Trinnov Amethyst (1/6)

      

 

Le traitement acoustique numérique est une façon de remplacer un traitement passif souvent disgracieux et intrusif (même si on a fait énormément de progrès en ce sens depuis quelques temps, voir notre article sur l’esthétique et l’acoustique), mais qui peut également venir en renfort d’un traitement passif préalablement existant.

 

En effet, il est difficile de modifier radicalement la géométrie de sa pièce et parfois la correction active reste le seul moyen de parfaire la réponse d’un local, ce grâce à des filtres numériques sophistiqués corrigeant le signal en entrée. Ces dispositifs modernes ne sont pas de simples égaliseurs de fréquences mais proposent également un traitement des temps de réverbération et de la phase acoustique (afin d’améliorer la netteté de l’image stéréo).

C’est le métier principal d’une société comme Trinnov dont j’ai déjà testé le premier modèle destiné au public audiophile, le ST2-HiFi. Lors de ce premier test, l’appareil de Trinnov faisait figure de pionnier dans sa mise en œuvre de la correction fréquentielle, temporelle et de correction de phase à travers d’une interface presque intuitive pour l’amateur averti. Bien sûr, il y avait d’autres machines disponibles sur le marché comme les TACT et le McIntosh MEN. Mais le ST2-HiFi en tant que convertisseur et préamplificateur restait une formidable machine qui par ses qualités audio pouvaient achever de convaincre les adeptes du fil droit et de la transparence absolue.

 

Aussi, comme les électroniques et les filtres numériques sont en perpétuelle évolution, Trinnov se devait de proposer un nouvel appareil avec des performances audio et une ergonomie encore améliorées...

 

Mais présentons tout d’abord Trinnov qui reste encore une société relativement étrangère à la plupart des audiophiles. Cette jeune société a été fondée au début des années 2000 par trois personnes : Arnaud Laborie, Sébastien Montoya et Rémy Bruno.

 

En 2006, Trinnov lance son premier correcteur acoustique sous le nom d’Optimizer qui a été par la suite utilisé dans des préamplis et processeurs audio-vidéo par certains manufacturiers spécialistes du home-cinéma.

En 2010, Trinnov présente son premier appareil destiné au public audiophile, le ST2-HiFi. Grâce à ses algorithmes puissants, son ergonomie et ses nombreuses fonctionnalités comme la mesure multi-points, l’analyse fréquentielle temporelle, les nombreux graphes et courbes d’analyse, les courbes cible, l’optimisation automatique de la phase acoustique, et les possibilités de filtrage actif, le ST2-HiFi s’est vite imposé comme le couteau suisse de la correction acoustique.

 

Depuis l’introduction du ST2-HiFI, l’équipe de Trinnov s’est étoffée, doublant l’effectif global, et la société a du déménager dans des locaux plus spacieux. La société a également été fortement impliquée dans le développement de son activité audio-visuelle en équipant de leur processeur audio plus de 750 salles de cinéma en France. Toujours sur le même segment de l’audio-visuel, mais côté production cette fois-ci, Trinnov a lancé un nouvel appareil multi-canal offrant une analyse en temps réel et synchronisation timecode (pour répondre à la problématique globale du niveau sonore et son égalisation en production audio-visuelle). Trinnov a ainsi équipé des régies prestigieuses comme France Télévision et ZDF.

 

Les derniers appareils introduits sur le marché ont été le processeur home cinéma Magnitude 32 capable de piloter 32 canaux et faire du filtrage actif 4 voies ! C’est sans nul doute aujourd’hui un des plus ambitieux processeurs multi-canal disponibles. L’Altitude 32 complète l’offre Trinnov avec un tout nouveau préamplificateur audio-vidéo, sorte de Rolls Royce des équipements de home cinéma avec une gestion optimisée du son en 3D.  

 

 

Depuis ma première prise de contact avec l’Optimizer (module de correction acoustique embarqué dans le ST2-HiFi et maintenant Amethyst) de Trinnov, les dimensions et la physionomie de ma salle d’écoute ont changé radicalement. La différence entre les deux environnements acoustiques provient également du fait que le premier était traité assez superficiellement, alors que le second a fait l’objet de mesures préalables et d’un traitement passif plus conséquent. Ce traitement acoustique préalable devrait normalement limiter le besoin de recourir à une correction électronique additionnelle.

 

C’est pourquoi cet essai du Trinnov Amethyst revêt une saveur toute particulière puisqu’il permettra de se faire une idée de la performance intrinsèque de l’appareil par rapport à un traitement passif déjà réalisé, et également en supplément de ce dernier.

 

C’est donc une expérience sans nul doute plus ambitieuse que celle réalisée il y a presque trois ans avec le ST2-HiFi, d’autant plus que le panel d’enceintes associées était cette fois-ci assez diversifié et complexe. En effet, les partenaires du Trinnov pour ce banc d’essai vont lui permettre d’exploiter une bonne partie de sa finesse de calcul avec les boomers arrières de mes Vivid K1 (et leur filtrage progressif), l’immense superficie de rubans et quasi rubans des Magnepan 20.7 rayonnant en dipôle, et les six haut parleurs des Lawrence Audio Double Bass… sacré chantier là pour l’Amethyst !

 

Pour être exhaustif, les conditions de test ont été par ailleurs différentes de ma première expérience du fait de ma meilleure préparation et connaissance du fonctionnement de l’Optimizer.

J’ai ainsi pu explorer assez facilement une bonne partie des fonctionnalités offertes par le Trinnov Amethyst en laissant néanmoins de côté cette fois le module de bass management (utile pour raccorder un ou deux caissons de grave) ainsi que l’étage phono qui aurait pourtant mérité qu’on lui accorde de l’attention.

J’avais à l’origine l’idée de coupler les Magnepan à deux infraplanars mais la performance dans le grave des 20.7 et le poids élevé de l’attelage m’en ont finalement dissuadé...

 

 

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