MT Acoustic Intime (1/4)

      

 

 

C'est une histoire française comme on n'en trouve que par chez nous, à l'exception peut-être de l'autre versant des Alpes, chez nos cousins italiens. C'est aussi l'histoire d'une invention qui s'est transmise de générations en générations. Bref, c'est une histoire et c'est donc bien plus qu'une simple paire d'enceintes...

Et comme une paire d'enceintes ne sera jamais mieux servie que par une écoute, commençons donc par l'histoire puisqu'histoire il y a...

 

La génèse remonte en fait au début des années 60, plus précisément en 1961, au Festival du Son où deux français, Georges Poutot et Georges Gogny, présentent leur invention : l'enceinte orthophase GEGO.

Il s'agit d'un haut-parleur de type large bande, dont la particularité est d'employer une membrane en polystyrène.

Cette invention sera commercialisée plus tard sous le nom de cellule GEGO (en référence au prénom et nom de Georges Gogny).

Ce haut-parleur était constitué originellement d’un chassis en aluminium contenant 13 barrettes d’aimants en ferrite, d'une membrane en polystyrène de 10/10cm  suspendue par des suspensions en mousse ou en tissu.

Sa bande passante est donnée pour couvrir une bande de fréquences allant de  5 Hz à 25 kHz. Le très faible poids de l’équipage membrane / bobine plate permettait à ce transducteur d'obtenir des capacités dynamiques de premier ordre.

Le principe de fonctionnement réside dans l'utilisation d'un haut-parleur à membrane plane, initialement mis au point par Siemens et Halske en 1930 (enceinte Blatthaller). La membrane polystyrène de la cellule GEGO est parcourue par un ruban dont le trajet forme une grecque. L’ensemble fonctionne en mode piston sur toute l’étendue du spectre, permettant ainsi de rassembler les avantages des haut-parleurs dynamiques à diaphragme en cône et les qualités des transducteurs électrostatiques à membranes planes.


L’impédance basse (0,30 Ohm) implique à cette époque non seulement d’assembler ces hp en série mais aussi de leur associer des transformateurs d’impédance pour les modèles embarquant plusieurs cellules.
Le rendement de ces transducteurs dont les aimants sont en ferrite est relativement faible (89 dB @ 1W/1m). Il semble compliqué de "booster" le rendement en optant pour des aimants de type néodyme plus performants, mais  difficiles à exploiter avec le schéma GEGO, ce qui implique finalement d'utiliser des amplificateurs délivrant un certain seuil de puissance. Même conclusions sur l'idée avancée par Jean Hiraga à l'époque de remplacer les aimants par des bobines excitatrices...

 

Les cellules GEGO se montent en série sur des panneaux ouverts fonctionnant en dipôle. Le seceret de l'efficacité de ces montages résident dans le respect très précis des côtes et du positionnement de chaque haut-parleur sur le baffle plan.

Le niveau de complexité, les coûts de fabrication élevés, les préjugés concernant l'emploi du polystyrène et le côté artisanal du montage auront raison du succès commercial de ces enceintes orthophases. Elles ont ainsi disparu du paysage audiophile français vers la fin des années 70.


 

 

 

C'est néanmoins au début des années 70 qu'Ernest Spiteri, inventeur multidisciplinaire et géo-trouvetout (il a notamment participé à la conception du mini sous-marin SP350 du commandant Cousteau), reprend le brevet Ortophase tout en améliorant la conception des cellules. 

Ernest Spiteri est également le père d'une platine vinyle très particulière mettant en oeuvre un bras tangentiel usiné dans la masse par électro-érosion, et d'un tweeter ionique montant à plus de 20 MHz, destiné à épauler les membranes GEGO dans le haut du spectre...

 

Les cellules Spiteri, à l'instar des GEGO, avaient des membranes en polystyrène taillées dans la masse, sur une fraiseuse. L'enceinte Orthophase originale se heurtait néanmoins à des problèmes de fiabilité, et notamment de collage des "Grècques" conductrices disposées dans la membrane.

Les nouvelles cellules ES conçues par Ernest Spiteri, qui portent les initiales de leur créateur, ont permis d'atténuer ces petits problèmes de fiabilité et auront été commercialisées jusque dans les années 1990...

 

 

Ernest Spiteri devant la MT Acoustic Emotion (sans son cache).

 

 

La renaissance de ces schémas n'aura lieu que vingt ans plus tard, lorsque Ernest Spiteri transmettra progressivement son savoir-faire à Thibault Morel qui commercialisera de nouvelles enceintes sous la marque MT Acoustic en 2016.

 

En parallèle, d’autres projets de cellules basées sur les cellules GEGO - Ortophase ont vu le jour, à l'instar des cellules d'ATB2G qui est aujourd'hui le seul à pouvoir utiliser l'appelation Orthophase, puisqu'il en a déposé la marque en 2015 à l'INPI. Comme nous citons le nom à titre de référence historique, il nous a paru bon de mentionner ce point.

 

Les cellules utilisées par les baffles plans de MT Acoustic ont été encore perfectionnées et portent désormais l'appellation "MS-2". Ces membranes sont presque carrées avec des dimensions de 10,2 x 10,6 cm et logées sur un châssis de 17,7 x 15,5 cm bordé de deux déflecteurs verticaux ayant une structure en marches d'escalier et formant une ébauche de pavillon de part et d’autre du transducteur.

 

Ces cellules sont pour le moment soit intégrées aux enceintes MT Acoustic, soit vendues à l'unité pour le marché DIY. Cela permet ainsi aux possesseurs d'anciennes enceintes Spiteri ou Ortophase de les restaurer, ou bien de réaliser de nouveaux projets ex nihilo.

 

 

Face avant cellule MS-2

 

 

 

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