Ypsilon Aelius (1 / 5)

      

 

 

Ypsilon reste une marque assez confidentielle au sein du panorama des grands noms de la haute fidélité. Ceux qui ont pu approcher ces produits conviendront néanmoins qu'ils figurent dans le peloton de tête des électroniques de prestige, au même titre que certains autres constructeurs très réputés comme Vitus, Kondo ou FM Acoustics.

 

Ypsilon Electronics est également une entreprise assez jeune, qui vient de fêter ses 20 ans d'existence. La société grecque a été fondée par deux ingénieurs du son, Demetris Backlavas et Andy Hassapis, dotés aussi bien d'une solide expérience en matière de reproduction musicale qu'en ingénierie électronique. Le principal artisan du travail de conception des électroniques Ypsilon reste Demetris Backlavas qui préside aujourd'hui aux destinées de ce fleuron hellène de l'audio haut de gamme.

 

C'est sans doute un peu ironique de parler de l'industrie du luxe en Grèce aujourd'hui, même s'il est de notoriété publique que ce pays abrite un certain nombre de nantis. Les finances guère florissantes de l'état grec ne sont en effet pas forcément représentatives de celles du patrimoine privé. Ypsilon est ainsi une parfaite illustration de ce que représente la communauté grecque audiophile : un cercle assez restreint mais passionné et donc forcément élitiste. Le club audiophile d'Athènes est d'ailleurs un des cercles audiophiles les plus réputés au monde, bien qu'il n'a même pas 20 ans d'existence... Et le joyau et orgueil national est sans conteste la société de Demetris Backlavas, lui-même membre du club.

 

Demetris Backlavas est tombé dans la marmite de l'électronique audio très jeune, dès l'âge de 15 ans. Il a d'ailleurs animé les manifestation de son école grâce à la console huit pistes qu'il s'était lui-même fabriquée. C'est donc tout naturellement qu'il s'est orienté vers des études d'ingénierie électronique, tout en travaillant à côté comme ingénieur du son free-lance pour des sociétés organisatrices de concerts et de manifestations privées.

 

il rencontre à cette époque Fanis Lagkadinos, et c'est le début d'une collaboration dans le cadre de la conception d'amplificateurs haute fidélité, aussi bien à tubes qu'à transistors. Cette rencontre remonte aujourd'hui à 27 ans.

 

Les deux compères fondent alors en 1996 Ypsilon Electronics, tout en continuant chacun d'entre eux à travailler comme ingénieurs du son afin de financer leur projet commun. L'approche a été immédiatement celle d'une voie médiane entre transistors et tubes : celle des amplificateurs hybrides. Le premier produit proposé par Ypsilon fut donc un amplificateur intégré hybride, qui fut vendu quasi exclusivement en Grèce, et baptisé "Ypsilon Type A".

 

 

Demetris Backlavas

 

C'est un ami commun qui présenta cet amplificateur à certains revendeurs du Royaume Uni au tout début des années 2000, et le succès fut immédiat. C'est ainsi que Ypsilon Electronics commença à acquérir une certaine notoriété au delà de son pays d'origine, et en 2005, la société présenta à l'occasion de sa première participation au salon de Heathrow ses blocs SET100, amplificateurs hybrides single-ended délivrant une puissance respectable de 100 W par canal sous 8 Ohms. Ce fut l'occasion de développer un réseau de distribution au Royaume Uni. L'année suivante, Ypsilon Electronics compléta son offre avec une gamme d'électroniques plus complète, incluant le préamplificateur PST100, le convertisseur DAC100, ainsi que le transport numérique CD100. Les participation successives aux salons du CES de Vegas et du High-End munichois ont permis de constituer ensuite un vrai réseau de distribution mondial.

 

La recherche d'Ypsilon Electronics et de Demetris Backlavas en matière d'amplification analogique s'est focalisée sur le moyen de conserver la qualité sonore et le naturel d'un montage single-ended en classe A dans un amplificateur qui serait à même d'alimenter la plus grande diversité d'enceintes, et pas seulement celles de haut rendement. La puissance et la finesse... C'est ce que recherchent sans doute bon nombre de concepteurs d'amplis, même si cela semble un peu le mariage de la carpe et du lapin. Mais la quadrature du cercle dépend sans doute aussi de la hauteur à laquelle on fixe la barre.

 

Et là, ça devient plus compliqué. Ce n'est pourtant pas impossible, et même parfois, le résultat va au delà de ce que pourrait donner l'étalon single-ended de faible puissance, ayant lui aussi ses propres limitations, qui ne touchent pas seulement à la puissance disponible limitée.

Que ce soit avec des tubes ou avec des transistors, on peut parfois arriver à un résultat troublant de réalisme, et se voir en même temps enfermé dans une espèce de bulle holographique, très charnelle et séduisante, mais presque devenue une prison dorée, nous plongeant dans un monde trop beau pour être totalement vrai...

 

 

 

 

Des noms ? Oui, je peux citer Kondo ou Engstrom & Engstrom car ce sont des machines que j'apprécie à chaque fois que j'ai l'occasion de les écouter. Ces machines ont leurs limites, même sur des enceintes de très haut rendement. Je n'ai de toute façon pas les enceintes adéquates, ni les moyens financiers, donc cette parenthèse est vite refermée.

 

Mais la plupart du temps, la recherche du compromis entre puissance et délicatesse reste de l'ordre de la déception. D'ailleurs l'idée même de compromis n'est-elle pas déjà la prémonition d'une déception à venir ?

 

Il existe néanmoins quelques rares exceptions. Je classe ainsi mes amplis Luxman M800a dans ce petit club très restreint des amplis délicats et polyvalents. Les derniers Nagra Classic en font aussi partie, les gros blocs mono Vitus également. C'était bien sûr sans compter les Ypsilon Aelius dans leur toute dernière évolution...

 

 

 

 

 

 

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