Editoriaux

Novembre 2019

 

Une nouvelle adresse aux portes de Paris

 

 

 

Nous parlons rarement des distributeurs et importateurs, sauf peut-être pour souligner de temps en temps que cette activité n'a guère le vent en poupe.

En revanche, au delà de cette considération plutôt morose, quelques initiatives méritent parfois d'être saluées.


C'est le cas de la société TecSart, d'Armando Fontana, qui vient de déménager pour agrandir son show-room de région parisienne, toujours basé à Bussy Saint-Georges.

Il est vrai que c'est plus simple d'avoir de grandes surfaces en Seine et Marne que dans Paris intra-muros, et les locaux de Tecsart occupent désormais plus de 300 M2, dont une grande partie dédiée à l'exposition et à la démonstration du catalogue de produits. 

Et comme Tecsart est également spécialiste du traitement acoustique, les conditions d'écoutes sont finalement plutôt convaincantes, alors que la structure "industrielle" des batiments ne s'y prête pas particulièrement à l'origine.

 

Les sociétés d'Armando Fontana résidant à cette nouvelle adresse, Resolution AD et TecSArt,  exercent des activités multiples, à savoir : la vente de tubes audio anciens et rares, les solutions de traitement acoustique à destination des particuliers et professionnels, l’importation et la distribution pour la France de matériel audio, et la vente en direct via ces nouveaux show-rooms ouverts au public sur rendez-vous.

 

 

Une autre nouveauté chez Tecsart est l'élargissement de la gamme de produits, historiquement centrée sur une sélection de marques italiennes comme Audia Flight, Mastersound, Grandinote, Lector ou bien encore plus récemment Norma Audio. En effet, certains fleurons de l'industrie HiFi sont venus rejoindre un catalogue déjà riche, à l'instar du spécialiste français des sources numériques qu'est Métronome Technologie, ou bien encore, plus récemment, le fabricant d'enceintes et d'électroniques japonais TAD.

 

Le show-room du rez-de-chaussée (d'environ 50 m2), avec son impressionnant meuble fabriqué sur mesure par le maître des lieux, permet de pouvoir écouter un panel d'enceintes très large, dont une bonne partie de la gamme TAD, alimentée par des électroniques d'exception.

J'ai pu ainsi écouter attentivement les "petites" TAD ME1 Micro Evolution One ainsi que les TAD E1-TX Evolution One. C'est toujours aussi surprenant de voir dans un auditorium de région parisienne le fleuron de la gamme TAD Reference One, mais mon temps étant limité, j'ai volontairement orienté mon choix vers ces deux nouveautés.

Ce qui étonne est la précision de ces moniteurs ou de ces colonnes. J'ai trouvé que la gamme Evolution One du constructeur nippon avait globalement gagné en finesse, avec un grave plus lisible et plus propre. Je n'irais pas au delà de ces considérations générales car les différences acoustiques entre deux locaux d'écoute ont trop d'incidence sur le résultat pour en tirer des enseignements plus précis.

 

 

On retrouve dans cette pièce d'autres enceintes comme celles de l'allemand Fischer & Fischer, ou bien la très étrange marque française Ppfff.

Parmi les électroniques haut de gamme, on remarque un superbe lecteur TAD, les lecteurs Kalista, et les DACs Métronome, et quelques belles réalisations italiennes comme les ensembles ampli-préampli Audia Flight. Les superbes platines vinyles EAT viennent proposer une alternative analogique de choix aux amateurs de disques noirs...

 

Au 1er étage, la surface d'exposition est plus conséquente avec presque 130 m2. Cet espace est divisé en six zones d’écoute où l’on retrouve des systèmes aux prix plus accessibles. Un des derniers coups de coeur d'Armando Fontana est la marque française d'enceintes Atlantis Lab offrant une gamme très diversifiée à des prix extrêmement raisonnables, ainsi que les très abordables amplifications grecques Tsakiridis.

 

 

Un espace de rangement assez impressionnant est réservé aux triodes et pentodes de toutes sortes, pièces de musée ou tubes destinés à équiper amplis et préamplificateurs...

Une station de test complète permet de vérifier et attester le bon fonctionnement de tous ces tubes.

Un espace réservé aux casques est également présent avec les marques ERGO et HIFI Man.

 

Le reste de la surface est réservée pour le stockage et l'atelier de réparation.

Une vraie structure professionnelle, outillée pour assurer le suivi et la logistique d'un vrai réseau de distribution, doublée d'un show-room de premier plan qui permet de promouvoir efficacement les nombreuses marques qui y sont représentées !

 

C'est aussi une excellente adresse pour qui souhaite découvrir la large gamme des produits TAD, Métronome Technologies, Audia Flight, Atlantis Lab, Tsakiridis, EAT ainsi qu'une collection de pépites italiennes qu'Armando Fontana cultive depuis de nombreuses années.

On aimerait vraiement que ces initiatives soient plus nombreuses !

Je tiens aussi à remercier Armando Fontana pour son accueil chaleureux, et encore bravo pour cette magnifique réalisation !

 

Vsites sur rendez-vous au 30-34 Av. Graham Bell, Lot A 1, 77600 Bussy St. Georges.

Téléphone: 01 64 66 78 06.

Site web : www.resolutionad.com

 

Accès par autoroute A4 ou bien en RER (ligne A).

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

Octobre 2019

 

Quel maillon privilégier dans une chaîne hifi ?

 

 

 

Cette question revient sans cesse. Et jamais l'ensemble de la communauté audiophile n'arrivera à se mettre d'accord.


Certains pensent que l'enceinte reste le composant le plus imparfait d'un système, et donc l'élément primordial.

D'autres sont persuadés au contraire que la source reste le maillon essentiel car tout ce qui est perdu au départ ne sera jamais récupéré, et même le haut-parleur le moins performant arrive tant bien que mal à mettre en évidence les différences qu'on peut constater entre une mauvaise et une bonne source digitale ou analogique.
Quelques originaux en viendraient même à penser que le préamplificateur de par son rôle de « milieu de terrain » est le maillon crucial, sans parler des adorateurs des câbles et des dogmatiques de l'acoustique...


La matériel audio est à ce point si complexe à appréhender qu'on peut comprendre que la communauté de passionnés soit finalement assez réduite, alors que tout le monde, ou presque, « consomme » de la musique de façon régulière.

 

Il n'y a sans doute pas de bonne réponse à cette question car les attentes varient d'un consommateur à l'autre. Certains sont attachés à la qualité de l'image, d'autres à l'absence de distorsion audible, d'autres encore à la précision des timbres, ou à la dynamique...
Sur le long terme, on peut néanmoins dégager quelques impressions. Celles-ci ne seront pas partagées par tous, mais elles reviennent néanmoins à chaque nouvelle expérience que je peux faire.

 

La salle et son acoustique restent en ce qui me concerne prépondérantes. Viennent ensuite les enceintes, puis le reste... Difficile pour moi de faire passer les sources devant les amplificateurs ou les préamplificateurs. Tout cela pourrait d'ailleurs être hébergé au sein d'un seul et même boitier si on fait abstraction du vinyle qui reste de toute façon une technologie du passé...


Ce qui est certain, c'est que la queue de peloton reviendra toujours aux câbles. Tant de produits proposés à la vente se font à des prix complètement déraisonnables et pour des résultats qui relèvent souvent davantage de la déformation du message initial ou des conditions de fonctionnement dans lesquelles l'appareil a été conçu.

Bref, les câbles sont très certainement la dernière roue du carrosse et cela ne veut pas dire qu'il faille pour autant les négliger lorsque le reste fonctionne correctement. Mais il y a tant à faire en amont que ce sujet pourrait presque être éludé neuf fois sur dix.

 

La salle dédiée est sans aucun doute un luxe pour la majorité des audiophiles. Mais elle reste néanmoins le moyen le plus efficace pour faire un vrai saut qualitatif, bien qu'on arrivera vraisemblablement toujours à faire la distinction entre deux sources, ou deux paires d'enceintes, dans un local à l'acoustique déficiente.

Même des professionnels arrivent bien à organiser des concerts dans des conditions acoustiques déplorables, sans que le public s'en plaigne particulièrement...


Mais lorsqu'on franchit un cap en termes de budget, et dieu sait si les budgets peuvent avoir tendance à grossir rapidement dans la hifi dite « high end », je pense sincèrement qu'envisager une pièce avec un minimum de traitement passif (déterminé scientifiquement et non au petit bonheur la chance), et permettant un positionnement adéquat des transducteurs par rapports aux murs et à l'auditeur, reste le sésame absolu.


La question subsidiaire sera celle du possible contournement via une correction numérique. Je répondrais à celle-ci que ceux qui ont démarré ce chantier cherchent toujours encore la courbe algorithmique parfaite. A quoi bon après pinailler sur le choix entre deux sources numériques haut de gamme pour lesquelles les écarts mesurables sont complètement marginaux en comparaison des coup de hache qu'on peut pratiquer sur le signal numérique via différents essais de correction acoustique ?
En dehors de toute logique de compensation et des recettes de cuisine qui n'appartiennent qu'à ceux qui les couchent sur le papier, la salle dédiée et les enceintes sont la clé de voute d'un système hautement fidèle. Le reste est (presque) accessoire...

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

Mai / Juin 2019

Que retenir du Munich High End 2019 ?

 

Joël Chevassus : Coup de blues ?

 

 

 

Certains s’acharnent parfois à faire la distinction entre l'audiophile et le mélomane.

Si chacun de ces deux mots revêt une signification différente, je ne crois pas qu’on puisse pour autant les opposer.

Pourquoi en effet percevoir ces deux qualificatifs da façon antagoniste puisque dans la plupart des cas, c’est l’intérêt pour la musique qui est le moteur de la passion audiophile ?
La caricature veut néanmoins que le mélomane privilégie le côté artistique à celui technique, contrairement à l’audiophile qui fait passer le côté artistique après la qualité sonore.
Beaucoup s’amuseront à pousser le bouchon encore plus loin en considérant l’audiophile comme une personne inculte sur le plan musical.

Après tout, pourquoi pas ? Pas la peine d’être un expert en mécanique horlogère pour collectionner de belles montres ou d’être un pilote chevronné pour s’offrir une voiture de sport...

Et bien que la caricature ne me passionne pas (même si elle est bien souvent révélatrice à certains égards), notre dernier passage à Munich nous a laissé quand même perplexe.


Durant deux journées intensives de visites de stands, la grande majorité des démonstrations cette année faisaient la part belle à un genre musical particulier : le blues !
Il y a pourtant peu de champs de coton en Bavière, et sans doute guère plus de bluesmen.


Je conçois que, pour tout démonstrateur ou exposant, ce genre musical représente une prise de risque infime ou très faible, puisque reproduire une guitare électrique avec un maximum de réverbération, avec éventuellement une voix rocailleuse en prime, est finalement un choix peu ambitieux...


Alors Munich serait-elle la ville du congrès annuel des audiophiles dépressifs ?
Il semblerait en tous cas que la paupérisation des genres musicaux pour n’en retenir qu’un seul mineur, finisse par nous « miner » le moral, et donner raison à ceux qui opposent l’audiophile au mélomane.


Et pourtant, les meilleures démonstrations, l'ont été encore cette année avec une programmation bien plus variée. C'est à mon sens le minimum qu'un exposant honnête et sérieux puisse respecter : car la diversité de la musique fait ressortir les aptitudes d'un système hifi à recréer différentes ambiances, en s'effaçant derrière la musique sans chercher à imposer une couleur particulière, si blues soit-elle...

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

Que retenir du Munich High End 2019 ?

 

Jean-Marc Villafranca : De l’intérêt de la démonstration...

 

 

 

Après une écoute récente que je qualifierai de ratée dans le showroom privé d’une marque et après l’orgie de stands que nous avons eu au High End de Munich 2019, je me suis posé la question de l’intérêt de la démonstration. 

 

Quand vous allez au salon de l’auto on vous autorise à monter dans la voiture que vous convoitez, éventuellement, mais pas à la conduire. Si votre intérêt se porte sur un véhicule de prestige ou de sport très couteux il y a des chances cependant qu’on vous propose de la conduire sur circuit avant de sortir votre chéquier. Il est assez probable que le bolide soit à la hauteur de vos attentes ou les excède, dans la lignée des autres véhicules du constructeur. Dans le haut de gamme la probabilité que vous tombiez sur une caisse à savon est vraiment faible. 

 

Pour le matériel Hifi c’est différent : la promesse ne repose pas que sur le prix, le positionnement dans la gamme ou la réputation. 
Les productions haut de gamme sont souvent artisanales, en quantité rare et ne dépendent pas de processus industriels rodés. Le porte étendard de la marque peut impressionner visuellement et par la somme demandée mais hélas sa fonction première, reproduire de la musique peut arriver au second plan. Les échecs cuisants sont légion.

 

Prenons le matériel pour commencer. 
Pour attirer le chaland, il faut du gros matériel, des enceintes de plus de deux mètres de haut, des platines vinyles montées sur échasses dont la cellule arrive naturellement à hauteur d’œil et des amplis monos qui ne satisferaient pas aux dimensions des bagages en soutes. 
Avoir tel ou tel matériel en compagnie de sa production c’est aussi assurer les gens de passage de la puissance de votre marque qui réussit à se faire prêter cette enceinte réputée pour fonctionner avec votre ampli ou l’inverse. On s’associe avec les puissants pour se donner de la tenue. Une pléthore d’accessoires et de cables avec un prix catalogue à 5 ou 6 chiffres est un must. Vous tenez là les données de base de la démonstration en Force. Parfois cela fonctionne, parfois pas. Les résultats sont parfaitement indépendants de l’investissement ou du cout final du système. 

 

Pour les moins doués le mariage des éléments comporte des maillons faibles qui vont directement ruiner les capacités du système. C’est l’enceinte impossible à faire marcher qu’on vous aura prêté la veille, non rodée. C’est l’ampli sous dimensionnée en terme de puissance (pas en taille bien sur) que vous voudrez faire fonctionner avec vos panneaux. Ou encore des disques vinyles usés à en devenir transparent et dont la dynamique est à peu près nulle. Dans ce second cas cela ne fonctionne jamais et un parfum de gachis flotte sur le stand qui ne disparaitra pas. 

Vient ensuite le facteur humain. 


C’est tout d’abord le démonstrateur incapable de faire marcher le système. Certes au High End le temps de montage et de préparation des stands se réduit d’année en année. Je connaissais une personne dont le travail était de mettre en œuvre les systèmes, de placer les enceintes, de préparer l’acoustique. Il lui fallait deux jours pour cela avec toute l’expérience dont il disposait.  


Aujourd’hui cette tache essentielle à mes yeux est souvent faite aussi pendant le show. A Munich, entre le jeudi « Presse » et le vendredi il est souvent recommandé de repasser faire certaines écoutes et la différence qualitative est flagrante pour certains stands. Je citerai par exemple le système 6 voies à pavillons de ESD qui a fait un grand saut qualitatif d’une journée à l’autre. Encore faut-il discuter avec le démonstrateur pour comprendre son insatisfaction qui corrobore vos sensations d’écoute. Repasser le lendemain pour entendre la différence vous rend confiant dans la nature humaine.et la volonté de certaines marques de vouloir bien faire.  

Pour d’autre cas la magie n’opère jamais et probablement les objectifs du démonstrateur ne sont pas les nôtres. 

 

La particularité du High End de Munich est qu il s’agit un salon orienté à la fois vers le grand public et le Business to Business.
Les écoutes les meilleures sont souvent faites parmi les nouveaux venus dans les halles du rez-de chaussée et pour cause ces gens-là cherchent des distributeurs et souhaitent tirer le bénéfice maximum de l’exposition offerte à Munich. 
Si votre réseau est établi de longue date par contre, les discussions que vous avez avec les revendeurs font souvent plus cas de la marge commerciale, des volumes de vente et du prix que de la qualité sonore finale du stand. La venue de marques américaines, de plus en plus forte chaque année tend à renforcer le nombre de ces stands qui font marcher du matériel sans que le but final soit de produire un résultat tant soit peu à la hauteur des attentes basiques du consommateur final.
Certains exposants ont oublié le bénéfice d’une bonne démonstration. « Tout ça pour ça !» 

 

Si vous venez avec les mêmes attentes qu’Audiophile Magazine dans un salon Hifi, ou que vous êtes un potentiel acheteur indécis, que penseriez-vous d’une démonstration non convaincante ou carrément indigente ? 
Face au public, quand des moyens conséquents et une exposition planétaire sont dans l’équation, la déception ne devrait pas avoir sa place. 

 

Pour nous chez Audiophile Magazine nous pensons que chaque constructeur devrait se faire devoir de montrer ses capacités matérielles et humaines par un effort substantiel capable de passer par-dessus les obstacles inhérents à la démonstration dans un salon tel que le High End et réussir à produire un résultat digne d’être appelé Hifi. Après avoir dépensé de l’argent, de l’énergie, déplacé du matériel et des hommes, une démonstration réussie n’est pas une contingence. Il est ainsi facile de penser qu’un matériel capable dans un tel environnement le sera aussi bien chez soi. De nombreux stands y parviennent heureusement dont vous trouverez l’echo dans nos pages.

 

Jean-Marc Villafranca

Rédacteur

 

Mars / Avril 2019

 

Un premier bilan.

 

 

Il était temps de faire un bilan de tous ces essais en matière d'accessoires pour réseaux informatiques dédiés à l'audio.

 

Nous en arrivons donc à la fin de ce premier épisode. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait un second mais cela reste dans l'ordre du possible, puisque le marché de ces accessoires reste très dynamique.

 

Mais en attendant de passer à l'épisode 2, il est intéressant de restituer de façon plus synthétique tout ce que j'ai pu retirer de ces essais, même si ce n'est sans doute pas totalement universel.

Néanmoins, en utilisant plusieurs lecteurs réseaux, et plusieurs amplificateurs et enceintes haut de gamme, mes impressions d'écoutes n'ont jamais vraiment divergé.

 

Il me semble donc que dans une optique de nette amélioration d'un système à base de lecture dématérialisée, l'attention doit se porter en priorité sur deux points :

 

1) Il faut partir en chasse de toutes les alimentations de type chargeur de smartphone présentes sur votre réseau informatique, afin de réduire le problème des courants de fuite et des nuisances électriques à la racine. Très sincèrement, il est possible de trouver des alimentations linéaires bien conçues pour pas très cher.

 

Cela aura pour impact de se rapprocher d'une écoute 100% analogique avec à la clé moins de fatigue auditive et davantage de clarté dans la reproduction du signal sonore. J'ai gagné sur ce terrain à chaque fois que j'ai éradiqué une alimentation à découpage présente sur le réseau Ehernet, ou directement connectée à un des maillons de ma chaîne haute fidélité. Switchs et routeurs son à traiter évidemment en priorité. A ce titre, l'alimentation HDPLEX 200W, avec ses 4 sorties et son fort ampérage, est vraiment un investissement qui peut être très vite rentabilisé.

 

Si vous avez par contre besoin d'une seule alimentation déportée, la Uptone LPS 1.2 s'avère également un très bon choix avec ses différentes tensions possibles mais avec un ampérage limité.

 

2) Le switch réseau apporte bien plus que je n'aurais pu penser. C'est assez incroyable de constater à quel point cet accessoire peut apporter une amélioration sensible sur le résultat à l'écoute.

 

Contrairement à tous les essais de câbles numériques ou analogiques que j'ai pu faire par le passé, chaque montée en gamme semble apporter des améliorations nettes, et de plus sans contrepartie : il n'y a pas de revers de la médaille, c'est uniquement du plus, rien que du plus, et ce malgré le fait que la balance tonale puisse changer d'un switch à l'autre.

 

Donc, oui, la montée en gamme du switch risque d'apporter une amélioration significativement plus importante que n'importe quel changement de câble de modulation ou de câble secteur. 

La palme du meilleur rapport qualité prix revient sans nul doute au switch Aqvox SE, qui propose en standard une alimentation spécialement étudiée et plus efficace que toutes celles que j'ai pu lui associer par ailleurs.

 

Si on a déjà une Uptone ou une HDPLEX, démarrer avec le petit switch 8 ports de chez Clones Audio amènera déjà d'excellents résultats par rapport à un switch conventionnel, mais en retrait par rapport à l'Aqvox SE. Aqvox propose d'ailleurs une possibilité d'évolution de sa version d'entrée de gamme vers la version SE sans supplément de coût par rapport à l'achat du modèle SE en direct. On peut donc aussi très bien commencer par l'acquisition de la version de base chez Aqvox, puis monter éventuellement en gamme par la suite.

 

 

 

Et quand bien même ces ajouts pourront sembler excessivement chers à certains (surtout lorsqu'on compare le prix de base des switchs non modifiés à ceux objets de ce test), je tiens à insister sur le fait qu'ils amènent de vraies améliorations.

On sort du contexte habituel de la compensation qu'on peut faire avec de gros cordons secteurs par exemple, et qui à mes yeux sont réellement hors de prix pour ce qu'ils amènent vraiment. 

 

Le switch audiophile s'avère également bien plus efficace qu'un pont optique à base de FMC TP-Link (qui requiert en outre des alimentations meilleures que celles livrées en standard par le fabricant d'accessoires informatiques). Et même dans certaines circonstances particulières, où votre lecteur réseau disposerait directement d'une entrée optique (à l'instar du Lumin X1), l'utilisation d'un bon switch en amont se fait sentir...

 

Difficile donc de faire machine arrière aujourd'hui en ce qui me concerne. Ces investissements mettent en valeur vos sources numériques, et vous éviteront peut-être une dépense beaucoup plus dispendieuse pour remplacer ces dernières et monter en gamme !

 

Retrouvez l'intégralité de l'article ici.

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

 

Janvier 2019

 

Contenu et Contenant.

 

 

2018 s'est achevé sur quelques notes jaune vif, sans doute trop visibles au milieu des pardessus noirs et gris.

Et si la baisse du pouvoir d'achat est sans conteste une réalité depuis quelques décennies, il n'empêche que certaines choses se sont quand même démocratisées. L'accès à la culture en général a bénéficié de la dématérialisation, qui a permis au plus grand nombre, via les plateformes de streaming, de disposer d'une vaste librairie de films et de musique pour un coût mensuel assez dérisoire au regard de ce qu'aurait coûté l'acquisition de ce contenu.

 

Le prix du contenant n'a en revanche pas évolué de la même façon et il est très aisément compréhensible qu'une paire d'enceintes ou un téléphone représentant plus d'un mois de salaire moyen puisse exaspérer beaucoup de personnes.

 

L'appauvrissement ne vient-il pas néanmoins de la perception (déformée) de ce qui relève de l'essentiel et de ce qui est de l'ordre du superflu et donc du luxe ?

 

Autant une paire d'enceintes ou un amplificateur appartiennent à cet univers de l'accessoire, ou du luxe, car il ne répondent plus vraiment à un besoin essentiel (et bien que la « consommation » de musique n'a jamais été aussi importante).

 

En revanche, un iPhone de dernière génération est presque devenu un produit de nécessité. Cela est sans aucun doute la conséquence d'un rapport au téléphone qui a radicalement changé, celui-ci étant devenu le vecteur permettant de transporter son univers personnel miniature partout avec soi.

Mais derrière ce changement du rapport à l'objet, restent embusquées les sirènes du marketing global et de la standardisation.

 

Alors si la standardisation coûte si cher, pourquoi ne pas chercher à être différent ? Nous sommes en effet assez éloignés aujourd'hui du concept T si cher à Henri Ford...

 

Etre différent, c'est privilégier sans doute davantage le contenu que le contenant. C'est aussi s'intéresser à des offres alternatives, de petits constructeurs qui permettent de ne pas basculer de la position dominante vers le monopole de quelques marques toutes puissantes.

Dans l'industrie de l'électronique, c'est néanmoins compliqué de proposer de petites séries à prix compétitif, et l'ultra-fragmentation du marché fait qu'on arrive plutôt au résultat inverse : celui de voire des prix déraper car la multiplication de l'offre de produits engendre une augmentation sensible des marges unitaires et des coûts de distribution.

On s'aperçoit donc que la taille critique reste une problématique finalement assez complexe.

 

Il faut ainsi rester vigilant, et acheter en s'étant bien informé de ce que propose la concurrence en termes de prix, de qualité, et de « technologie utile ». Tous les bancs d'essai que nous pouvons publier ici ou ailleurs ne resteront jamais qu'une information très partielle au regard de l'offre pléthorique de produits disponibles.

 

Et il est tout aussi important de ne pas oublier le contenu, car un bon enregistrement restera invariablement un vecteur essentiel de plaisir auditif. Il y a bien des débats selon quoi un bon matériel rendrait les mauvais enregistrements plus écoutables, ou qu'au contraire un excellent matériel serait trop discriminant et mettrait en lumière avec davantage de cruauté les défauts rédhibitoires des mauvais disques...

Est-ce néanmoins vraiment ça le fond du problème ? Il suffirait juste déjà de sélectionner les très bons enregistrements, et les productions récentes nous réservent à cet égard souvent de très bonnes surprises, que ce soit chez les petits labels, comme de la part des grandes maisons de disques.

 

C'est pour cela que nous souhaitons attirer votre attention sur nos deux dernières critiques musicales : la dernière de 2018, et la première de 2019, toutes deux consacrées à deux nouveaux cycles mahlériens a priori de très bon niveau.

Il y a fort à parier que ces enregistrements sauront vous émerveiller, et ce, quel que soit le niveau de performance de votre chaine hi-fi.

 

C'est aussi l'occasion de vous informer que nous avons scindé pour des raisons techniques nos critiques discographiques en deux parties, celles antérieures à 2019, et celles postérieures.

 

Bonne année à tous !

 

 

Joël Chevassus

Editeur.

Décembre 2018

 

Mieux vaut prévenir que guérir...

Réseaux informatiques et alimentations linéaires.

 

 

 

Les fabricants de sources numériques essaient généralement de limiter l'impact de la pollution électromagnétique sur leurs appareils, en tentant de filtrer les impuretés et parasites entrants. Mais est-ce que le plus simple n'est pas encore d'éliminer ces impuretés à la racine ?

 

On se rend compte finalement que la qualité de l'alimentation est cruciale dès lors qu'on utilise un câble susceptible de véhiculer des interférences d'origine électrique. C'est le cas des ordinateurs, des NAS, des switchs réseau, des routeurs, des boitiers CPL, des convertisseurs Ethernet/fibre optique... et même des batteries pour téléphones portables.

 

La dématérialisation est en quelques sortes une porte ouverte sur un océan d'impuretés électriques. Le réseau informatique distille en effet ses effets pervers à l'ensemble des appareils qui lui sont reliés, que le signal audio numérique y transite ou non.

 

Avec un peu de recul, on s'aperçoit que bon nombre des duretés numériques, si fortement fustigées par les adeptes de la lecture bio 100% vinyle, sont en fait la résultante de ces maillons informatiques dont le transfert de signaux audio numériques n'est pas forcément la vocation première. Ceux-ci embarquent bien souvent une alimentation à découpage qui s'avère beaucoup plus sensible aux perturbations radio et électromagnétiques que les alimentations linéaires de nos chères électroniques hi-fi, et qui génère davantage de bruit HF.

 

On a cru à un moment pouvoir résoudre ce problème via la connectique, en optant pour des câbles davantage immunisés contre ce type de perturbations. On a pu d'ailleurs constater une inflation galopante sur les câbles USB et les câbles RJ45. Qui aurait pu penser aux premiers jours de la dématérialisation qu'on pourrait vendre un jour un simple câble Ethernet RJ45 à plus de 10.000 $ l'unité comme le Diamond d'Audioquest, ou bien un câble USB à plus de 5.000 € ?

 

Les isolations galvaniques de type Etalon Isolator ou bien de type Regen d'Uptone Audio (qui fait également office d'alimentation USB) ont été sans doute une façon plus efficace, et moins onéreuse, pour réduire l'impact néfaste des alimentations à découpage basiques alimentant nos maillons informatiques.

 

 

On en est venu ensuite à la découverte des bienfaits que pouvaient représenter les convertisseurs FMC (Fiber Media Converters) qui permettent de nettoyer la ligne de transmission en faisant barrage aux bruits parasites d'origine électromagnétique, générés en amont et portés par les conducteurs en cuivre des câbles RJ45, via une fibre optique.

 

Puis sont venus les switchs réseau bricolés ou modifiés pour un usage réputé audiophile. Ceux-ci sont fréquemment accompagnés d'une alimentation linéaire dédiée, voire d'une alimentation sur batterie pour les montages les plus sophistiqués...

 

 

Cela nous ramène ainsi à la qualité de l'alimentation, sujet assez central dans le domaine de l'audio haut de gamme, mais qui a tendance à être négligé dès lors qu'on met en œuvre du matériel informatique.

Cela n'est guère étonnant puisque la plupart des équipements informatiques sont commercialisés avec leur alimentation à découpage d'origine, avec un voltage et ampérage variables d'un appareil à l'autre.

 

Comme rien n'est évident tant qu'on n'a pas fait l'essai, c'est une piste finalement peu usitée que de retravailler la qualité de l'alimentation malgré le fait que certains gourous de l'informatique appliquée à l'audio ont popularisé certaines pratiques comme celle très récente d'essayer de relier à la terre l'alimentation d'un simple switch informatique.

Et cela fonctionne en effet, mais cela ne règle certainement pas tous les problèmes, et notamment celui des interférences générées par ces alimentations à découpage au rabais...

 

Autre blocage également, celui psychologique de dépenser deux ou trois cents euros a minima pour alimenter un appareil qui n'en aurait couté pas davantage voire beaucoup moins lorsqu'il s'agit d'un simple switch Ethernet.

Autre sujet connexe, encore moins incitatif, celui du petit câble DC avec conducteur argent cryogénisé et fabriqué minutieusement à la main qui vient renforcer les effets de l'alimentation externe au double du prix...

 

Mais lorsqu'on franchit le pas, et qu'on déniche l'alimentation linéaire susceptible d'alimenter correctement ces appareils, on observe une amélioration sensible et non destructrice. J'entends par là qu'il ne s'agit pas d'un simple artefact qui permet d'adoucir le son en modifiant l'équilibre tonal. Non là, il s'agit de préserver l'intégrité du signal et non pas d'en faire n'importe quoi. On obtient donc plus de douceur, de dynamique et de précision sans rogner ni déformer la bande passante.

 

 

Une fois qu'on est conscient de cela, les gros câbles secteurs exotiques, les câbles de modulation dispendieux, et les fusibles de luxe, passeront au second plan.

 

Il vaut mieux en effet prévenir que guérir. A quoi bon essayer de gommer, filtrer le bruit HF, si on peut faire en sorte qu'il n'y en ait pas du tout ?

Bien évidemment l'alimentation linéaire ne constitue pas l'arme absolue pour autant, et le rafraichissement du signal, le reclocking, et les horloges ultra précises amèneront aussi leur lots d'améliorations.

 

C'est donc un essai comparatif de plusieurs solutions à base d'alimentations plus ou moins sophistiquées avec des câbles standard et d'autres plus exotiques qui va être développé au cours des prochains mois.

 

Ma première impression au démarrage de ces tests est que ces accessoires revêtent une importance toute particulière, et que ces satanées prises avec alimentation à découpage sont vraiment nocives, à un point tel que je n'aurais sincèrement pas imaginé il y a encore quelques mois de cela.

 

Cet article fera ainsi figure de feuilleton, voire de guide d'achat, mais sera aussi un manifeste de ce qui me paraît essentiel dans l'audio numérique et ce qui me semble en revanche plus secondaire...

 

Bonne lecture à tous !

 

---> Lien vers l'article

 

 

Joël Chevassus

Editeur.

A la une...

A suivre...

Lumin Amp

Topping D50S

Vermeer Audio Two

Mola Mola Tambaqui

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© AUDIOPHILE MAGAZINE