Lumïn T1 streamer et L1 library

Lumïn L1

Arrivé à ce point de l’usage de du Lumïn je ne me posais finalement plus de question sur la qualité du son et il me paraissait que j’en avais pour la somme d’argent demandée, voire même un peu plus.

 

A droite le Lumïn L1 , à gauche l'alimentation du T1

 

Après avoir installé les logiciels serveurs adéquats sur mon NAS, il me restait à mettre en route la solution propriétaire du Lumïn L1.

Il s’agit d’une boite qui reprend l’aspect de l’alimentation externe du T1. Le coté extrêmement pratique de la chose est qu’elle s’utilise comme un disque dur externe. Un port spécial lui permet d’être reliée par USB à un ordinateur par exemple. Il suffit de charger des dossiers par l’USB puis de débrancher le L1 de ce port et de l’installer sur le routeur avec un câble réseau fourni.

Le serveur L1 est un logiciel dont Lumïn ne dit pas grand chose mais qu’on imagine être proche de Minimserver. L’architecture est selon Lumïn entièrement pensée pour l’Audio avec une réduction des autres taches pour le processeur. L’intérieur n’est pas accessible, il n’y a aucune ouïe de ventilation ni vis. La capacité est de 2To sur le modèle que j’ai reçu. 

Face arrière du Lumïn L1

L’usage stock me laissait présager peu de changement. En fait cela n’a pas été le cas.

Le Lumin T1 que je trouvais parfois un peu trop poli sur des passages rythmiquement complexes s’est soudainement secoué. Ce que m’apportait le L1 par rapport au NAS synology DS112+ avec Minimserver c’est une précision temporelle et une gradation des petits niveaux qui rendent le caractère joyeux et chantant de la musique.

Sur Sira de Ablaye Cissoko j’ai été choqué d’entendre combien le L1 libérait les musiciens de leur carcan et donnait un nouveau souffle plus épique à ce disque. La musique baroque y gagne beaucoup, mais les morceaux très mixés de Rap également.

La balance tonale est un peu plus mate donnant l’impression d’un léger troncage des aigus au départ. Sur des morceaux spécifiques il est pourtant difficile de dire qu’il y a un manque. Le medium est absolument identique et le grave garde cette tension qu’on lui connaissait. Difficile de dire d’où vient cette sensation de balance tonale mais cela donne un peu plus de chair et de densité encore. Finalement avec le L1 seuls les très bons enregistrements DSD parviennent encore à creuser l’écart vis à vis du PCM SD upsamplé en DSD. Ce qui est de l’ordre de la fluidité, de la mélodie que je trouvais plus réussies avec le DSD natif je le retrouve avec des enregistrements au fichier plus pauvre en terme de définition initiale. Oui il y a un peu plus de détails avec le DSD mais finalement cela n’apporte rien au discours de la musique et cela est un vrai choc pour moi.

A cable réseau d’entrée vers le routeur égal, cette différence persiste. Elle sera légèrement gommée après que j’aurai supprimé ou mis en sommeils des logiciels installés autour de Minimserver dans le NAS Synology. Je n’ai pas essayé d’autre NAS d’autre marque mais il me semble qu’il y a une différence qui mérite d’être vérifiée au risque de passer à coté de certaines capacités du T1. Pour celui qui ne serait pas équipé de NAS je recommande le L1 pour sa simplicité d’usage et pour le résultat final. 

Une source digitale de grande qualité. 

L’usage du Lumïn T1 en source digitale sur mon DAC Luxman DA07 Ultimate de référence s’est révélé très intéressant : je savais qu’il y a toujours à gagner sur la source en digital mais j’ai tout simplement redécouvert mon DAC Luxman.

Silence, profondeur des notes, richesse harmonique, macrodynamique et bande passante tout y gagne. A tel point que je suis venu à penser que la vraie plus value du Lumïn dans mon système était l’apport de sa sortie digitale de haute volée sur BNC. Le passage du DSD en PCM 24 bits est excellente et garde le caractère plein du DSD, la suavité du DAC Luxman en plus. La carte de réception et traitement/ upsampling  du signal est le point fort de cet appareil, on pourrait presque penser que la carte de conversion juste à coté est anecdotique tant elle s’appuie en quasi totalité sur les capacités intrinsèques de la puce Wolfson. L’annonce du lancement d’une version drive, Lumïn U1, basée sur la carte de réception et de resampling du Lumïn S1 avec des horloges encore plus stables et un processeur spécifique devrait donner des sueurs aux autres solutions de streamer. Lumïn fourni également une carte de réception à d’autres fabricants.    

En dehors du DSD pur direct dans le T1 j’ai souvent préféré la performance du Luxman en conversion alimenté par le Lumïn. Les seules cartes de sorties analogiques du Luxman en classe A ne tiendraient pas dans le boitier du T1 mais à plusieurs moments j’ai regretté que toute la réussite du Lumïn en matière de traitement digital ne soit pas mieux servie par une sortie analogique de plus haute qualité encore après la puce Wolfson. Une sortie active de haute volée rendrait l’appareil véritablement sensationnel.

La différence tient en ce que le signal paraît plus propre plus organisé mais aussi plus simple sur la sortie analogique du T1 quelque soit le format PCM et quelque soit l’upsampling réalisé. Ainsi en SD les voix ne sont pas aussi charnelles et vraiment incarnées, les masses orchestrales pas aussi denses, et l’immersion moins profonde sur le T1en sortie analogique que sur le combo T1 drive/ DA07. Des nuances sont perdues ou moins bien exposées avec le T1 et finalement la rigueur du résultat final ne fait pas toute la qualité. Personnellement en PCM il me semblait qu’il manquait 3 ou 4 bits de définition par moment.  En DSD les meilleurs enregistrements creusent toujours l’écart apportant une fluidité imparable et un frisson spécial. Je comprends ainsi mieux la sortie d’un appareil drive Pur comme le Lumïn U1. Si je n’ai pas eu la possibilité de comparer la sortie numérique du U1 à celle du T1, je peux assurer que cette dernière n’a rien d’une solution au rabais. 

 

les reglages de sortie

j'ai obtenu les meilleurs resultats en particulier dans les aigus en faisant les reglages de deemphasis et de filtre subsonic dsd desactivé et en reglant la profondeur de sortie sur 24 bits. Il se passe bien des choses dans le processeur de la carte de reception et je vous recommande de faire vos essais vous même pour verifier cela mais la diffèrence est clairement audible.  

Les écoutes 

PCM 44.1kHz 16bits

C’est une enregistrement live bien produit avec un placement un peu artificiel des instruments mais un retour de la salle bien rendu.

Sur le T1 la voix est bien tenue mais la chaleur du micro qui est presque au fond de la gorge ne dégage pas totalement l’intimité attendue. Les effets de salles sont très bons avec des plans arrières bien étagés et précis. La o le Luxman offre une sensation de salle plus floue mais systématiquement plus grande, large et chargée le T1 donne une version plus placée et distanciée. Les basses sont bien tenues avec le T1 peut être un peu trop par moment. Sur « Super Nana », les chœurs de la salle forment un mur sonore avec le Luxman alimenté par le T1, on ne se sent pas si enveloppé avec le T1 seul. Enfin les inflexions de voix de Jonasz qui en joue à chaque strophe, sont plus ternes même si elles paraissent plus propres. Il manque une certaine poésie et la mutinerie de Jonasz en souffre. 

 

 

DSD 64

Un enregistrement de référence clairement. En plus de l’usage de deux microphones différents pour les mêmes prises de son qui est un exercice réussi d’audiophile pure,  chacune des versions sur le Lumïn T1 emporte l’adhésion. A bon niveau les attaques de macrodynamique font sursauter. L’illusion d’un grand piano est vraiment réussie. Bravo Lumïn. Le passage vers le DAC Luxman pâtit d’une perte de définition légère mais surtout d’une perte de macrodynamique qui dans le cas d’un grand piano de concert est fortement préjudiciable. On touche là à ce que le meilleur du DSD peut apporter et il est difficilement égalable au travers du Lumïn T1. Mais pourquoi les enregistrements de pianos ne sont ils pas tous de cette trempe. 

 

 

DSD 64

Ce DSD à curieusement les mêmes saturations que le pressage vinyl récent que je possède. Au travers du Lumïn T1 direct on retrouve une organisation sans faille avec des montées dynamiques assez impressionnantes. La voix du chanteur est stable et chaque chose est à sa place, dans une perspective plus profonde que large. Utilisé en drive sur le Luxman DA07, une fois la phase du signal réglée j’ai pu retrouver cette perspective très large du vinyl et le coté grand studio où chaque source est enregistrée séparément mais en même temps dans le même environnement. Clairement cette sensation n’est pas aussi claire sur le T1 seul comme s’il manquait un peu de définition.

Je suis surpris de retrouver cette sensation sur le Luxman qui accepte la conversion depuis le DSD en PCM24 bits et pas autant sur le DSD natif. Ce qui est certain c’est que l’enregistrement lui même n’est pas à la hauteur du format. Néanmoins il se passe quelque chose dans les changements de format ou dans le traitement du signal qui m’échappe parfois avec cet appareil. 

 

 

PCM 44.1kHz 16bits

Enregistrement à deux harpes, l’une classique et l’autre de type Kora. Les compositions sont vraiment très réussies et la captation en SD offre beaucoup de fluidité et un bel équilibre entre les deux instruments.

Les gradations macro et microdynamiques font la plus grande partie du discours musical et sur ce point là le le Lumïn sort vainqueur. L’image très stable offre diverses nuances de pincement de corde et de résonnance de caisse sur la harpe classique qui échappent au dac Luxman. Là encore le transfert en DSD apporte une finesse et une coté un peu plus chaleureux qu’on ne retrouve pas avec l’upsampling PCM.

 

 

Conclusion

Lumïn T1, alimentation et Lumïn L1

En conclusion, j’ai trouvé beaucoup de plaisir à l usage de ces Lumïn T1 et L1. Ce que je retiens surtout c’est que la solution intégrée permet d’avoir accès au meilleur de la musique dématérialisée sans se prendre pour un ingénieur du MIT. Le tout est d’une facilité d’usage et d’un confort assez fascinant sans avoir un produit aux fonctionnalités réduites. Il s’agit d’une solution très puissante et qui offre une interface simple et intuitive. L’apport du L1 est loin d’être négligeable et si on n’a pas déjà un NAS déjà fonctionnel c’est une solution a regarder de près tant l’usage et l’association avec le T1 est simple et efficace.

Je dois dire que le streaming de DSD sur des beaux fichiers offre une qualité rare et vraiment difficile à surpasser à ce tarif. La simple partie drive est d’une qualité vraiment excellente et à ce tarif on serait déjà satisfait rien qu’avec cela.

Mais la partie DAC proposée possède des qualités inégales.

Je crois que la puce Wolfson fait un très bon travail en DSD mais disons que sa valeur en PCM n’est pas totalement au niveau du reste des excellentes prestations de l’appareil. Il s’agit d’une question de préférence personnelle pour une écoute plus immersive et impliquante. Là où le Lumïn propose une très belle scène distanciée, je préfère me trouver plus enveloppé et stimulé.  Quitte à faire de la mise en forme de bruit certains DAC anciens ou nouveaux proposent des offres sonores en PCM SD qui me parlent davantage. J’imagine qu’il  y a du y a voir des arbitrages lors de la conception sur l’utilisation cette puce Wolfson : pour en revenir au début de cet article le choix des puces de conversion est très  réduit de nos jours et pour l’ensemble des fonctions demandées sur le cahier des charges du Lumïn il n’y a pas du y avoir bagarre. La comparaison avec le Lumïn S1 utilisant les Puces ESS Sabre donne un autre aperçu de ce que peut faire une autre carte Dac dans le même d’appareil. La proposition sonore est moins colorée, plus enjoué et garde encore une certaine distance avec l’auditeur comme avec le T1. Mais voilà, au tiers du prix du S1 le T1 me paraît vraiment une belle affaire et peut être le meilleur rapport qualité prix de la gamme.

 

En ce qui me concerne j’ai vraiment trouvé un produit qui répond à mes attentes : Profiter avec une excellente qualité des meilleurs fichiers DSD.

Piloter avec aisance et plaisir une large collection de fichiers venus de plusieurs sources NAS et Lumïn L1.

Offrir un flux numérique de première qualité à mon vieux DAC adoré et lui faire connaître une nouvelle jeunesse. J’utilise souvent le Luxman en SD et le T1 lors de la lecture DSD.

Passer des radios numériques à la volée sur mon système.

 

A la façon des meilleurs produits Apple qui ont changé nos usages, la solution intégrée Lumïn a défini un nouveau standard, maintenant mature, pour la musique dématérialisée et il est impossible de revenir en arrière une fois qu’on l’a essayé.

 

Jean-Marc Villafranca, Février 2016

 

Formats audio:

DSD LOSSLESS:

DSF (DSD), DIFF (DSD), DoP (DSD)

PCM LOSSLESS:

FLAC, Apple Lossless (ALAC), WAV, AIFF

COMPRESSED (LOSSY) AUDIO:

MP3, AAC (in M4A container)

 

Résolution:

PCM, 44.1kHz - 384kHz, 16 - 32bit, Stereo

DSD, 2.8MHz, 1bit, Stereo

UPSAMPLING RATES & BIT DEPTHS:

DSD upsampling option for all files up to 96kHz

 

Entrées:

Ethernet Network 100Base-T

USB storage, flash drive, USB hard disk (Single-partition FAT32, NTFS and EXT2/3 only)

 

Sorties:

ANALOG AUDIO:

XLR balanced, 4Vrms, pin 2 Hot

RCA unbalanced, 2Vrms

DIGITAL AUDIO:

BNC SPDIF:

PCM 44.1kHz-192kHz, 16-24bit

DSD (DoP, DSD over PCM) 2.8MHz, 1bit

 

Matériel Associé

iPhone 6s, iPad 2, NAS Synology DS112+, DAC Luxman Ultimate series DA-07,

Préampli Luxman Control amplifier c-800f, préampli Kenwood 700C Suprême modifié, Ampli JMF Audio HQS 6002,

Cables de modulation et enceinte Naturelle Audio et Grimm audio TPR, Cable numérique BNC TVC audio, Cable USB TotalDac D1, Enceintes Sony SS-A5 La Voce première série.

Stands faits sur mesure en multipli de bouleau finlandais.

 

Prix indicatif: 5000 € 

site web: www.luminmusic.com

 

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