Lumïn T1 streamer et L1 library (1/3)

Tous ceux qui on pu lire mes articles précédents, savent que je ne suis pas un adopteur de technologie de la première heure (early adopter)

J’aime garder des éléments qu’on qualifierait de vintage car je trouve qu’ils leur restent une certaine magie à défaut d’être des modèles de vertu. Tout ceux qui ont pu écouter un DAC AudioNote ou Kondo haut de gamme savent de quoi je veux parler.

Pour les autres, vous comprendrez très bien la suite sans avoir lu toute ma prose 

 

DAC Kondo KSL

Une petite histoire

Selon moi, les avancées de l’audionumérique ces vingt cinq dernières années tiennent en plusieurs éléments :

De meilleurs circuits intégrés de décodage prenant en charge des signaux HD, même si le choix des technologies disponibles s’est réduit avec le temps au profit des puces delta sigma.

Des puces capables de convertir les informations numériques mais aussi de proposer des filtrages numériques sophistiqués sur le même circuit intégré.

Des horloges plus précises et surtout  très stables sur de courtes périodes.

De meilleurs circuits de synchronisation d’horloge entre le système de lecture et la partie de décodage.

Enfin une prise en compte de la topologie du circuit général sur des circuits imprimés de plus en plus petits limitant ainsi la longueur du trajet d’informations sensibles. La norme du protocole I2S par exemple retient une longueur maximale de 2cm environ pour une transmission adéquate.

 

Comme pour toute technologie, certains pionniers avaient vu juste il y a plus de 20 ans mais leurs idées ont été bridées par la technologie de l’époque. En effet dire que le jitter est un problème il y a 25 ans nécessite des capacités de mesure et des technologies d’horloges qui n’étaient pas encore au point à ce moment là pour vérifier les véritables bienfaits d’une horloge de haute précision sur la musique. 

 

En 1990 Robert Harley de Stereophile écrivait : « This is an exciting time to witness digital audio's evolution. We are on the verge of identifying and understanding the subtle mechanisms that affect the digital musical experience. We may one day look back on today's digital audio quality the way we now look at a 1950s-era black-and-white television, considered a miracle of technology in its day. Only by realizing digital audio's flaws can real improvement be made.

"All our knowledge brings us nearer to our ignorance."

 

«  C’est une période excitante pour témoigner de l’évolution de l’audionumérique. Nous sommes sur le point d’identifier et de comprendre les mécanismes  subtils qui affectent l’expérience musicale digitale.  Un jour peut être nous regarderons la qualité de l’audionumérique de la même manière que nous regardons la télévision en noir et blanc des années 50, considérée en son temps comme un miracle de technologie. C’est seulement quand nous aurons compris les tares de l’audionumérique que de véritables progrès pourront être faits.

Tout notre savoir nous rapproche de notre ignorance. »

 

Je suis un grand fan de cette dernière phrase que l’on pourrait appliquer à bien des sciences dont le périmètre ne cesse de croitre au fur a mesure de nos découvertes. C’est à dire toutes les sciences à l’exception des sciences humaines… 

 

 

Stéréophile couverture de mai 1990

Vers 2005, l’audionumérique a connu un tournant. On se trouvait à ce moment à l’apogée des lecteurs audionumeriques intégrés qu’ils soient red book ou SACD. Cela marque aussi le début de la disparition de grands acteurs sur ce marche du lecteur audio intégré comme Pioneer ou Philips/Marantz et Sony. C’est aussi le chant du cygne de ces grands fabricants de composants ou d’organes de lecture pour lecteur numériques audio. Il s’est agit alors pour ces marques de se positionner sur des lecteurs vidéos multimédias, qui connaitront la même usure que les lecteurs audio après 2010.

Le DAC est devenu vers 2005 la pièce essentielle de toute bonne installation, sorte de HUB numérique sensé collecter les informations de sources diverses.

Puis en lieu et place d’un Drive disque, des solutions tirées de l’informatique ont essayé de fournir à ces DACs la « substantifique moelle » du fichier numérique.

Et c’est là que tout s’est compliqué.

Les « early adopters » ont défriché les moyens d’y parvenir au mieux en multipliant les types de liaisons numériques (HDMI,  USB) ou audionumériques afin de faire d’un fichier brut de données, un fichier lisible par un dac sous un format reconnu par celui ci (SP/dif, AES/EBU, I2S) générant pléthore de transcodeur/adaptateur et autres boites.

Cela n’a eu pour effet de que rendre le trajet plus long et des obstacles d’un nouveau genre sont venus gêner l’écoulement de l’information.

Là ou les quasi défunts lecteurs intégrés avaient réussis, résultats d’une logique de fabrication industrielle et d’intégrations de composants,  on assistait à la remise à plat de toute une architecture connue et raffinée depuis plus de 20 ans. Il est clair que la technologie de la partie Dac est arrivée maintenant à un très bon niveau de qualité et finalement ce sont toujours un peu les mêmes puces d’un appareil à un autre sans que cela génère plus d’anxiété chez les audiophiles. Mais les diverses liaisons entre le disque dur ou autre type de mémoire solide vers l’entrée du DAC ont soulevé bien des interrogations, et de nouveaux problèmes. voir ici

La prise en compte de certains phénomènes propres à ces liaisons là, les perturbations electromagnétiques (EMI/RFI) ou problèmes des circuits de synchronisation sont venus (revenus ?) s’inviter dans la musique digitale.

De 2005 à 2010 le choix d’un lecteur intégré haut de gamme avec SACD et entrée numérique était finalement encore un choix raisonnable et pragmatique pour un amateur avec une collection de CD et SACD. 

 

Lumïn A1

Lumïn un nouveau phenomène de concentration

Le phénomène de concentration des techniques dans une seule boite est réapparu dans les années 2009-2010.

Le contenu pouvait varier grandement, de la vortex box, au mini ordinateur sous windows. Finalement le streamer porté par des serveurs informatiques fiables installés sur des NAS représente l’aboutissement de la technique actuelle. Et s’il partage encore les rayons des e-magasins avec des solutions plus alambiquées comme les pc et vortex box, il apparaît depuis 3à4 ans comme le modèle montant de la solution intégrée audionumérique.

 

Après le succès fulgurant du Lumïn A1, en 2013, revu ici par notre éditeur en chef Joël Chevassus pour Audiophile Magazine, et comme c’est bien trop souvent le cas dans le domaine de la Hifi, il est difficile de prédire l’avenir. Une compagnie chinoise, Pixel Magic,  certes bien établie dans le domaine du traitement vidéo qui se lance dans les lecteurs réseau aurait pu laisser son système en jachère et se contenter de ce succès initial.

Mais depuis 3 ans maintenant, nous avons pu voir les efforts constants de Lumïn Audio pour décliner sa gamme, la rendre cohérente d’un point de vu marketing et surtout pour ne jamais rechigner à la tache en ce qui concerne la partie software.

L’offre a pour but de compléter le modèle initial A1 par un modèle plus haut de gamme, le Lumïn S1 et par deux déclinaisons du A1 plus accessibles financièrement, le T1 et le D1. 

Lumïn D1
Lumïn S1

On retiendra que ces appareils partagent la même finalité : lire des fichiers par le biais d’un réseau informatique avec des capacité de décodage haute résolution PCM jusqu’à 32bit/384kHz et le DSD 64. On rajoutera le DSD128 pour le S1. Cela veut dire qu’à l’exception DSD 128, le D1 opère les mêmes fonctions que le S1 et cela est plutôt un argument rassurant pour celui qui investi dans un tel produit. Les différences sont d’ordre techniques avec des fonctions secondaires amputés pour le D1 comme la sortie DSD sur HDMI par exemple, ou un boitier simplifié pour le T1 par rapport au A1.

En fait le T1 est un A1 dans un boitier plus simple. 

 

Au niveau software, l’application Lumïn sur iPad a réussi à devenir une sorte de standard à l’aune duquel on juge les autres applications. Elle est rapide, intuitive, puissante et jolie à l’œil. Surtout les nouvelles fonctions sont toujours bien intégrées, la dernière en date étant l’arrivée de Tidal dans l’application.

Cette application en plus d’être souvent mise à jour pour le meilleur, est compatible avec d’autre lecteurs réseau sans aucune difficulté et a le mérite d’être gratuite.

C’est à mon avis la grande valeur ajoutée de Lumïn que d’avoir réussi à être aussi simple d’utilisation.

Lumïn app sur iPhone 6s

Pour mettre la dernière pierre à l’édifice Lumïn a lancé à l’automne 2014 une boite qui fait office de disque de stockage + serveur, le Lumïn L1. On se retrouve avec un écosystème complet du serveur jusqu’à l’entrée de votre ampli. A la fois ouvert car le Lumïn est capable de marcher avec une autre application pour le contrôle du serveur. Pourquoi pas si vous voulez moins bien ou si vous n’aviez que des objets sous Androïd. Car oui le développement de l’application Lumïn sous Androïd fut une sorte d’ « Arlésienne » chinoise. Et puis miracle en novembre 2015 la sortie de l’application Lumïn pour Androïd est arrivée.  Enfin le 22 decembre 2015, alors que je pestai de ne pas trouver l’iPad familial j’ai eu le bonheur de découvrir l’application pour Iphone Lumïn. Et quelle réussite là aussi, on retrouve toutes les fonctionnalités de l’application pour iPad mais avec un ensemble de 3 écrans que l’on change par glissement on a accès à la pochette, ou à la playlist ou encore au repertoire du serveur, par écran. Ce qui rend la lecture moins touffue que pour l’iPad et j’avoue ne plus utiliser que mon iPhone 6s pour piloter le T1.

 

Finalement cette absence initiale d’application pour Androïd n’a pas été un frein à l’expansion de la marque et peut être valait il mieux une application iPad réussie et fonctionnelle, gratuite et opérante avec d’autre serveurs ou streamers que deux applications bancales. Ce qui est sur c’est que cette application est un succès et finalement a surement fait plus pour la marque et sa notoriété que bien des publicités.

On peut aussi se pencher sur l’exemple inverse de Linn pour qui l’application propriétaire de contrôle s’est avérée un fardeau pour la vente du hardware et pour la notoriété de la marque.

Les développeurs de Lumïn on su, à mon avis, bien placer leurs efforts pour améliorer l’expérience utilisateur, là où les autres n’ont pas été aussi attentifs. Bravo !

 

La seule chose dont vous avez encore besoin est un routeur ethernet capable de recevoir le WiFi pour contrôler le serveur avec votre tablette ou votre smartphone. 

 

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