Vivid Audio Giya G1 (1/6)

      

      

 

Après avoir possédé et expérimenté un certain nombre d’enceintes, il n’est sans doute pas interdit d’espérer trouver finalement le mouton à cinq pattes, celui qui répondra complètement à vos attentes et préférences personnelles.

La seule façon pratique d’arriver à un tel but est de savoir précisément quel sera votre cahier des charges, et en même temps d’avoir une idée concrète de la façon dont chaque typologie d’enceinte acoustique est capable d’y répondre. Ce cheminement est éminemment personnel et il requiert malheureusement du temps et de la patience.

Mais imaginez qu’une telle chose se produise un jour, alors vous serez sans doute en mesure d’écouter une chaîne haute fidélité comme si celle-ci avait été depuis toujours une complète évidence.

Mon propre choix s’est porté depuis quelques années sur les enceintes Vivid Audio (Oval K1), et avant de m’engager vers de longues considérations sur la technicité, les performances et les impressions d’écoutes du sommet de la gamme du constructeur sud-africain, je souhaiterais tout d’abord expliquer les raisons qui me font considérer le choix d’une enceinte Vivid comme une sorte d'évidence à mes oreilles.

Et comme évidence n’est pas synonyme de perfection, je soulignerai également les quelques points qui pourraient être améliorés pour aboutir à une enceinte encore meilleure.

 

 

Quelles sont donc les spécificités qui font que je retrouve mes Oval K1 avec un plaisir chaque fois renouvelé après les avoir délaissées quelques temps pour tester d’autres modèles de marques concurrentes ?

La liste est loin d’être courte, et citons dans le désordre :

 

 

  • La neutralité. Les K1, grâce au travail réalisé su la conception du cabinet et des haut-parleurs n’ont quasiment pas de signature sonore discernable, et témoignent d’une linéarité vraiment impressionnante. J’ai eu l’occasion d’écouter chez moi d’autres enceintes assez peu colorées, mais bien souvent elles ont engendré un certain ennui sur le long terme. Ce n’est évidemment pas le cas des Vivid Audio qui me procurent chaque jour le même degré d’exaltation et font preuve d’une fabuleuse absence de compression quel que soit le niveau sonore auquel j’écoute.

  • La rapidité. Les enceintes conçues par Laurence Dickie sont les plus rapides que je connaisse. Quel que soit votre genre musical favori, ces enceintes sont stupéfiantes dans la reproduction des transitoires. Tous les autres modèles de type bass-reflex que j’ai pu essayer semblent souffrir d’une certaine inertie en comparaison. Cette caractéristique contribue grandement au plaisir chaque fois renouvelé de l’écoute de ces enceintes.

  • La dynamique. Ces enceintes n’ont surement pas usurpé leur nom de baptême. Elles sont vives et réactives. Du fait de la légèreté des membranes et du cabinet, de la puissance des aimants et de la sophistication du filtrage, ces OVNI sont de véritables formules 1 de la haute fidélité. A l’instar du pilote ressentant avec son volant les moindres aspérités ou pertes d’adhérences comme s’il faisait corps avec l’asphalte, les Vivid vous mettent en prise directe avec la musique sans aucun dispositif correcteur de trajectoire…Quel que soit le régime auquel vous écoutez, il y a toujours de la reprise.

  • La transparence. Le moindre changement dans votre système est mis en exergue instantanément. Cela en fait un formidable instrument de travail pour un testeur et chroniqueur. Mais c’est surtout une incroyable source d’émerveillement lorsque votre système est bien réglé.

  • L’ouverture. Les dômes utilisés pour les hautes et moyennes fréquences, ainsi que les boomers arrière contribuent dans les K1 à former cette large et profonde image stéréo qui semble remplir la salle d’écoute sans le moindre effort. Cela renforce la sensation de réalisme, de complète fusion des différents registres de la bande passante. Bien d’autres grosses enceintes seront capables de recréer un espace sonore d’une telle ampleur. Mais combien parviendront à délivrer un tel degré de précision et une telle énergie de façon si naturelle ?

  • L’holographie. C’est sans doute là le trait le plus spectaculaire des enceintes sud-africaines. Lorsqu’on a la chance de pouvoir écouter des enceintes Vivid Audio correctement installées, on a généralement l’étrange impression que chaque instrument s’incarne à partir d’un point bien défini sur un plan tridimensionnel, comme s’il apparaissait subitement dans la pièce d’écoute. J’ai entendu une fois quelqu’un dire à propos de ce trait caractéristique des enceintes Vivid Audio qu’il avait eu l’impression de voir se matérialiser le son comme si chaque note était un petit fantôme qui surgissait du néant. C’est sans doute très imagé mais je ne peux qu’abonder dans le sens de cette personne car c’est exactement ce que je ressens chaque fois que j’écoute ma paire de K1. Cela appartient à mon avis totalement à Vivid Audio, et j’irais même à ajouter qu’on ne sait pas vraiment ce que l’holographie sonore peut être tant qu’on n’a pas écouté une paire d’enceintes Vivid Audio…

  • L’énergie. C’est encore une notion difficile à cerner avec de simples mots couchés sur le papier. Grâce à leur impressionnante rapidité, leur présentation des attaques et des transitoires, leurs nuances dans les extinctions de notes, mes K1 sont capable de retranscrire toute la magnitude d’un pincement de cordes ou d’un impact de caisse claire, ce avec un niveau de résolution et de focalisation incroyable. Cette énergie permet ainsi de matérialiser les musiciens et leurs instruments au sein d’un espace en trois dimensions. Mon expérience personnelle de ce que peut représenter l’état de l’art en matière de conception d’enceintes acoustiques me laisse à penser qu’il y a vraiment très peu d’enceintes au monde capables de délivrer une telle énergie.

 

 

La perception toute personnelle que j’ai de mes enceintes Vivid Audio est celle d’une réalité hybride, à mi-chemin entre des enceintes électrostatiques et des enceintes bass-reflex. Je les vois en quelques sortes comme une quasi-quadrature du cercle parmi l’étendue des technologies possibles.

Mais l’impression de se rapprocher de la réalité ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit de la conception parfaite… Essayez une autre paire d’enceintes et vous verrez que sur un critère bien précis, celle que vous aduliez cède à ses concurrentes d’un jour. Les Vivid K1 n’y font pas exception, bien que je pense qu’il devient néanmoins difficile de les prendre en défaut.

Je dois ainsi admettre qu’elles ne développent pas la meilleure qualité de timbres qu’il m’a été donné d’entendre jusqu’à présent, surtout en comparaison d’enceinte présentant des surfaces émissives bien plus importantes. Ainsi les panneaux tels que les Magnepan, les Soundlab, ou bien encore les Apogee, offrent une diversité tonale bien plus grande. J’ai eu l’occasion de passer plusieurs fois assez rapidement des grandes Magnepan 20.7 aux Vivid Audio K1 et l’impression qui m’a frappé à chaque fois a été d’entendre une enceinte nasillarde et défectueuse lorsque je suis repassé sur les K1. Cette sensation n’est pas non plus uniquement le fait des K1 car chaque enceinte que j’ai pu comparer rapidement aux Magnepan 20.7 m’a donné l’impression de sonner comme un pot de yaourt. Le rétrécissement de l’image stéréo et la simplification des timbres sont d’une violence inouïe. Et le plus stupéfiant est que cette sensation s’estompe finalement assez vite : écoutez l’autre enceinte pendant un quart d’heure et votre cerveau aura complètement fait abstraction des Magnepan. Mais durant les dix premières minutes, quel choc !

 

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