CRITIQUES DISCOGRAPHIQUES - 2019                                   

Nous traitons de façon quasi exclusive dans cette rubrique des enregistrements audiophiles HD PCM et DSD. L'acquisition de ces titres étant plus onéreuse que celles des fichiers red book 16 bit / 44,1 kHz, nous entendons donner notre avis objectif sur la qualité technique de l'enregistrement, et pleinement subjectif sur l'intérêt artitistique en lui-même, afin de guider nos lecteurs dans l'achat d'oeuvres de référence tous genres musicaux confondus. Nous nous réservons néanmoins le droit d'insérer quelques critiques d'albums CD nondisponibles en haute définition, lorsque l'intérêt technique et/ou artistique nous a paru évident.

 

 

Titre: Double jeu

Artistes: Isabelle Le Boulanger (violoncelle), Claire Le Boulanger (flûte)

Format: PCM 24 bit – 96 kHz

Ingénieur du son: Anaïs Georgel

Editeur/Label: Chanteloup Musique

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Discutable.

 

Le Duo Cardellino met en scène deux sœurs jumelles, Claire et Isabelle Le Boulanger, qui exercent les fonctions de solistes dans deux prestigieux orchestres français (Orchestre National de Lorraine et Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy). Curieuses de découvrir le répertoire foisonnant du duo, elles en explorent les pièces originales et écrivent de nombreuses transcriptions inédites.


Ces deux jolies filles de l'Est démarrent cet album très sagement avec un répertoire assez consensuel (Les Indes Galantes de Rameau et la Sonate en mi mineur de Haendel), mais évidemment difficile pour un duo d'y dévoiler beaucoup de fantaisie.
Isabelle Le Boulanger démontre néanmoins une grande complicité avec sa sœur, mais également un sens de l'accompagnement et de la mesure très convaincant dans la sonate HWV 379 pour flute et basse continue, notamment dans l'Allegro (superbe !).
Mais le soleil latin ne tarde pas à illuminer le jeu des deux sœurs, et c'est certainement la partie la plus attachante de cet album, l'apothéose étant sans doute l'Assobio a Jàto W493 du brésilien Heitor Villa Lobos.

Les sœurs Le Boulanger parviennent d'ailleurs à sortir une sonorité plus moderne et captivante que ce que nous offre la discographie de cette œuvre en général, avec un vrai dialogue entre les deux instruments, et non pas un violoncelle qui se cantonne à insuffler une rythmique, mais sans non plus effacer l'interprétation de référence du duo Stradner / Schütz.
La transcription de la composition d'Astor Piazzolla « Adios Nonino » met en exergue la réelle complémentarité (ou unité ?) des jumelles, un talent certain pour la revisite, avec encore une extraordinaire prestation de la violoncelliste qui dose chaque note avec une étonnante précision et justesse.


A noter également une belle version des très enregistrées « Folies d'Espagne » de Martin Marais, laissant dans un premier temps la flûte en retrait, loin des versions de charmeurs de serpents de Marc Grauwels ou de Mario Caroli. La flûte finit par reprendre de l'ascendant mais en veillant à garder un équilibre permettant au violoncelle d'exister, sortant ainsi du rôle de basse continue. 
Une jolie performance pour un premier disque en duo, ainsi qu'une bonne prise de son.

 

Joël Chevassus - Mars 2019

 

 

 

Titre: Come Sorrow

Artistes: Ensemble Près de votre oreille (Anaïs Bertrand, Nicolas Brooymans, Thibaut Roussel, Robin Pharo)

Format: PCM 24 bit – 96 kHz

Ingénieur du son: Mathilde Genas

Editeur/Label: Paraty

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Réel.

 

Ce disque explore la musique de la Renaissance anglaise, à l'époque de la reine Elisabeth 1ère et de William Shakespeare.

Le répertoire joué est celui de compositeurs assez méconnus, à l'instar des luthistes Robert Jones et John Dowland. Ces derniers ont promu l'utilisation du luth et de la viole de gambe au sein du répertoire de chant élisabéthain, et notamment via l'association de deux voix, un luth et une partie de Lyra-viol.

 

Cet enregistrement constitue un important et rare témoignage sur l’utilisation de la viole de gambe dans le répertoire vocal anglais élisabéthain. Ce recueil, peut-être le premier de l’histoire de la musique à présenter une partie de lyra-viol, est composé de 21 Songs pouvant être interprétés de plusieurs manières différentes : par une voix et un luth, ou par deux voix, un luth et une partie de lyra-viol (terme pouvant faire référence à un type d’instrument ou à un type de jeu qui consistait à changer l’accord habituel de la viole de gambe). Un autre compositeur de la Renaissance, Alfonso Ferrabosco II, le seul madrigaliste italien actif en Angleterre à la fin du XVIe siècle, est également à l'honneur avec ses « Lessons for 1,2 and 3 viols ».

 

Ce sont deux belles voix, celles de la mezzo-soprane Anaïs Bertrand et de la basse Nicolas Brooymans qui animent ces chants, soutenues par une superbe viole de gambe, celle de Robin Pharo, et par le luth renaissance de Thibault Roussel.
En dehors de l'intérêt spécifique porté par les rares spécialistes du genre, c'est une écoute découverte pour la majorité.

C'est d'ailleurs une réelle démarche exploratoire de la musique anglaise de cette époque qui a conduit à réaliser spécialement pour l'occasion des instruments anciens flambant neufs ! Pour ce projet, la luthière Judith Kraft a ainsi fabriqué une viole de gambe à 6 cordes de type anglais, et Maurice Ottiger a conçu et réalisé un luth comme ils étaient fabriqués durant la Renaissance.


On restera néanmoins charmé par l'éloquence des deux chanteurs ainsi que par la verve de la viole de gambe. C'est un parcours initiatique, qui se veut à la fois enjoué et mélancolique, et dont l'écoute réserve une jolie série de petits trésors musicaux. Un très bon disque.

 

Joël Chevassus - Mars 2019

 

 

 

Titre: Franz Liszt - Transcriptions et Paraphrases d'Opéras

Artistes: Aurélien Pontier (piano).

Format: PCM 24 bit - 44,1 kHz

Ingénieur du son: Jiri Heger

Editeur/Label: ILONA Records

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Discutable.

 

C'est le premier disque solo du pianiste Aurélien Pontier, et c'est une belle réussite.


Ce n'est pourtant pas évident d'aborder les paraphrases de Franz Liszt, et notamment ces thèmes d'opéra de Verdi, Wagner et Gounod.

C'est en effet un répertoire tombé un peu en désuétude même si on arrive à dénicher quelques enregistrements récents, interprétés souvent de façon très (trop?) démonstrative et tapageuse. Il fallait évidemment toute la virtuosité d'un pianiste hors pair pour jouer de telles paraphrases et transcriptions.

 

Mais au delà de la simple transcription, les paraphrases requièrent également une importante part de sensibilité et d'abandon.
Et c'est ce que nous offre Aurélien Pontier, en plus de sa remarquable maîtrise technique. C'est également l'expression d'une vraie culture et de solides références que peuvent être Claudio Arrau et Jorge Bolet dans l'interprétation de cette période concertiste de Liszt.


La Valse de l'opéra de Faust reste ainsi... une valse, et pas un tour de montagnes russes où le tempo est sacrifié au spectaculaire.
Il y a un entrain et un sens du rythme qui nous a ravi durant cette valse faustienne. Loin de mes souvenirs, le phrasé saccadé d'un Michele Campanella ou d'un Earl Wild... 
La dernière version m'ayant enthousiasmé avait été celle de Gabor Farkas, mais celle-ci, par sa pureté, son authenticité tonale, son équilibre, et notamment une main gauche savamment dosée, me transporte encore un peu plus loin, pour approcher d'encore plus près la valse de l'opéra de Faust.


On s'extasiera également à l'écoute de la paraphrase de concert sur le "Rigoletto" de Verdi, vibrant hommage au maître Arrau, jouée certes un peu plus rapidement. 
Chez Wagner, le "Parsifal" et le "Tristan et Isolde" sont également magnifiques de puissance évocatrice et de couleurs.
J'aurais aimé pouvoir écouter les Réminiscences de Norma. Peut-être pour une fois prochaine ?
La prise de son est par ailleurs superbe, sans doute une des toutes meilleures de la discographie. 
Cela mérite amplement un Grand Frisson.
Et nous souhaitons par la même occasion une longue et brillante carrière à Aurélien Pontier.

 

 

Joël Chevassus - Février 2019

 

 

 

Titre: Poèmes

Artistes: Lilian Meurin (euphonium), Victor Métral (piano).

Format: PCM 16 bit - 44,1 kHz

Ingénieur du son: Erwan Boulay

Editeur/Label: IndéSens!

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Format CD uniquement.

 

Non ce n'est pas décalé, et oui on n'a pas l'habitude d'entendre ce genre de duo euphonium - piano, mais c'est, avouons-le, totalement rafraichissant.


Lilian Meurin, un des meilleurs euphoniumistes actuels, et Victor Métral, valeur montante du piano français, nous offrent un moment de poésie, bien au delà du concerto éponyme de cet album sorti chez Indésens.


Le concerto « Poèmes » de Gabriel Philippot est inspiré des œuvres de grands noms de la poésie française comme Ribaud, Baudelaire et Verlaine. Ce sont davantage des ambiances et des aplats de couleurs, à l'instar de la musique de Maurice Ravel, qui viennent illustrer très librement cette composition en trois mouvements écrite spécialement pour la finale du Concours International de Saxhorn, Euphonium et Tuba de Tours et Chambary-les-Tours en janvier 2015.
Le concerto de Gabriel Philippot est indéniablement la pièce maîtresse de cet album, et la vraie originalité.
Il était par ailleurs logique de continuer ce programme avec une pièce iconique du maestro Ravel : « Pavane pour une infante défunte ».
Suivent deux pièces courtes : « Le cygne » de Saint-Saëns (extraite du « Carnaval des animaux ») et « Papillon (opus 27 ) » de Fauré permettent aux deux protagonistes de rester sur une même ligne romantique et fantaisiste en revisitant deux compositions destinées aux violoncellistes, avant qu'une dernière fantaisie, celle du Carmen de Bizet, ne vienne clore le bal avec une certaine dose d'espièglerie.

 

La technicité ainsi que la subtilité atypique du phrasé de Lilian Meurin étonnent. Il y a un équilibre très particulier qui s'installe entre l'instrument à vent et celui à cordes. Il est rare en effet de trouver à cet instrument une telle agilité propre à le faire dialoguer d'égal à égal avec le piano. Ce sont à proprement parler, et pour éluder la poésie et de la complicité évidente entre les deux interprètes, les acrobaties de Lilian Meurin qui vous tiennent en haleine tout au long de cet album. Vivifiant !

 

 

Joël Chevassus - Février 2019

 

 

 

Titre: Beethoven : complete works for cello and piano

Artistes: Xenia Jankovic (violoncelle), Nenad Lecic (pianoforte).

Format: PCM 24 bit - 44,1 kHz

Ingénieur du son: Max-Lucas Hundelshausen

Editeur/Label: Calliope

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Discutable.

 

On ne manque pas d'interprétations des cinq sonates de Beethoven pour violoncelle et pianoforte. S'attaquer à ces compositions revient pour un artiste aujourd'hui à escalader l'Everest, s'il possède la détermination de dépasser ou simplement d'égaler les plus grandes références enregistrées, à l'instar des duos Rostropovich / Richter, Fournier / Gulda ou Du Pré / Barenboïm...


Cette version récente est jouée sur instruments d'époque. Le duo Xenia Jankovic / Nenad Lecic fonctionne plutôt bien et démontre une grande complicité. Avec ces sonates, il y a deux approches : celle très ascète et respectueuse de la partition, et puis une autre, plus débridée, fougueuse et personnelle. Cette performance est d'après moi à ranger dans la seconde catégorie. Le choix des instruments anciens aura sans doute orienté l'interprétation.
C'est d'ailleurs une sonorité un peu vintage qui nous est offerte ici avec aussi quelques étrangetés de prise de son ou de post production. C'est en effet plus compliqué d'enregistrer des instruments anciens et dans ce cas précis, on notera un certain embonpoint du violoncelle qui aurait peut-être mérité à quelques moments d'être capté d'un peu plus loin afin de ne pas saturer les timbres de la première octave.

 

Mais à part ces quelques détails d'ordre technique, artistiquement, il n'y a rien à dire, ou au contraire, on ne manquera pas de compliments. Sans égaler pour autant les plus grandes références, ce duo réussit l'essentiel : maintenir la tension et la nervosité de ces sonates sans jamais faillir. Le pianiste Nenad Lecic excelle dans son rôle d'accompagnateur relançant sans cesse la violoncelliste avec une précision et un parfait sens de la mesure. Quel dommage qu'à certains moment, il disparaisse derrière le violoncelle. Xenia Jankovic développe quant à elle un jeu intemporel ainsi qu'un son très organique. On finit d'ailleurs par se demander si cette esthétique sonore très terrienne n'est finalement pas un parti pris permettant de mieux valoriser le jeu du violoncelle.  

Quand les sonates ou les quatuors de Beethoven sont joués avec ce niveau d'engagement et de conviction, la magie opère et on est alors complètement capté par le génie du compositeur. Jankovic et Lecic n'ont clairement pas échoué dans cette mission. Jouissif !

 

 

Joël Chevassus - Janvier 2019

 

 

 

Titre: Weber - Symphonie N°1 & Concertos

Artistes: Orchestre Victor Hugo, Jean-François Verdier, Nicolas Baldeyrou, David Guerrier, Thomas Bloch

Format: PCM 24 bit - 44,1 kHz

Ingénieur du son: Jiri Heger

Editeur/Label: Klarthe

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Discutable.

 

Le répertoire choisi ici évoque différentes rencontres de Carl Maria von Weber à Munich en 1811 avec des instrumentistes à la personnalité affirmée.
On compte parmi ces découvertes celle avec le clarinettiste Heinrich Barmann et sa tessiture très particulière obtenue grâce à l'utilisation d'une clarinette à dix clés, très sophistiquée pour l’époque.

Naîtra entre autres de cette rencontre le second Concerto en mi bémol majeur op. 74, explorant toutes les nuances et subtilités tonales et rythmique de l’instrument.

 

Durant cette période, Weber fera également la connaissance d’un facteur d’instrument très original et inventif, père de l’harmonichord, sorte de croisement sonore entre le piano et le violon. De cela suivra l’Adagio et Rondo en fa qui sera adapté ensuite pour l’harmonica de verre (les harmonichords ayant complètement disparus). Cet instrument atypique se compose de bols en cristal, en verre ou en quartz, empilés sur un axe rotatif entraîné par une pédale. Afin d'obtenir le son le plus cristallin, le musicien doit mouiller ses mains dans une eau très calcaire. De cette manière, les doigts accrochent le verre tout en glissant sur le rebord des bols.


C’est à l’intention du corniste français Joseph Dautrevaux que Weber compose son Concertino pour cor et orchestre en mi mineur op. 45 5 ans auparavant à Karlsruhe, mais qui exigera de revenir sur la partition 12 années plus tard. C’est une composition considérée par bon nombre de spécialistes comme particulièrement ardue, voire carrément injouable.

 

Quant à la première symphonie en do majeur op 19, elle nous laisse augurer ce que deviendra plus tard le style instrumental, certes plus structuré, que Carl Maria von Weber développera dans ses ouvertures d’opéras.


C’est donc un programme original, un parcours hors des sentiers battus, qu’entame là Jean-François Verdier et son Orchestre Victor Hugo, la virtuosité des solistes confinant presque parfois à l'ascension d'un sommet de haute montagne.


Le clarinettiste Nicolas Baldeyrou nous livre une prestation complice et romantique du Concerto n°2. Le corniste David Guerrier enflamme quant à lui le fameux, l’injouable, Concertino en mi mineur, faisant preuve d’une virtuosité sans faille et d’une entente parfaite avec ses partenaires.
Enfin, le spécialiste de l’harmonica de verre Thomas Bloch, nous plonge dans une ambiance diaphane et mystérieuse, guidant l’Adagio et rondo d’une main de maître.

 

Que dire donc si ce n’est que cette programmation inhabituelle surprend, fascine et finalement émerveille par la qualité du travail orchestral et des solistes de premier plan. C’est encore une très belle réalisation à mettre à l’actif de Jean-François Verdier.
Incontournable.

 

 

Joël Chevassus - Janvier 2019

 

 

 

Titre: Mahler - Symphony N° 3 - Adam Fischer.

Artistes: Düsseldorf Symphony Orchestra, Anna Larsson, Women’s Choir of Städtischer Musikverein Düsseldorf, Clara-Schumann-Youth Choir, Adam Fischer.

Format: PCM 24 bit - 48 kHz

Editeur/Label: CAvi-Music

Année: 2018

Genre: Classique.

Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Exceptionnel.

 

J'adore la troisième symphonie de Mahler, sans doute une des plus complexes et riches de l'oeuvre. Les mouvements individuels sont si différents les uns des autres qu’ils semblent presque provenir de différentes périodes de la vie de Mahler.

La Troisième contient son propre monde - déjà dans le premier mouvement, plus long que la plupart des symphonies de Beethoven.

 

J'avais beaucoup apprécié la version du Budapest Festival Orchestra d'Ivan Fischer. Mais le grand frère va encore bien plus loin dans ce superbe cycle démarré depuis peu avec l'orchestre de Düsseldorf (dont il a pris les rennes en 2015), pourtant moins prestigieux que la formation hongroise.

Il faut néanmoins reconnaître à cet orchestre fondé il y a 200 ans une genèse de tout premier ordre puisque il a été dirigé par Mendelssohn et Schumann.


Il y a quelque chose de particulièrement sombre et dramatique dans l'interprétation d'Adam Fischer. On ressent une sorte de symbiose entre la partition, la lecture qu'en fait Adam Fischer et le jeu de l'orchestre. La prise de son du label avi-music est simplement somptueuse. Disponible sur Presto Classical en format 24 bit 48 kHz, cet enregistrement enfonce littéralement tout ce qui existe en DSD, y compris la production pourtant très pure de Channel Classics avec le Budapest. 
Résultat remarquable, d'autant plus que les enregistrements de ce cycle sont issus de prises de son live de la radio allemande. Le son est excellent et le public indétectable, même si parfois les basses fréquences peuvent paraître un peu moins maîtrisées, probablement en raison de la conception sphérique du Düsseldorf Tonhalle, (ancien planétarium reconverti en salle de concert).


Adam Fischer fait ressortir avec la plus grande acuité l'ombre et la lumière. Le troisième mouvement est d'une délicatesse inégalée. Pourtant Ivan excelle déjà dans cette façon de mettre en lumière cette exaltation mahlérienne. Sans doute Adam y ajoute ce contraste entre légèreté et force musculaire qui manque parfois chez son jeune frère. La tension, la précision et le rythme semblent par contre constituer l'ADN de la famille Fischer.

Mais au delà d'une simple ressemblance fraternelle, il y a cette compréhension de la liberté dictée par le compositeur, celle de l'abandon à la musique, afin de retrouver le rythme sous-jacent suggéré dans les annotations de Gustav Mahler.


Aussi, si vous voulez être surpris, si vous souhaitez écouter la troisième symphonie comme vous ne l'avez encore jamais entendue, ou si tout simplement vous désirez approcher Mahler du plus près possible, alors cet enregistrement comblera sans nul doute vos attentes, et peut-être même davantage...

 

Joël Chevassus - Janvier 2019

 

 

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