Channel Classics

Remarque préliminaire

Avant de me faire accuser de « bidonnage » à l’instar d’un célèbre présentateur du JT avec Fidel Castro, je précise tout de suite que ce « reportage » a été fait depuis "chez moi".

 

Pas de déplacement chez Channel Classics donc, la Direction de Audiophile Magazine n’ayant pas (encore) le budget pour m’offrir une semaine en Hollande.

 

Les informations données dans ce "reportage" émanent cependant bien de Channel Classics.

Pourquoi Channel Classics?

Qui n'a jamais été déçu, et même prodigieusement énervé par l'achat d'un album pour découvrir une prise de son apparemment faite dans le hall de la Gare Saint Lazare un vendredi à 17h30, ou un Mastering massacré pour donner l'impression aux possesseurs de baladeurs qu'ils avaient une chaine HiFi de haute qualité au bout de leurs écouteurs à 1.5€?

 

Entre compression dynamique, changements d'échantillonages multiples, bidouilles plus ou moins avouables, on a trop souvent l'impression d'acheter de l'Or et de se retrouver avec du Plomb.

Après avoir écouté depuis plusieurs années des albums de Channel Classics, il s'est avéré que leurs albums sont toujours d'une immense qualité en terme "techniques". On peut plus ou moins apprécier l'interprétation de tel ou tel artiste, mais pour la prise de son, la lisibilité, le réalisme, chaque album est une réussite.

 

J'ai alors essayé de savoir s'il y avait des "recettes miracles" chez Channel Classics. Par quelle Alchimie peuvent-ils toujours nous offrir de l'Or quand d'autres transforment à coup sûr l'Or en Plomb?

DSD

Sur les forums audiophiles, voire sur les forums de certains fabricants, on assiste à une guerre de tranchées à propos du DSD. Selon certains, c'est un progrès majeur, pour d'autres cela ne sert à rien et d'autant moins que les formats PCM 24 bits de 88 à 192 KHz se sont développés.

 

Ce "reportage" n'est pas le lieu propice à un débat (interminable) sur les avantages et désavantages respectifs de PCM et de DSD. Je me bornerai juste à dire ce sont deux "formats" de transformation d'un flux audio analogique en flux audio numérique puis fichiers numériques, basés sur des approches différentes. Les deux approches conduisent à des DAC (transformation inverse d'un flux audio numérique en signal analogique, ce qui sert à alimenter nos amplis) de conceptions différentes.

 

Channel Classics, et d'autres studios comme Caromitis, ont décider d'utiliser le DSD depuis la prise de son jusqu'au SACD ou pistes DSD qui se retrouvent sur nos platines, DAC ou lecteurs réseau.

 

Une partie des détracteurs du DSD avancent qu'il y a de toutes façons une conversion systématique en PCM à un moment ou un autre de la chaine de traitement entre la prise de son et l'édition du SACD ou des pistes DSD. Le format DSD, en effet, ne permet pas certaines opérations de Mastering comme la modification du volume. Autant donc, pour eux, effectuer directement les prises de son en PCM.

 

Et s'ils se trompaient tout en ayant raison au départ? Les Reverb, EQ et autres compressions dynamiques sont effectivement impossibles à réaliser en DSD.

Le Mix/Mastering chez Channel Classics

Autant annoncer tout de suite ce qui me semble être l'un des clés technologiques de la qualité des albums de Channel Classics: c'est l'ABSENCE DE MIX/MASTERING après la prise de son.

 

Quelle élégance pour la résolution d'un problème!! Ne pas avoir à le résoudre.

 

Mais comment font-ils?

 

C'est à la prise de son, et uniquement à la prise de son, et en analogique, que le "Mix/Mastering" est effectué. Aucun traitement DSP, aucune Equalisation, aucun changement de niveau, aucune réverbation après coup.

 

L'Alchimie de Channel Classics c'est l'alliance entre les meilleures technologies, les musiciens et le Directeur de Channel Classics qui est aussi Ingénieur du Son en chef, C. Jared Sacks, et aussi:

aucun post-processing numérique, aucun traitement, aucune conversion à aucun moment, pas de Mix/Mastering.

 

Le SACD ou les pistes DSD que je télécharge, c'est exactement ce qui est sorti de la prise de son.

 

Le meilleur Mix/Mastering, c'est pas de Mastering. Ce qui a pu être considéré comme une faiblesse du DSD, a poussé Channel Classics à concentrer tout son savoir faire musical et technologique à la prise de son, au plus près des musiciens.

 

Quand on sait que l'on pourra "bidouiller" après coup en PCM, cela n'encourage peut-être pas l'excellence.

 

Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin (Sören Kierkegaard)

Le matériel

Les micros ont été modifiés par Rens Heijnis.

Microphones

Leur alimentation dédiée a aussi été conçue par Rens Heijnis.

Alimentation de scène

Les câbles des micros sont des Vandenhul.

Câbles Micros

Le préamplificateur est aussi l'oeuvre de Rens Heijnis. Il fontionne sur batteries.

Préamplificateur

La console de mixage comporte le minimum d'électronique. Il y est possible de bye passer les potentiomètres pour raccourcir encore plus le chemin du signal audio.

Console de mixage

Le convertisseur Analogique/Digital DSD est fabriqué par Grimm.

Console de mixage

Enfin, c'est un simple PC (que vous pourrez voir dans la video complète à l'adresse http://www.channelclassics.com/Superaudio/ et dont la "bande annonce" figure ci-dessous), avec le logiciel Pyramix qui récupère le DSD issu du Grimm pour en faire des fichiers DSD en format DFF (bientôt DSF pour la prise en compte des Tags) et ensuite presser les SACD.

 

Pour l'édition de versions PCM des enregistrements, c'est une simple conversion DSD-PCM qui est effectuée à l'aide du logiciel Weiss Saracon qui est effectuée.

Tout cela en images

Voici la bande annonce du film réalisé par Channel Classics et dont la version intégrale se trouve à http://www.channelclassics.com/Superaudio/

Que dire en conclusion?

 

Excellence du matériel, maitrise des technologies, coopération étroite entre Musiciens et Ingénieurs du son, sont sans doute l'apanage d'autres studios et pas uniquement de Channel Classics.

 

S'appuyer jusqu'au bout sur une technologie, le DSD, pour éliminer radicalement l'une des phases périlleuses et hasardeuses de la fabrication d'un enregistrement, le Mix/Mastering, est sans aucun doute suffisamment rare pour être souligné. Il a à lui-seul justifié cet article.

 

Comme pour un amplificateur de puissance, un étage de sortie, ou un préamplificateur, le trajet le plus court du sigal audio est une option de conception inévitable quand on cherche la plus grande transparence et la plus grande fidélité d'un maillon à un autre.

 

Avec ce type d'enregistrements, le trajet de la musique depuis les musiciens jusqu'à nos enceintes est on ne peut plus court. Adieu les reverb, les EQ, les compressions, les bidouilles en tous genres.

 

Et cela s'entend.

 

Thierry NKAOUA

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