Réseaux informatiques &                    alimentations linéaires (1/2)

   

   

Alimentations audiophiles pour matériel informatique

 

Les fabricants de sources numériques essaient généralement de limiter l'impact de la pollution électromagnétique sur leurs appareils, en tentant de filtrer les impuretés et parasites entrants. Mais est-ce que le plus simple n'est pas encore d'éliminer ces impuretés à la racine ?

 

On se rend compte finalement que la qualité de l'alimentation est cruciale dès lors qu'on utilise un câble susceptible de véhiculer des interférences d'origine électrique. C'est le cas des ordinateurs, des NAS, des switchs réseau, des routeurs, des boitiers CPL, des convertisseurs Ethernet/fibre optique... et même des batteries pour téléphones portables.

 

La dématérialisation est en quelques sortes une porte ouverte sur un océan d'impuretés électriques. Le réseau informatique distille en effet ses effets pervers à l'ensemble des appareils qui lui sont reliés, que le signal audio numérique y transite ou non.

 

Avec un peu de recul, on s'aperçoit que bon nombre des duretés numériques, si fortement fustigées par les adeptes de la lecture bio 100% vinyle, sont en fait la résultante de ces maillons informatiques dont le transfert de signaux audio numériques n'est pas forcément la vocation première. Ceux-ci embarquent bien souvent une alimentation à découpage qui s'avère beaucoup plus sensible aux perturbations radio et électromagnétiques que les alimentations linéaires de nos chères électroniques hi-fi, et qui génère davantage de bruit HF.

 

On a cru à un moment pouvoir résoudre ce problème via la connectique, en optant pour des câbles davantage immunisés contre ce type de perturbations. On a pu d'ailleurs constater une inflation galopante sur les câbles USB et les câbles RJ45. Qui aurait pu penser aux premiers jours de la dématérialisation qu'on pourrait vendre un jour un simple câble Ethernet RJ45 à plus de 10.000 $ l'unité comme le Diamond d'Audioquest, ou bien un câble USB à plus de 5.000 € ?

 

Les isolations galvaniques de type Etalon Isolator ou bien de type Regen d'Uptone Audio (qui fait également office d'alimentation USB) ont été sans doute une façon plus efficace, et moins onéreuse, pour réduire l'impact néfaste des alimentations à découpage basiques alimentant nos maillons informatiques.

 

 

On en est venu ensuite à la découverte des bienfaits que pouvaient représenter les convertisseurs FMC (Fiber Media Converters) qui permettent de nettoyer la ligne de transmission en faisant barrage aux bruits parasites d'origine électromagnétique, générés en amont et portés par les conducteurs en cuivre des câbles RJ45, via une fibre optique.

 

Puis sont venus les switchs réseau bricolés ou modifiés pour un usage réputé audiophile. Ceux-ci sont fréquemment accompagnés d'une alimentation linéaire dédiée, voire d'une alimentation sur batterie pour les montages les plus sophistiqués...

 

 

Cela nous ramène ainsi à la qualité de l'alimentation, sujet assez central dans le domaine de l'audio haut de gamme, mais qui a tendance à être négligé dès lors qu'on met en œuvre du matériel informatique.

Cela n'est guère étonnant puisque la plupart des équipements informatiques sont commercialisés avec leur alimentation à découpage d'origine, avec un voltage et ampérage variables d'un appareil à l'autre.

 

Comme rien n'est évident tant qu'on n'a pas fait l'essai, c'est une piste finalement peu usitée que de retravailler la qualité de l'alimentation malgré le fait que certains gourous de l'informatique appliquée à l'audio ont popularisé certaines pratiques comme celle très récente d'essayer de relier à la terre l'alimentation d'un simple switch informatique.

Et cela fonctionne en effet, mais cela ne règle certainement pas tous les problèmes, et notamment celui des interférences générées par ces alimentations à découpage au rabais...

 

Autre blocage également, celui psychologique de dépenser deux ou trois cents euros a minima pour alimenter un appareil qui n'en aurait couté pas davantage voire beaucoup moins lorsqu'il s'agit d'un simple switch Ethernet.

Autre sujet connexe, encore moins incitatif, celui du petit câble DC avec conducteur argent cryogénisé et fabriqué minutieusement à la main qui vient renforcer les effets de l'alimentation externe au double du prix...

 

Mais lorsqu'on franchit le pas, et qu'on déniche l'alimentation linéaire susceptible d'alimenter correctement ces appareils, on observe une amélioration sensible et non destructrice. J'entends par là qu'il ne s'agit pas d'un simple artefact qui permet d'adoucir le son en modifiant l'équilibre tonal. Non là, il s'agit de préserver l'intégrité du signal et non pas d'en faire n'importe quoi. On obtient donc plus de douceur, de dynamique et de précision sans rogner ni déformer la bande passante.

 

 

Une fois qu'on est conscient de cela, les gros câbles secteurs exotiques, les câbles de modulation dispendieux, et les fusibles de luxe, passeront au second plan.

 

Il vaut mieux en effet prévenir que guérir. A quoi bon essayer de gommer, filtrer le bruit HF, si on peut faire en sorte qu'il n'y en ait pas du tout ?

Bien évidemment l'alimentation linéaire ne constitue pas l'arme absolue pour autant, et le rafraichissement du signal, le reclocking, et les horloges ultra précises amèneront aussi leur lots d'améliorations.

 

C'est donc un essai comparatif de plusieurs solutions à base d'alimentations plus ou moins sophistiquées avec des câbles standard et d'autres plus exotiques qui va être développé au cours des prochains mois.

 

Ma première impression au démarrage de ces tests est que ces accessoires revêtent une importance toute particulière, et que ces satanées prises avec alimentation à découpage sont vraiment nocives, à un point tel que je n'aurais sincèrement pas imaginé il y a encore quelques mois de cela.

 

Cet article fera ainsi figure de feuilleton, voire de guide d'achat, mais sera aussi un manifeste de ce qui me paraît essentiel dans l'audio numérique et ce qui me semble en revanche plus secondaire...

 

CONTEXTE :

 

Donner des informations contextuelles m'a paru important. Souvent, les optimisations de systèmes audio, surtout lorsqu'elles concernent des accessoires, sont recherchées pour différentes raisons. J'en citerais quelques unes :

le jusqu'au boutisme audiophile, le manque de budget pour s'attaquer à des maillons plus essentiels et plus onéreux, le manque de place pour héberger des enceintes ou des électroniques plus volumineuses, le moindre risque à faire une petite dépense à l'aveugle...

 

Dans mon cas, ma salle dédiée ne m'impose pas de grosses limites en matière d'acquisition d'équipements volumineux, et le niveau des principaux maillons se situe déjà à un niveau de performance respectable. La salle a été traitée et offre une très bonne acoustique. L'installation électrique est également dédiée et a été soignée.

 

L'apport de ces accessoires sera donc analysé comme additionnel par rapport à un système déjà de bon niveau et réputé équilibré. Il ne viendra donc pas en compensation de défauts ou déséquilibres particuliers. Cela peut paraître presque prétentieux d'écrire cela, mais cela permet aussi de fixer le cadre et l'intérêt de cette recherche sur les alimentations linéaires à destination des équipements informatiques insérés dans une chaîne audio.

 

Le système sur lequel seront testées ces produits est ainsi composé d'une paire d'enceintes Vivid Audio, les Giya G1 Spirit (sommet de la gamme chez le constructeur), deux amplificateurs classe D SPEC RPA-W3 EX et leur contrôleur de gain interne HVC-5, le DAC d'Audiomat Maestro 3 Référence, équipé d'une carte réseau Engineered.

Les câbles de modulation sont des Grimm Audio TPM, les câbles HP sont des Coincident Speaker Technology Statement. Les câbles secteurs sont en grande partie ceux livrés en standard avec les électroniques, à part celui utilisé sur le DAC Audiomat (Triode Wire Labs 10+).

 

 

 

Comme il est compliqué de porter un jugement sur un équipement sans aucun point de référence, j'ai acquis un premier modèle d'alimentation séparée auprès d'un petit manufacturier chinois GZLOZONE.

L'idée était de démarrer avec un modèle relativement basique mais pas trop mal conçu, avec deux sorties fixes 9 et 12 V alimentées par deux transformateurs toriques OFC placés dans un coffret en aluminium avec une bonne dissipation de la chaleur. Cela m'a permis de constater l'apport de ce type d'équipement par rapport aux alimentations standard (type chargeur de smartphone) ou par rapport aux batteries portables de type « power bank » pour smartphones (idéales pour remplacer les alimentations des convertisseurs FMC).

 

Comme déjà anticipé plus haut, l'apport d'une alimentation linéaire sur le switch Netgear GS-105 ainsi que sur un des deux FMC du pont optique (celui relié à l'entrée réseau de l'Audiomat Maestro 3 Référence, l'autre en amont étant alimentée par une power bank) est indéniable.

Cela va déjà au delà de ce qu'ont peut espérer en jouant avec des câbles secteur, qui ne vous apporteront au final qu'un pis aller via la compensation d'un défaut par un autre.

Dans le cas présent, l'amélioration est nette : on obtient à la fois davantage de clarté, de matière, de dynamique et de précision. Tout va dans le même sens et je n'ai pas eu la sensation de perdre sur un critère particulier, chose assez rare avec des accessoires en ce qui me concerne...

 

J'avais la sensation que la batterie externe permettait de gagner un peu par rapport à l'alimentation à découpage standard. Mais le simple fait de remplacer cette batterie par une alimentation linéaire dédiée met clairement en exergue les limites de ces power banks qui renvoient finalement pas mal d'interférences et de pollution en comparaison.

J'avais également en stock une PSU de Trends Audio (PW-10) qui servait à alimenter les différents appareils proposés par le constructeur à l'époque : un amplificateur Tripath, un préamplificateur à tube, et un DAC.

Comme la sortie DC 5 V était compatible avec le contrôleur de volume de SPEC Corporation HVC-5, permettant de gérer le gain interne de mes deux amplificateurs de puissance SPEC sans que le signal audio ne transite via cet appareil, j'ai fait le test rapide de remplacer l'alimentation de base à découpage par la Trends PW-10.

Je n'ai depuis pas remis en place l'alimentation d'origine : le gain s'est avéré encore une fois très net, preuve que ces petits chargeurs d'alimentation sont vraiment néfastes, quel que soit leur positionnement dans le dispositif global.

 

Cette fois-ci, il devenait clair que la priorité sur un système dématérialisé déjà pas mal abouti était de partir à la chasse de tous ces petits boitiers d'alimentation si néfastes et voir quel était raisonnablement le niveau de sophistication à atteindre pour obtenir le meilleur du numérique...

 

 

 

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A suivre...

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