Lumïn T1 streamer et L1 library

L’objet de cette revue est le lecteur réseau Lumïn T1 et le serveur L1.

 

Pour cela je détaillerai le lecteur T1 dans une première partie et comment j’ai réussi à le faire fonctionner. Oui parce que j’y suis arrivé tout seul ou presque ce qui représente une marche significative dans l’utilisation de ce genre de matériel et une excellente nouvelle pour les nombreux handicapés de l’informatique comme moi ou encore ceux qui se complaisent à penser que ce coté old school leur va si bien.

A tous ceux qui refusent de passer des heures sur les forums à lire des tutoriels ou à charger des applications qui sont censées aider à la mise en route d’autre applications mal fichues ou pas assez bien pensées pour s’installer toutes seules, je le dis : Lumïn a la solution à votre problème.  

Ensuite je mettrai le serveur dédié Lumïn L1 (L pour Library) dans le système pour connaître ses capacités sur le son final et son degré d’intégration au reste de la chaine de traitement numérique.

Pour finir j’utiliserai la sortie numèrique du T1 pour alimenter mon DAC millesimé 1990 Luxman DA07 ultimate. 

 

Lumïn T1
T1 resampling vers DSD

Lumïn T1

Il s’agit d’une déclinaison économique du Lumin A1, qui reprend les mêmes caractéristiques techniques et la même alimentation externe. On retrouve les deux mêmes cartes du A1 visées sur des entretoises dans le fond d’un boitier en tole d’aluminium. Là où l’ouverture du A1 nous laisse voir la partie noble de ces cartes avec les composants actifs comme le DSP les convertisseurs Wolfson WM8741 et les composants passifs comme les transformateurs de sortie blindés LL7401 de chez Lundhal, en ouvrant le T1 les cartes nous sont présentées à l’envers. Elles nous cachent leurs jolis composants et il faut tout démonter si on veut y avoir accès. Le châssis taillé dans la masse du A1 fait place à un châssis beaucoup plus simple de toles pliées ou extrudées d’aluminium et une façade minimaliste dans laquelle s’incruste le même afficheur turquoise du A1 ou du S1.

Les cartes qui sont isolées l’une de l’autre dans des cavités distinctes, taillées dans le bloc du A1 sont ici cote à cote sans séparation métallique. Est ce que le bruyant DSP de la carte de réception digitale gène la carte de conversion juste à coté dans le T1 ? Dans un monde pragmatique surement pas beaucoup, dans le monde audiophile une petite séparation galvanique peut être un argument.

Alors c’est sur à coté du A1 le T1 fait plus banal, sur la balance aussi il ne fait pas le poids avec 2 kg contre 8kg pour le A1. Une question est : le A1 est il une version extrémiste du normal T1, ou le T1 une version allégée du standard A1 ? Je n’ai pas pu les rassembler pour une comparaison point par point et j’ai du faire appel à ma mémoire pour cela. Je sais que les audiophiles voudront savoir si le A1 mérite son surcout et pour quel résultat ? Mais la revue se concentrera sur ce lecteur T1 et sur valeur intrinsèque, je n’ai jamais vraiment aimé le jeu des comparaisons directes. 

le T1 ouvert
Le A1 ouvert

Premières surprise une fois l’application Lumïn chargée sur mon iPad : mon réseau et le disque dur Synology DS112+ qui me sert de serveur sont reconnus, ainsi que l’application serveur « Squeezebox server » qui opérait jusque là. Il faut moins d’une heure pour récupérer tous les tags sur l’application des plus de 2,5Tb de musique du disque dur. Tout fonctionne les pochettes les différents formats SD ou HD, même le DSD est transmis. Sans presque rien faire il est possible d’avoir de la musique en une heure depuis le déballage de l’appareil du carton. Mes premières impressions sont plutôt bonnes mais si je retrouve certaines sensations d’écoutes du A1, certains paramètres manquent. La scène sonore en particulier est plate.

Je décide de laisser une période de rodage de 40 heures environ. Ceci me paraît d’autant plus important que des composants passifs critiques sont dans le chemin du signal, les transformateurs de sortie blindés LL7401 de chez Lundhal.

Je me penche aussi dans le menu du Lumïn. Les possibilités d’upsampling sont diverses. Le PCM peut être upsamplé dans un multiple de la fréquence native du fichier ou en DSD. Je dois dire que je n’attendais pas autant de choix de cet appareil et que je sous estimais le résultat de cette fonctionnalité. Mon expérience passée avec l’Upsampling, limitée au PCM, n’avait pas été très concluante. Le bénéfice ressenti est souvent inconstant, limité à certains paramètres et le choix de le faire se posait comme un arbitrage entre ce que cette technique paraissait apporter en terme de gain sur certains paramètres et de perte sur d’autres. Le gain sur certaines fréquences en particulier pouvait avoir un aspect artificiel et répétitif avec certains appareils.

Ici on se retrouve à faire certains de ces arbitrages en ce qui concerne le PCM SD. Le gain apparent se limite à un grain plus fin et peut être un peut plus de filé sur les notes si on upsample en PCM 2x ou 4x. Il semble que certaines duretés soient encore présentes mais atténuées, les timbres sont assez superposables à la version non upsamplée.

Par curiosité je choisi de faire l’upsampling en DSD. Là je dois dire que j’ai été surpris du résultat sur les timbres qui sont constamment plus denses, tendant un peu vers le sombre (Je crois que c’est une caractéristique de tous les Lumïn utilisant la puce Wolfson) et sur la sensation de micro-détails tous bien intégrés comme des petites réverbérations et une plus grande richesse harmonique. Le son est également plus doux plus fluide. Il est curieux de retrouver ces mêmes attributs sur les fichiers nativement DSD. Il faut croire que les filtrages numériques de la puce dans le mode DSD sont très spécifiques, en tous les cas le résultat est si différent du PCM quelque soit l’échantillonnage initial qu’on se demande s’il n’y aurait pas une deuxième carte de conversion cachée dans l’appareil.

Le coté plein et plus organique du rendu DSD est très agréable, même depuis un simple fichier 44.1kHz. Initialement, le coté Dark side de la conversion vers DSD me posait quelques questions, puis au fur et à mesure de l’usage cette sensation s’est estompée tournant vers une restitution plus lumineuse. J’imagine que mon rodage initial de 40 heures était insuffisant et aujourd’hui je pense qu’il faut 80 à 100 heures de rodage pour comprendre le caractère du Lumïn T1.

A compter de ce moment j’ai systématiquement upsamplé vers DSD les fichiers PCM. Ceci est possible de PCM 44.1kHz à 96kHz. Au delà  cette fonction n’est pas supportée par le Lumïn T1. Ceci dit cela représente une grande quantité de fichiers et le gain pour ces fichiers est vraiment loin d’être négligeable.

 

Autre paramètre de réglage, le gain de la sortie analogique. La aussi j’ai laissé au départ le réglage de la sortie par défaut « gain élevé ». Je n’ai pas trouvé au départ la dynamique très impressionnante. Et sur les conseils de notre rédacteur en chef j’ai essayé la position « gain faible ». Là aussi quel changement. D’un message plutôt monotone on passe sur mon système à une gradation dynamique bien plus intéressante en ce qui concerne la macro dynamique plus particulièrement.

 

Voilà en deux petites modifications du menu dans l’iPad de quoi redonner des couleurs aux fichiers SD. Je dois dire que le gain qualitatif ressenti sur de modestes fichiers équivaut largement à changer de préampli ou d’ampli.

 

Le DSD natif est à un autre niveau mais il partage les attributs des fichiers PCM upsamplés en DSD. Une certaine douceur générale qui ne doit pas être confondu avec de la mollesse, un coté très légèrement dark side, des timbres bien incarnés. Mais en terme de définition générale le pas est franchi par rapport à la SD. C’est vraiment le point fort de l ‘appareil. 

Lumïn T1 avec son alimentation

La progression lors de mon essai ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Je devais encore mettre en œuvre Minimserver, le serveur dédié audio open-source recommandé par Lumïn. Par rapport à ce qui est écrit sur notre site je dois faire un commentaire et une rectification. Ce n’est pas si compliqué que cela mais il faut une certaine ténacité tout de même. Soit une heure et quart d’effort avec l’aide d’un ami informaticien.

Mon NAS Synology DS112+ nécessite en effet l’installation d’une version de Java particulière pour pouvoir faire fonctionner Minimserver, faute à son processeur ARM. Pour cela il faut aller sur le site d’Oracle dont la présentation à cet endroit a tout pour rebuter le néophyte. Il faut créer un compte et télécharger la bonne version de java pour son processeur. Enfin il faut ouvrir le paquet d’installation dans le NAS. Puis installer Minimserver.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’il existe des paquets d’installation de Minimserver pour les versions les plus récentes de NAS Synology directement visibles dans le centre logiciel du NAS. Bravo à Synology de supporter ce serveur Audio et d’éviter aux utilisateurs de leurs plus récents produits d’avoir à faire la procédure par laquelle je suis passé.

 

Effectivement ce Minimserver est une valeur ajoutée pour la musique. Enfin les caractéristiques que je connaissais bien du Lumïn A1 sont présentes sur le T1, à savoir, une image sonore très stable et précise qui s’étale en trapèze en arrière du plan des enceintes. Cette scène est très profonde sur certains enregistrements et rend aussi plutôt bien la hauteur des images sonores.

On obtient un gain en fluidité assez net si je compare avec le Squeezebox server. Enfin j’ai eu quelques plantages avec le Squeezebox server et vraiment très peu avec le Minimserver.

En ce qui concerne les timbres ils sont un peu plus doux avec le Minimserver et j’ai eu l’impression d’une plus grande transparence générale, particulièrement en PCM.

Sans être aussi suave que mon DAC Luxman D07 Ultimate, l’ensemble Minimserver et Lumïn T1 à un coté assez facile à écouter, un grand nombre de fichiers parfois difficiles à passer ou peu agréables se laissent écouter finalement. Peut être il y a une légère emphase sur le bas medium ce qui apporte ce coté Pullman, passe partout, à l’aise avec beaucoup de styles de musique. Si ce caractère n’est pas le signe d’une probité absolue, je dois dire qu’un peu d’embellissement ne nuit guère. Et sauf à le comparer avec des lecteurs ou DAC particulièrement difficiles sur la qualité des fichiers, on n’a jamais l’impression d’une euphonie. C’est à mon avis un vrai tour de force et j’en suis vite venu à penser que « Easy listening » n’est pas un gros mot. Je pense que cela est un avantage pour celui qui ferait progresser son système autour de cet appareil car il y prendrai un plaisir immédiat et ne serait surement pas déçu après plusieurs étapes d’améliorations.

Voilà un appareil qui saura trouver sa place dans un grand nombre d’installations et qui saura se faire apprécier. Je trouve que cela est un très bon retour sur investissement.

Les voix sont très agréables et incarnées avec une présence solide entre les enceintes. Il est difficile de débusquer une tricherie sur les timbres de voix, peut être on garde encore un peu de sècheresse vis a vis de source plus souple en PCM mais en DSD c’est assez imparable. Les modulations fines et les phrasés subtils sont très bien retranscrits. C’est pour moi l’apanage de la HD que de faire passer ces subtilités de niveaux.

Le DSD natif garde encore une avance en ce qui concerne le coté organique de la représentation. C’est plus dense et présent que le PCM et avec une absence totale de brillance. Je suis très sensible à ces brillances qui ne se retrouvent que dans l’audionumérique. Le changement de filtre DSD bande passante dans les paramètres du Lumïn sont pour moi sans conséquence sur la balance tonale. Et si cela devait faire osciller mes électroniques en aval je n’en ai rien ressenti.

 

Lumïn T1 et Luxman DA07 ultimate

A la une...

A suivre...

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© AUDIOPHILE MAGAZINE