Editoriaux

Janvier 2019

 

Contenu et Contenant.

 

 

2018 s'est achevé sur quelques notes jaune vif, sans doute trop visibles au milieu des pardessus noirs et gris.

Et si la baisse du pouvoir d'achat est sans conteste une réalité depuis quelques décennies, il n'empêche que certaines choses se sont quand même démocratisées. L'accès à la culture en général a bénéficié de la dématérialisation, qui a permis au plus grand nombre, via les plateformes de streaming, de disposer d'une vaste librairie de films et de musique pour un coût mensuel assez dérisoire au regard de ce qu'aurait coûté l'acquisition de ce contenu.

 

Le prix du contenant n'a en revanche pas évolué de la même façon et il est très aisément compréhensible qu'une paire d'enceintes ou un téléphone représentant plus d'un mois de salaire moyen puisse exaspérer beaucoup de personnes.

 

L'appauvrissement ne vient-il pas néanmoins de la perception (déformée) de ce qui relève de l'essentiel et de ce qui est de l'ordre du superflu et donc du luxe ?

 

Autant une paire d'enceintes ou un amplificateur appartiennent à cet univers de l'accessoire, ou du luxe, car il ne répondent plus vraiment à un besoin essentiel (et bien que la « consommation » de musique n'a jamais été aussi importante).

 

En revanche, un iPhone de dernière génération est presque devenu un produit de nécessité. Cela est sans aucun doute la conséquence d'un rapport au téléphone qui a radicalement changé, celui-ci étant devenu le vecteur permettant de transporter son univers personnel miniature partout avec soi.

Mais derrière ce changement du rapport à l'objet, restent embusquées les sirènes du marketing global et de la standardisation.

 

Alors si la standardisation coûte si cher, pourquoi ne pas chercher à être différent ? Nous sommes en effet assez éloignés aujourd'hui du concept T si cher à Henri Ford...

 

Etre différent, c'est privilégier sans doute davantage le contenu que le contenant. C'est aussi s'intéresser à des offres alternatives, de petits constructeurs qui permettent de ne pas basculer de la position dominante vers le monopole de quelques marques toutes puissantes.

Dans l'industrie de l'électronique, c'est néanmoins compliqué de proposer de petites séries à prix compétitif, et l'ultra-fragmentation du marché fait qu'on arrive plutôt au résultat inverse : celui de voire des prix déraper car la multiplication de l'offre de produits engendre une augmentation sensible des marges unitaires et des coûts de distribution.

On s'aperçoit donc que la taille critique reste une problématique finalement assez complexe.

 

Il faut ainsi rester vigilant, et acheter en s'étant bien informé de ce que propose la concurrence en termes de prix, de qualité, et de « technologie utile ». Tous les bancs d'essai que nous pouvons publier ici ou ailleurs ne resteront jamais qu'une information très partielle au regard de l'offre pléthorique de produits disponibles.

 

Et il est tout aussi important de ne pas oublier le contenu, car un bon enregistrement restera invariablement un vecteur essentiel de plaisir auditif. Il y a bien des débats selon quoi un bon matériel rendrait les mauvais enregistrements plus écoutables, ou qu'au contraire un excellent matériel serait trop discriminant et mettrait en lumière avec davantage de cruauté les défauts rédhibitoires des mauvais disques...

Est-ce néanmoins vraiment ça le fond du problème ? Il suffirait juste déjà de sélectionner les très bons enregistrements, et les productions récentes nous réservent à cet égard souvent de très bonnes surprises, que ce soit chez les petits labels, comme de la part des grandes maisons de disques.

 

C'est pour cela que nous souhaitons attirer votre attention sur nos deux dernières critiques musicales : la dernière de 2018, et la première de 2019, toutes deux consacrées à deux nouveaux cycles mahlériens a priori de très bon niveau.

Il y a fort à parier que ces enregistrements sauront vous émerveiller, et ce, quel que soit le niveau de performance de votre chaine hi-fi.

 

C'est aussi l'occasion de vous informer que nous avons scindé pour des raisons techniques nos critiques discographiques en deux parties, celles antérieures à 2019, et celles postérieures.

 

Bonne année à tous !

 

 

Joël Chevassus

Editeur.

Décembre 2018

 

Mieux vaut prévenir que guérir...

Réseaux informatiques et alimentations linéaires.

 

 

 

Les fabricants de sources numériques essaient généralement de limiter l'impact de la pollution électromagnétique sur leurs appareils, en tentant de filtrer les impuretés et parasites entrants. Mais est-ce que le plus simple n'est pas encore d'éliminer ces impuretés à la racine ?

 

On se rend compte finalement que la qualité de l'alimentation est cruciale dès lors qu'on utilise un câble susceptible de véhiculer des interférences d'origine électrique. C'est le cas des ordinateurs, des NAS, des switchs réseau, des routeurs, des boitiers CPL, des convertisseurs Ethernet/fibre optique... et même des batteries pour téléphones portables.

 

La dématérialisation est en quelques sortes une porte ouverte sur un océan d'impuretés électriques. Le réseau informatique distille en effet ses effets pervers à l'ensemble des appareils qui lui sont reliés, que le signal audio numérique y transite ou non.

 

Avec un peu de recul, on s'aperçoit que bon nombre des duretés numériques, si fortement fustigées par les adeptes de la lecture bio 100% vinyle, sont en fait la résultante de ces maillons informatiques dont le transfert de signaux audio numériques n'est pas forcément la vocation première. Ceux-ci embarquent bien souvent une alimentation à découpage qui s'avère beaucoup plus sensible aux perturbations radio et électromagnétiques que les alimentations linéaires de nos chères électroniques hi-fi, et qui génère davantage de bruit HF.

 

On a cru à un moment pouvoir résoudre ce problème via la connectique, en optant pour des câbles davantage immunisés contre ce type de perturbations. On a pu d'ailleurs constater une inflation galopante sur les câbles USB et les câbles RJ45. Qui aurait pu penser aux premiers jours de la dématérialisation qu'on pourrait vendre un jour un simple câble Ethernet RJ45 à plus de 10.000 $ l'unité comme le Diamond d'Audioquest, ou bien un câble USB à plus de 5.000 € ?

 

Les isolations galvaniques de type Etalon Isolator ou bien de type Regen d'Uptone Audio (qui fait également office d'alimentation USB) ont été sans doute une façon plus efficace, et moins onéreuse, pour réduire l'impact néfaste des alimentations à découpage basiques alimentant nos maillons informatiques.

 

 

On en est venu ensuite à la découverte des bienfaits que pouvaient représenter les convertisseurs FMC (Fiber Media Converters) qui permettent de nettoyer la ligne de transmission en faisant barrage aux bruits parasites d'origine électromagnétique, générés en amont et portés par les conducteurs en cuivre des câbles RJ45, via une fibre optique.

 

Puis sont venus les switchs réseau bricolés ou modifiés pour un usage réputé audiophile. Ceux-ci sont fréquemment accompagnés d'une alimentation linéaire dédiée, voire d'une alimentation sur batterie pour les montages les plus sophistiqués...

 

 

Cela nous ramène ainsi à la qualité de l'alimentation, sujet assez central dans le domaine de l'audio haut de gamme, mais qui a tendance à être négligé dès lors qu'on met en œuvre du matériel informatique.

Cela n'est guère étonnant puisque la plupart des équipements informatiques sont commercialisés avec leur alimentation à découpage d'origine, avec un voltage et ampérage variables d'un appareil à l'autre.

 

Comme rien n'est évident tant qu'on n'a pas fait l'essai, c'est une piste finalement peu usitée que de retravailler la qualité de l'alimentation malgré le fait que certains gourous de l'informatique appliquée à l'audio ont popularisé certaines pratiques comme celle très récente d'essayer de relier à la terre l'alimentation d'un simple switch informatique.

Et cela fonctionne en effet, mais cela ne règle certainement pas tous les problèmes, et notamment celui des interférences générées par ces alimentations à découpage au rabais...

 

Autre blocage également, celui psychologique de dépenser deux ou trois cents euros a minima pour alimenter un appareil qui n'en aurait couté pas davantage voire beaucoup moins lorsqu'il s'agit d'un simple switch Ethernet.

Autre sujet connexe, encore moins incitatif, celui du petit câble DC avec conducteur argent cryogénisé et fabriqué minutieusement à la main qui vient renforcer les effets de l'alimentation externe au double du prix...

 

Mais lorsqu'on franchit le pas, et qu'on déniche l'alimentation linéaire susceptible d'alimenter correctement ces appareils, on observe une amélioration sensible et non destructrice. J'entends par là qu'il ne s'agit pas d'un simple artefact qui permet d'adoucir le son en modifiant l'équilibre tonal. Non là, il s'agit de préserver l'intégrité du signal et non pas d'en faire n'importe quoi. On obtient donc plus de douceur, de dynamique et de précision sans rogner ni déformer la bande passante.

 

 

Une fois qu'on est conscient de cela, les gros câbles secteurs exotiques, les câbles de modulation dispendieux, et les fusibles de luxe, passeront au second plan.

 

Il vaut mieux en effet prévenir que guérir. A quoi bon essayer de gommer, filtrer le bruit HF, si on peut faire en sorte qu'il n'y en ait pas du tout ?

Bien évidemment l'alimentation linéaire ne constitue pas l'arme absolue pour autant, et le rafraichissement du signal, le reclocking, et les horloges ultra précises amèneront aussi leur lots d'améliorations.

 

C'est donc un essai comparatif de plusieurs solutions à base d'alimentations plus ou moins sophistiquées avec des câbles standard et d'autres plus exotiques qui va être développé au cours des prochains mois.

 

Ma première impression au démarrage de ces tests est que ces accessoires revêtent une importance toute particulière, et que ces satanées prises avec alimentation à découpage sont vraiment nocives, à un point tel que je n'aurais sincèrement pas imaginé il y a encore quelques mois de cela.

 

Cet article fera ainsi figure de feuilleton, voire de guide d'achat, mais sera aussi un manifeste de ce qui me paraît essentiel dans l'audio numérique et ce qui me semble en revanche plus secondaire...

 

Bonne lecture à tous !

 

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Joël Chevassus

Editeur.

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