubes, mais qui serait passé dans les ateliers d’un Pininfarina d’aujourd’hui, est simplement époustouflant.

Le niveau de dynamique décoiffe, et le niveau de transparence est hallucinant. J’ai préféré les systèmes ESD qui m’ont vraiment mis une claque cette année, mais celui de Didier Kwak est plus compact, plus fou encore dans sa conception, et plus logeable dans nos habitats. Il est esthétiquement plus réussi et donc susceptible d’attiser davantage ma convoitise, alors que celui de ESD Acoustic reste quand même un poil encombrant.

Et puis, Askja reste la grande nouveauté pour moi de cette édition 2019.

 

 

Askja "Origin"

 

Au titre des démonstrations parfaitement maîtrisées et mettant en œuvre des équipements dont les prix restent encore raisonnables (sans être pour autant abordables pour le plus grand nombre), nous avons beaucoup apprécié la démonstration de JMF Audio, dans une salle de réception particulièrement spatieuse du Marriott.


Nous avons eu droit à une écoute vinyle, puis numérique avec le fameux lecteur Blu-ray JMF.
Deux écoutes parfaitement réussies : une dynamique qui s’exprime pleinement, des timbres très variés grâce à une salle qui fait mieux ressortir les capacités des enceintes que ce que permettent des chambres d'hôtel. Bref, je qualifierais le système JMF de rêve accessible. Sans doute un des meilleurs compliments qu’on puisse faire à un manufacturier de hi-fi.

 

La programmation musicale, bien que de qualité, m'a semblée un peu banale, ou disons orientée "grand public audiophile", mais certains enregistrements que je ne connais que trop bien me sont apparus avec une clarté encore rarement constatée. Une superbe performance.

 

 

 

 

 

Page suivante >

A la une...

A suivre...

Lumin Amp

Topping D50S

Vermeer Audio Two

Mola Mola Tambaqui

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© AUDIOPHILE MAGAZINE