Onda Ligera Wave 168 D (1/4)

Onda Ligera fait partie de ces constructeurs émergents d’Europe de l’Est. Leurs produits ont une identité visuelle assez forte, dans le plus pur style Baltique, voire Bauhaus...

Complètement inconnus dans nos contrées il y a encore deux ans, je suis tombé sur eux par hasard lors du Munich High-End 2012. La petite équipe Lettone d’Onda Ligera débarquait tout juste de Riga après avoir participé à une première manifestation à Moscou, et se lançait dans l’arène du M.O.C. avec de petits moyens mais déjà de grands espoirs...

 

A la vue du nom improbable et du style très typé des produits, je ne m’attendais vraiment à rien de bien excitant lorsqu’une grande blonde en tailleur m’a invité à entrer dans un des auditoriums les plus minuscules de l’exposition. Il faut dire que la Lettonie n’est pas à proprement parler un pays très évocateur en matière de haute fidélité, et ce malgré une tradition musicale assez affirmée.

Aussi, cela a été tout bonnement ma plus grande surprise du salon d’entendre dans un endroit si confiné un son aussi dense et une image stéréo si body-buildée… C’est déjà tellement rare d’être impressionné par une écoute dans ce type de manifestation que la performance d’Onda Ligera m’a semblé tout bonnement exceptionnelle.

Le stand d’Onda Ligera était situé dans un des deux halls du rez-de-chaussée du MOC et l’équipe avait aménagée dans un coin quelques cloisons formant un auditorium de fortune. Je pense que cette année, nous avons été vraiment très peu nombreux à avoir remarqué ces nouveaux venus. Je m’étais en fait assis sur un divan, juste à côté de leur stand, pour changer l’optique de mon appareil photo lorsqu’une fille vêtue d’un tailleur un peu vieillot me proposa de faire une écoute dans leur local. Cette situation un peu inhabituelle me remémora l’ambiance des vieux films d’espionnage des années 60. Est-ce que cela valait vraiment la peine de m’embarquer dans ce type d’aventure, venant tout juste d’arriver au M.O.C.?

Fort heureusement, docteur No ne m’attendait pas derrière la cloison. Il y avait deux rangées de sièges placées à un mètre de deux enceintes massives et, à ce moment précisément, j’ai eu la sensation que j’allais sans doute perdre mon temps… Mais c’est tout le contraire qui se produisit et cette écoute fut sans doute la meilleure, du moins la plus surprenante, durant les trois jours que je passai à Munich.

 

Je suis rentré en contact peu de temps après avec ma James Bond girl qui ne s’appelait finalement pas Ursula mais Elizabete. Nous avons considéré la possibilité de réaliser un banc d’essai de leurs plus grosses enceintes. Et comme c’est finalement assez compliqué pour un nouveau venu d’immobiliser du matériel d’un certain prix pour deux ou trois mois consécutifs, nous fûmes obligés de remettre ce projet à plus tard… Je perdis le contact avec Elizabete mais, quelques mois plus tard, Martien Klingens, un des rares visiteurs à avoir remarqué cette nouvelle marque, me contacta en tant que distributeur d’Onda Ligera pour le Bénélux et me demanda si j’étais toujours partant pour le banc d’essai. Il m’expliqua à l’occasion qu’Elizabete avait démissionné pour raisons familiales et que le principal référent chez la marque Lettone était désormais le fondateur lui-même, Oleg Solovjov.

 

Oleg a travaillé depuis les années 1980 en tant qu’ingénieur du son pour différents artistes et musiciens. Il a participé à de nombreux projets au sein de la télévision Lettone et Radiotechnika RRR. La quête personnelle d’Oleg s’est, pendant de nombreuses années, orientée vers la reproduction du spectre complet des instruments de musique à partir d’une enceinte acoustique. Il s’est notamment attaché à comprendre les principes de résonance des ondes courtes (quart d’onde ou inférieur) et leur impact sur les harmoniques produites par les différents instruments de musique. Cette recherche a donné naissance à son premier concept acoustique qui sera repris plus tard sur les enceintes Onda Ligera.

 

Aujourd’hui, la principale préoccupation du staff technique d’Onda Ligera reste axée sur la conception d’enceintes capables de reproduire le spectre audio le plus large à partir d’un point unique avec le minimum de rotations de phase possible. Oleg annonce par ailleurs la sortie prochaine d’une enceinte active deux voies équipée d’une chambre de résonance pour le registre grave – médium. Deux autres enceintes de format bibliothèque sont déjà disponibles chez Onda Ligera : la Wave 18 et la Wave 16. La Wave 18 est une grosse deux voies reprenant des schémas techniques employés sur le porte-étendard Wave 168D, objet de ce test, mais avec un rendement moindre (89 dB). La bande passante est très étendue (28 Hz – 30 kHz, et 38 Hz – 20 kHz à +- 2 dB) et son poids conséquent (50 kg par unité pied inclus). La Wave 16 constitue quant à elle l’entrée de gamme du constructeur avec des performances somme toute plus conventionnelles pour une enceinte de ce format : 48 Hz – 25 kHz à +- 2 dB.

Oleg Solovjov

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