Metronome Technologie C8 + (1 / 5)

      

 

La création de Métronome Technologie remonte à la fin des années 1980 par son fondateur Dominique Giner. C'est son intérêt pour la musique qui a poussé cet ancien fabricant de meubles à développer tout d'abord quelques supports pour appareils audio, puis ses propres enceintes dont la forme évoquait déjà celle d'un métronome.

Giner rencontra à l'époque plus qu'un succès d'estime puisqu'il en vendit plus d'un millier d'exemplaires, ce qui lui permit ainsi de se lancer définitivement dans le business de la haute fidélité en fondant la société Métronome Technologie.

 

Cette petite entreprise basée dans le Tarn à Roquemaure, près de Toulouse, s'est orientée rapidement dans le domaine des sources numériques en gagnant la reconnaissance des audiophiles français, et étrangers.

L'activité de Métronome a débuté en tant que sous-traitant pour la société Jadis en réalisant sa gamme de lecteurs CD. Puis la société de Dominique Giner a lancé ses propres modèles dont les réalisations les plus ambitieuses, à l'instar du fameux transport Kalista, lui ont ouvert les portes du marché international des sources numériques haut de gamme.

Métronome Technologie s'est ainsi construite une réputation d'excellence vis-à-vis du public asiatique et nord-américain.

 

Le statut et la reconnaissance internationale ne sont néanmoins pas toujours synonymes de succès commercial. Métronome Technologie est restée une entreprise artisanale et certains choix hasardeux en matière de stratégie de distribution n'ont pas vraiment aidé Dominique Giner à développer significativement son chiffre d'affaires.

Le design très particulier de ses transports numériques a joué pourtant un rôle assez attractif sur les marchés asiatiques et russes, où les riches clients aiment les produits exotiques et exclusifs. D'ailleurs encore aujourd'hui, la plupart du chiffre d'affaires de la société est réalisé à l'export (environ 90%).

 

Il y avait sans doute encore pas mal d'efforts à entreprendre pour développer les ventes sur les marchés matures que sont l'Europe et l'Amérique du Nord. Et ce genre de défi commercial, avec la nécessité d'évoluer vers une offre de produits plus large et notamment les serveurs et lecteurs réseau, fût sans doute un signe pour Dominique Giner qu'il était temps de passer la main et de vendre sa société...

 

 

Metronome Kalista

Cela s'est concrétisé dans le courant de l'année 2014, lorsque deux personnes venant d'horizons assez éloignés de la haute fidélité, Christian Bat et Jean-Marie Clauzel, rachetèrent Métronome Technologie.

Le premier vient en effet de l'industrie automobile où il officiait en tant que directeur financier, le second étant ingénieur agronome de formation.

 

Cette petite entreprise occupe aujourd'hui six personnes et quelques sous-traitants principalement basés dans l'Hexagone. En dépit de son effectif modeste, Métronome Technologie est un des rares constructeurs dans ce secteur d'activité à assembler lui-même ses circuits imprimés à la main pour une production assez confidentielle d'environ 250 unités par an, dont le lecteur CD d'entrée de gamme représente encore 50% des volumes vendus.

Ce petit monde emploie les deux actionnaires, un ingénieur en électronique, un responsable de production, un opérateur de production (soudant tous les composants à la main), ainsi qu'un agent administratif. Les moyens mis en œuvre sont donc en adéquation avec la stratégie de produire peu mais bien.

 

Il n'en reste pas moins que le plus grand challenge de Métronome Technologie est l'acquisition d'un savoir-faire dans le secteur porteur de la dématérialisation des fichiers audio. Les lecteurs réseau et serveurs informatiques sont devenus en effet les locomotives d'un marché de la hifi traditionnelle plutôt moribond. La dématérialisation permet par ailleurs une démocratisation des sources numériques haut de gamme, et donc un nombre plus important de clients potentiels.

 

Mais ce savoir-faire requiert néanmoins des compétences diverses : celle bien sûr d'électronicien (et ce, malgré le départ du fondateur) et celle de l'informatique et des architectures réseaux (qui manque si souvent aux sociétés traditionnelles même très réputées).

Les deux gérants de l'entreprise ont néanmoins su tirer parti de la petite taille de Métronome Technologie en lançant un projet de crowdfunding et en établissant des partenariats privilégiés avec des experts de cette industrie (dont la société Artec de J.P. Voiturier).

Les enjeux sont en effet nombreux et le marché bouge rapidement. Ce n'est plus tant une question de complexité que de choisir les bonnes options au bon moment et de se montrer réactif. C'est là que réside finalement l'intérêt et la difficulté à opérer ce marché des sources numériques haut de gamme, où les nouveaux venus comme Schiit Audio (avec leur récent DAC Yggdrasil et son filtrage numérique innovant) côtoient des acteurs installés comme DCS dont la performance des appareils évoluent moins vite que les prix auxquels ceux-ci sont proposés...

 

 

 

Ce virage technologique s'avère cependant délicat à négocier pour un constructeur qui a assit sa réputation sur ses transports mécaniques qu'il continue de promouvoir à travers le monde. Quelle serait en effet l'intérêt de surclasser la performance d'un Kalista avec un produit coûtant dix fois moins cher ?

C'est par ailleurs leur titre de champion de la lecture numérique que les dirigeants de Métronome Technologie acceptent de remettre en jeu, même si on peut concevoir qu'il y a un avantage non négligeable à capitaliser sur leur savoir-faire en matière de conversion N/A.

Métronome se retrouve d'ailleurs peu ou prou dans la même situation que son concurrent japonais Esoteric qui aura mis lui aussi de nombreuses années avant de se décider à lancer ses propres lecteurs réseau, en faisant appel également à des compétences externes à l'entreprise...

 

D'un point de vue purement commercial, il semble aujourd'hui difficile de proposer une ligne de convertisseurs N/A complète sans transport haute définition. Avec l'écroulement du marché des transport CD, en attendant qu'il renaisse de ses cendres à l'instar des platines LP, il semble en effet compliqué de ne pas offrir une offre de lecture numérique complète à ses clients.

C'est une réalité aujourd'hui, les convertisseurs se doivent d'être complètement versatiles, ouverts aux ordinateurs, à la haute résolution, et capables de s'insérer dans un réseau informatique. C'est tout à fait le cas du convertisseur objet de ce banc d'essai, offrant deux étages de sortie différents (tubes et AOP), de nombreuses entrées numériques ainsi que la compatibilité DSD via son entrée USB.

 

 

Cette évolution du DAC Métronome Technologie C8 (+ signifie la compatibilité DSD) vient compléter une offre assez large de convertisseurs N/A, démarrant des modèles C5 et C6 partageant la même architecture mono châssis (le C5 possédant une seule sortie AOP alors que le C6 propose uniquement un étage à tube). Ces deux modèles d'entrée de gamme disposent de deux DACs par canal, avec un processeur interne 32 bit et un SRC (Sample Rate Converter) réglé à 24 bit - 96 kHz. Ils acceptent les fichiers PCM d'une résolution maximale de 24 bit / 192 kHz.

 

Au dessus de ces deux DACs, le C8 propose deux étages de sortie distincts, à tube et à transistor, ainsi qu'un double châssis via l'alimentation externe dédiée Elektra. Il supporte des résolutions plus élevées que celles gérées par les entrées de gamme C5 et C6. Il dispose de 4 puces delta sigma AKM 4395 exploitées en parallèle. Le C8+ y ajoute les formats DSD via une double conversion 32-bit AKM 4490 opérée en dual mono (et rééchantillonnée systématiquement par un SRC à 192 kHz).

La plage d'utilisation des fichiers PCM monte jusqu'à 384 kHZ / 24 bit et il gère le DSD jusqu'à 512 MHz grâce à sa carte Amanero 384 qui vient se substituer à la carte d'origine M2Tech.

 

Le porte étendard reste le convertisseur Nausicaa, empruntant le même style baroque des transports Kalista et Calypso. En fait, le très sculptural Nausicaa est à peu de choses près un C8 mieux immunisé contre les vibrations parasites et les interférences électromagnétiques. Son filtre numérique est aussi un peu plus sophistiqué que celui embarqué dans le C8. Il ne gère par contre pas le DSD mais cette évolution du Nausicaa est prévue très prochainement pour lui donner a minima le même niveau de performance que le C8+.

 

En matière de transport numérique, Métronome Technologie offre également une gamme assez étendue de produits. Les drives T5, T6 et T8 embarquent tous une mécanique Philips CDM12 PRO modifiée avec une alimentation sophistiquée (le T8 proposant en option l'alimentation externe Elektra). Les transports Calypso et Kalista possèdent en standard une alimentation spécifique et pied tripode. Le Kalista reste chez Métronome Technologie une sorte de "Rolls Royce" de la platine CD, capable de rivaliser avec les meilleures platines vinyles.

 

Les plus accessibles lecteurs intégrés CD8 et "Le Player" partagent globalement les mêmes attributs, la version signature du CD8 embarquant une mécanique un peu plus sophistiquée ainsi qu'un étage de sortie à tube optionnel. Ces lecteurs sont également équipés d'une entrée numérique USB afin de les rendre plus versatiles.

 

 

 

 

 

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