Lawrence Audio Double Bass (1/3)

      

 

 

La “Double Bass” (contrebasse) est le nouveau sommet dans la gamme des instruments à cordes chez le constructeur taïwanais Lawrence Audio.

Cette ligne d’enceintes reprenant la forme d’instruments à cordes comprend ainsi dorénavant les « Mandolins », les « Violins » (que nous avons pu tester l’an passé), les « Cellos » (violoncelles) et les « Double Bass ». Toutes ces enceintes ont la caractéristique d’avoir une base imposante, des angles saillants et un front assez étroit. Ces représentations très cubistes d’instruments à cordes ont permis d’asseoir la notoriété de l’entreprise de Lawrence Liao en dehors de l’Asie, ce, en premier lieu, grâce à une identité visuelle très forte. Et par rapport à d’autres manufacturiers ayant le même attrait pour les lignes angulaires et dissymétriques, comme Avalon par exemple, Lawrence Audio a su développer un vrai style artistique et une vraie identité. Cela est somme toute plutôt bon signe pour un acteur aussi récent dans le marché de l’enceinte haut de gamme…

 

Le travail du bois reste également emprunt d’une touche purement asiatique, et s’inscrit comme un juste compromis entre élégance et sobriété. Au niveau de prix revendiqué par la Double Bass, certains préféreront la rondeur et le classicisme d’une B&W 800 Di, ou bien l’extravagance métallique d’une Wilson Audio. Mais on doit reconnaître à ces nouvelles venues une personnalité bien affirmée, ainsi qu'une sophistication qui rivalise aisément avec d’autres ténors occidentaux vendus à des prix équivalents.

 

Christian McBride, Contrebassiste de Jazz.

 

La Contrebasse est également un symbole d’universalité. En effet, cet instrument est utilisé dans des genres musicaux très variés, et plus particulièrement en musique classique, jazz, folk et rock & roll.

Plus prosaïquement, la contrebasse est synonyme de basses fréquences, conférant de ce fait le statut d’enceintes full range à mes nouvelles invitées. D’un point de vue sémantique, le nom « contrebasse » fait allusion à la contre octave située juste en dessous de la dernière octave jouée par le violoncelle, appelée également octave de 16 pieds en référence aux flûtes des orgues d’église capable de jouer ces fréquences. La note la plus basse jouée par une contrebasse à 4 cordes est un mi à environ 41 Hz et un do à 33 Hz dans le cas d’une contrebasse à cinq cordes. On se situe là une octave au-dessus des limites imposées par l’oreille humaine.

La plupart des compositions faisant appel à l’emploi d’une contrebasse cantonnent généralement celle-ci à une plage de deux octaves. Quelques exceptions comme le Carmina Burana de Carl Orff font travailler l’instrument au-delà. En jazz, les chorus de contrebasse peuvent également amener certains virtuoses jusqu’à des niveaux de fréquence très élevés via des harmoniques naturelles ou artificielles.

Mais en dehors de cette symbolique du registre grave communément attribuée à la contrebasse, cette dernière représente aussi un des fondamentaux du rythme et vient sculpter la musique de façon évidente et particulièrement dans l’univers du jazz et du blues.

 

Est-ce que la Double Bass de Lawrence Audio est supposée reprendre tous ces attributs dans le cadre de son rôle de transducteur sonore ? Nous essaierons d’y répondre un peu plus loin dans cet article.  

 

 

De gauche à droite : Lawrence Liao, Angela Yang, Srajan Ebaen (6moons), Joël Chevassus (AM).

 

En attendant, revenons à l’enceinte elle-même et non à ce qu’évoque son nom de baptême…

Bien que la « Double Bass » est un air de famille évident avec les autres enceintes qui l’ont précédée dans la ligne des instruments à cordes de Lawrence Audio, cette dernière introduit une nouvelle typologie de haut-parleurs et un tweeter positionné à l'arrière, permettant une meilleure dispersion des aigus. Ces enceintes boxent également dans une toute autre catégorie avec une charge et une masse peu comparables aux « Violins » que nous avions testées.

Compte tenu de leur laque piano impeccable, de leur forme angulaire complexe, et de leur poids respectable, cela a été une vraie gageure de les transporter dans ma salle du 1er étage. Au moment même où j’écris ces lignes, je ne sais pas comment se déroulera le voyage retour vers le rez-de-chaussée mais la profondeur de ces enceintes les rend vraiment compliquées à bouger. Les caisses de transport sont encore plus imposantes que les enceintes elles-mêmes et doublent le poids de l’attelage, donc autant ne pas compter dessus pour faciliter la manutention…

 

La première fois que j’ai pu auditionner les Double Bass, c’était au salon de Munich au mois de mai 2014, dans une pièce aux dimensions réduites du rez-de-chaussée du MOC (Palais des Expositions de Munich). Les enceintes étaient associées à un lecteur DCS Puccini et une amplification Avantgarde XA. Ce système marchait plutôt bien compte tenu de la taille de la pièce d’écoute, ce qui n’est finalement pas rare au MOC. Je pense que ces auditoriums des deux halls principaux réservent souvent de bonnes surprises en compensant leur faible surface par l’absence de baies vitrées (ce qui n'est pas le cas dans les étages supérieurs). Je suis aussi d’avis que les amplificateurs Avantgarde ont également impacté positivement le résultat. Ils m’ont toujours fait très bonne impression quelles que soient les enceintes associées. Ils font d’ailleurs partie des rares amplis qui suscitent mon intérêt et qui s’inscrivent naturellement sur la liste des bancs d’essais que je souhaiterais réaliser un jour. Aussi, j’ai trouvé que ce choix d’électroniques était plus pertinent que celui de Jeff Rowland lors de l’avant dernière édition du Munich High End. Et cette démonstration s’est tout logiquement soldée par l’engagement de réaliser un banc d’essai de ces toutes nouvelles enceintes…

 

 

 

A l’instar de l’instrument de musique, la "Double Bass" a des proportions sensiblement différentes des Violins et Cellos. Elle est proportionnellement plus profonde et la distance entre le sommet du coffret et le point le plus avancé vers l'arrière est plus importante que chez ses deux petites sœurs.

Ma paire d'enceintes est arrivée tout droit du salon de Munich à l'intérieur de deux énormes caisses en bois de type indestructible. Le premier challenge a été de les transporter du camion de livraison jusqu'au rez-de-chaussée, même avec un transpalette et un diable solide. Ce sont les plus grosses caisses que j'ai jamais reçues chez moi. Elles pèsent chacune 55 kg à vide et 110 Kg pleine. Aucun doute donc sur le niveau de protection offert par Lawrence Audio durant l'acheminement de ces enceintes. Le problème du stockage de telles caisses se posera par contre si vous souhaitez les conserver : autant prévoir un peu de place dans son garage...

 

Une fois rentrées à l'intérieur, il était évident que porter les caisses au premier étage relevait du suicide lombaire ! Pas d'autre solutions alors que de sortir les enceintes de leur caisse (grâce à un très astucieux plateau monté sur roulettes) et de les passer par les escaliers. La tâche ne fut pas aisée pour autant. La surface angulaire, profonde de surcroît, ne laisse pas beaucoup de prise pour les maintenir fermement. Les HP apparents ne mettent également pas en confiance même si les rubans sont protégés par une grille...

Bref, une fois que les "Double Bass" sont en place, c'est déjà un grand soulagement et les mettre en œuvre dans ma pièce est finalement plus dans mes cordes que le travail de déménageur !

 

La « Double Bass » est une structure de MDF faite de trois parties distinctes et isolées l'une des autres. Contrairement aux autres modèles, la finition standard de l'enceinte est une laque piano noire de belle qualité et non pas un placage de bois exotique.

La face avant est partiellement couverte d'un panneau en composite qui est utilisé sur les autres modèles de la ligne des instruments à cordes, et qui sert à fixer les haut parleurs et rigidiifier l'ensemble. Afin de renforcer l'identité visuelle de l'instrument de musique, sept tranchées symbolisant des cordes relient le bas médium au woofer. 4 ou 5 cordes auraient été peut être un nombre plus cohérent mais l'esthétique ou la superstition ont sans doute primé lors de la conception de la face avant des Lawrence Audio...

 

Comme pour les enceintes Avalon, les formes polygonales, les angles saillants et un front relativement étroit sont utilisés pour limiter au maximum la diffraction et les ondes stationnaires. Le haut de l'enceinte évoque également le manche de l'instrument et allège l'impact visuel de cette grosse enceinte full range. L'apparence de la "Double Bass" s'impose néanmoins, avec un style bien prononcé, en tant qu'objet d'art à part entière. Cette disgression cubiste ne se fondra pas dans le décor de votre salon, mais reste finalement très acceptable au demeurant vu la taille de l'objet. Une Wilson ou une Focal ne seront en tout cas pas moins intrusives...

La finition laquée confère d'ailleurs une certaine élégance à l'objet et sa géométrie angulaires (ou son absence de surfaces planes) la rend assez insensible à la poussière. Reste que cette masse noire est plutôt compliquée à photographier, mais ce sont là les problèmes du chroniqueur...

 

 

A la une...

A suivre...

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© AUDIOPHILE MAGAZINE