Traitement Acoustique & Esthétique

 

Le traitement acoustique est en général un casse-tête à double titre pour l’audiophile. En premier chef, l’acoustique d’une pièce d’écoute est la résultante d’une complexe interaction de nombreux paramètres, difficile à appréhender et encore plus à modéliser pour la personne non préparée. En second lieu, il devient très vite compliqué de concilier les considérations esthétiques et l’efficacité de la correction acoustique passive. Et parce qu’aucune personne saine d'esprit ne souhaite vivre au au sein d’un environnement aussi angoissant que celui de notre photo d’entête (à part quelques œnophiles invétérés peut-être), la délicate question de l’esthétique va se poser tôt ou tard, le temps que le célibataire endurci se ramollisse et trouve chaussure à son pied… Et plus la superficie du local va être élevée, plus cette incompatibilité va être évidente, sauf à avoir anticipé ces problèmes lors de la construction.

Concevoir les choses sainement dès l’origine est sans doute de l’ordre du possible mais est-ce pour autant la garantie d’obtenir une acoustique pleinement satisfaisante a posteriori? Les réalisations projetées par des acousticiens renommés et dont le résultat a été un total fiasco sont en effet loin d’être des cas isolés.

Ainsi, lorsque je me suis lancé dans la construction de ma nouvelle salle d’écoute, je n’ai pas davantage consacré d’énergie à modéliser une salle irréprochable, d’autant plus que certains éléments esthétiques et de confort primaient : je souhaitais en effet avoir une isolation acoustique performante afin de ne pas importuner les personnes avec qui je vis par mes écoutes diurnes ou nocturnes, et ce quitte à porter mon choix sur des matériaux plus réverbérants. Je souhaitais également pouvoir recréer un lieu de vie et non pas un environnement monacal et confiné, où tout serait dédié à la seule qualité du son…

 

Partant de là, l’isolation phonique a été pensée du sol au plafond, en passant par les vitres des Velux et la porte isophonique… Résultat des courses, ma pièce est très bien isolée des bruits extérieurs et ne contamine pas non plus le reste de la maison. Et même en habitant à la campagne, le seul bruit des oiseaux l’été peut venir perturber la quiétude d’une écoute attentive…

Une fois que la salle fut construite et aménagée, il était alors possible d’étudier les modes acoustiques de cette pièce d’écoute et de considérer quelques premières pistes de traitement. C’est en effet en meublant sa pièce qu’on peut commencer à avoir une idée précise de son acoustique. Y prêter attention alors que la pièce est encore vide revient à mon avis à se faire peur pour rien, car les réverbérations, une fois la pièce meublée, sont d’ordinaire fortement réduites (ce qui ne veut pas dire qu’elles soient complètement neutralisées pour autant).

Deux approches sont alors possibles: la méthode par tâtonnement ou l’approche scientifique. L’approche par tâtonnement consiste à rechercher de façon empirique le positionnement le plus efficace de matériaux destinés à modifier les caractéristiques acoustique de la pièce d’écoute. L’approche technique, ou scientifique, consiste à faire prendre des mesures par un professionnel pour mettre en évidence les points critiques à traiter en priorité. Nous verrons par la suite que si on souhaite aller au bout des choses, un mix des deux approches est quasiment inévitable…

 

Autre élément fondamental, surtout pour ceux qui ne disposent pas d’une pièce dédiée : le niveau de tolérance en termes d’enlaidissement de votre local. Cela va en quelques sortes fixer les contours de votre recherche de solutions ainsi que les limites de vos exigences en termes de performance acoustique… En fait, tout le dilemme réside là : faire accepter à votre moitié un décor intrusif et incompatible avec le reste du mobilier, ou poser des tentures, accumuler les tapis, objets décoratifs posés ci et là pour obtenir un résultat voisin de pas grand-chose… Donc mieux vaut avoir réfléchi à ce sujet plutôt que de devoir recommencer la décoration de votre salon pour la quatrième fois !

 

Certains fournisseurs traditionnels de mousses polyuréthane alvéolées vous diront qu’ils peuvent vous fournir des accessoires décoratifs qui se fondent dans l’intimité de votre salon ou auditorium. Mais qu’en est-il vraiment ? Une boite à œufs reste une boite à œufs et, en creusant un tant soit peu le sujet, vous finirez par vous entendre dire qu’il fallait prendre en compte vos aspirations audiophiles à la construction de la maison : tant pis pour vous ! Bon, c’est encore loupé pour la cohorte de locataires, et de personnes suspicieuses dans mon genre qui doutent qu’on puisse arriver à quelque chose de valable uniquement par modélisation informatique ex nihilo…

 

Aucun espoir n’est donc permis ? Bien sûr que si, et le but de cet article est d’explorer des solutions destinées aux laissés pour compte de l’acoustique en mettant en œuvre des produits à la fois suffisamment efficaces pour que l’argent dépensé ne le soit pas en vain, et suffisamment esthétiques pour qu’ils puissent se fondre dans votre salon ou être considérés comme un élément de décoration à part entière. C’est une sorte de quadrature du cercle que je me suis attaché à vous présenter dans ces pages en essayant de marier l’utile à l’agréable. Les résultats de cette recherche seront forcément imparfaits mais quelques pistes originales ont pu être identifiées et mises en application dans ma pièce d’écoute …

 

 

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