Traitement Acoustique & Esthétique 4/5

 

 

Microsober est un voile en polycarbonate micro-perforé. L’efficacité de cette toile de 2mm d’épaisseur consiste dans l’interaction des micro-perforations avec la couche d’air située entre le voile et le mur. Lorsque l’onde sonore entre en contact avec la toile, par friction sur les contours des perforations, l’énergie sonore se transforme en chaleur. Cela permet de limiter très fortement les réflexions et donc de diminuer le temps de réverbération.

La pose de deux couches distantes de 3 cm (la première étant positionnée à 7 cm du mur et la seconde à 10 cm), permet d’accroître le coefficient d’absorption ou de dissipation.

Il existe trois types de finition dans les toiles commercialisées par Kaefer et Tecsart : cela va du simple voile transparent, à un voile avec des motifs imprimés argent en passant par une finition blanche translucide (celle pour laquelle j’ai opté) qui permet par ailleurs d’imprimer n’importe quel fichier image, transformant la toile en un véritable tableau décoratif.

J’ai considéré néanmoins, compte tenu de la surface importante traitée chez moi, qu’il était moins risqué de laisser les panneaux translucides au naturel (sans aucun motif) pour éviter toute lassitude potentielle future. La sobriété et la discrétion du produit fait par ailleurs qu’il se fond complètement dans son environnement. Comme le traitement est apposé sur les sous-pentes, il apparait vraiment comme une seconde peau, conférant une touche de modernité à la structure traditionnelle de la charpente.

 

 

 

La pose de Microsorber n’est par contre pas vraiment une formalité comme peut l’être le placement de panneaux PYT. Elle nécessite la pose de chevilles et des mesures très précises pour que les toiles soient tendues correctement. Une fois les tiges de fixation posées, la découpe des feuilles de Microsorber doit aussi être réalisée avec une grande minutie pour que la toile se tende correctement. La marge d’erreur se situe à deux ou trois millimètres. Mais il est possible de jouer également avec les ressorts de fixation sur chaque tige qui peuvent être plus ou moins courts et offrir différents niveaux d’élasticité. Bref, même si ces travaux ne sont pas insurmontables pour quelqu’un d’habile et de soigné, il me semble pourtant recommandable de faire appel à un installateur, histoire de ne pas gaspiller trop de longueur de feuille et fixer les griffes aux 4 coins avec les outils adéquats. Dans mon cas personnel, la longueur des feuilles utilisées était suffisamment longue pour nécessiter impérativement deux personnes pour la pause (c.a.d Armando Fontana de Tecsart et votre serviteur).

Sur des longueurs de 1,5 mètres ou deux mètres (chez moi la plus grande longueur découpée et fixée au plafond fait 3,5 mètres) la feuille de Microsorber, bien que très fine, s’avère être finalement assez lourde et se plie (et donc s’abime) facilement.

 

 

 

Une fois la pose terminée, le résultat est très net. Il suffit de commencer à parler dans le vestibule et d’entrer dans la pièce traitée pour s’apercevoir que le Microsorber matifie de façon évidente la salle d’écoute. Ce n’est pas pour autant une chambre sourde mais le résultat final est un environnement semi réverbérant très agréable et reposant : il n’est ni trop mat et oppressant comme à l’instar d’un local trop traité ou d’une chambre sourde, ni trop brillant et fatiguant comme peut l’être une salle moderne réverbérante. Le résultat semble ainsi plutôt naturel, et l’esthétique de la pièce n’est aucune défigurée, voire même embellie par une touche un peu plus moderne ou high-tech.

 

L'écho flottant, ou flutter écho, est le son produit par la répétition rapide et régulière du signal, elle-même engendrée par la présence de surfaces réfléchissantes parallèles ou en figure géométrique simple. Les réflexions en bordure de l'arrête du toit sont particulièrement néfastes. Pour supprimer l'écho flottant, il fallait soit absorber ou diffuser les surfaces incriminées. La bande de Microsorber tendue à l'horizontale, à l'instar d'un plafond tendu, a permis une très nette amélioration dans ce domaine. Le côté assez spectaculaire de ce traitement est que le résultat s'apprécie sur tout le spectre sonore, donnant une sensation d'un grave mieux maîtrisé et des aigus forcément plus propres.

 

 

 

 

Les choses se sont avérées plus délicates pour le traitement du creux à 100 Hz. En acoustique, il est en effet plus compliqué de gérer les basses fréquences et de combler les creux. Atténuer une plage de fréquences est en fait assez simple à modéliser. Mais booster certaines fréquences pour redresser une courbe reste un sujet plus épineux, qu’on choisisse de le traiter par une correction active ou passive. En actif, le problème va être de gérer la distorsion engendrée par cette amplification du signal sur une plage de fréquences donnée, ce qui va limiter la marge de manœuvre en termes de correction (3 ou 4 dB d’amplitude semble un maximum). On peut éventuellement s’aider en utilisant un ou deux subwoofers amplifiés en renfort mais l’intégration avec les enceintes principales reste compliquée si on recherche un résultat de haut niveau.

Les solutions passives étaient de deux ordres : il était soit possible de doubler la cloison derrière les enceintes afin de la rigidifier et donc limiter les vibrations à l’origine de l’annulation de certaines basses fréquences. Soit je décidais de me diriger vers l’acquisition d’accessoires ad hoc, et donc de basstraps.

 La double peau acoustique est une façon efficace de corriger le niveau de grave mais elle est peu modulable par la suite, sauf à vouloir faire de votre mur un gruyère évolutif... Les basstraps sont quant à eux sans doute moins efficaces dans leur capacité à uniformiser la correction du grave mais sont par contre mobiles et offrent des possibilités de réglage fin.

 

 

 <  Page précédente                Page suivante >

A la une...

A suivre...

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© AUDIOPHILE MAGAZINE