HIGH FIDELITY CABLES CT-1 et CT-1E (1/3)

   

 

La conduction magnétique... encore un nouvel Éden aux pays magique des câbles audiophiles !

Plus concrètement, la conduction magnétique est un brevet pour le transfert des signaux analogiques et numériques déposé par Rick Schultz, ex patron de Virtual Dynamics et fondateur d’une nouvelle société nommée High Fidelity Cables.

Cette technologie de conduction magnétique est présentée comme une réelle innovation, bien que rien de très étrange finalement ne soit mis en œuvre. Le principe de fonctionnement réside dans l’utilisation d’aimants permettant de renforcer la transmission du signal à travers un conducteur magnétiquement perméable et réalisé à partir d’un alliage spécifique, différent des conventionnelles fabrications à base de cuivre ou d’argent, et qui s’apparenterait au mu-métal. Relié aux connecteurs, le conducteur se charge à la fois électriquement et magnétiquement. Ceci dit, comme bon nombre d’avancées mirifiques en termes de conduction des signaux audio, le fabricant reste relativement discret sur les recettes employées, même si les principes de fonctionnement sont clairement dévoilés. On supposera que les secrets de fabrication doivent forcément rester secrets, surtout compte tenu des prix auxquels sont vendus ces câbles… Comme disait le regretté Bourvil dans Le Mur de l’Atlantique, « keep your secret secret… »

 

 

La technologie de Conduction Magnétique (brevet “Magnetically Enhanced Electrical Signal Conduction Apparatus and Methods”) représente néanmoins une méthode assez originale, puisque peu usitée jusqu’à présent, de transfert des signaux audio, ceux-ci voyageant par ailleurs continuellement au sein d’un champ magnétique. La Conduction Magnétique est en fait censée renforcer la force magnétique et électrique, en alignant les pôles magnétiques à chaque extrémité du câble et dirigeant le signal à travers le conducteur. Le champ magnétique servirait ainsi à forcer le signal à adhérer au conducteur en minimisant les trajectoires aléatoires que peuvent emprunter les électrons en périphérie de celui-ci tout au long de leur trajet. Cela a pour effet de diminuer la résistance du câble, et donc d’abaisser le niveau de distorsion. La charge magnétique des connecteurs métalliques permettrait aussi de limiter les courants de Foucault (suivant une direction opposée au courant principal) et donc de diriger plus efficacement le signal à travers le conducteur.

 

Ce n’est semble-t-il pas l’approche la plus farfelue qu’on a pu recenser parmi les techniques de transmission des signaux audio. Les tentatives exotiques d’emploi de fibre de carbone, de fibre optique ou bien encore de liquide ont déjà été explorées par ailleurs sans grand succès. L’industrie du câble audio est en effet restée majoritairement axée sur la géométrie des métaux conducteurs conventionnels comme le cuivre et l’argent, avec des niveaux de pureté plus ou moins élevés. La mayonnaise n’a pas pris, vraisemblablement du fait d’une conception finalement peu convaincante au regard de la spirale de prix inflationniste qu’a connue ce marché de niche du câble high-end ces dernières années.

Et par voie de conséquence, l’augmentation vertigineuse des prix a permis l’éclosion de nouveaux acteurs promouvant des concepts originaux, aux coûts de fabrication unitaire élevés, mais économiquement viables compte tenu de ce que l’audiophile exigeant est prêt à débourser pour une seule paire de câbles.

 

 

Un autre cheval de bataille de monsieur Rick Schultz est la réduction des vibrations parasites. La structure des câbles High Fidelity a donc été mise au point afin d’obtenir une très grande rigidité et insensibilité des connecteurs et conducteurs aux phénomènes vibratoires.

 

Aussi, la fabrication des câbles High Fidelity est tout à fait exclusive, réalisée en petites quantités, et impacte donc les prix de commercialisation. En effet, l'entrée de gamme démarre à pas moins de 1.600 dollars US pour une paire de câbles de modulation RCA CT-1, le haut de gamme pouvant dépasser les 10.000 dollars. La structure des connecteurs et des conducteurs est néanmoins assez différente de ce qu'on peut trouver sur le marché des câbles haut de gamme, ce sans considération de niveau de prix... Le jeu de câbles confié par l'importateur Français Epectaz n'est toutefois pas la proposition la plus indécente en termes de prix que j'ai pu recevoir pour un banc d'essai de câbles audiophiles. Mais il représente en tous cas l'ensemble de câbles le plus cher que j'ai bien voulu tester.

L'entreprise étant très récente, la totalité des câbles disponibles au catalogue se limite aujourd'hui aux câbles HP, aux câbles de modulation asymétriques ainsi qu’aux câbles numériques s/pdif coaxiaux. J'ai appris que Rick Schultz travaillait en ce moment sur la conception de cordons d'alimentation, et que 2014 devrait voir apparaître très probablement un modèle de câble de modulation symétrique. J'ai ainsi reçu un ensemble composé de deux paires de câbles HP (CT-1 et CT-1E), d’une paire de câbles de modulation CT-1E et d’un jeu de quatre jumpers.

 

 

Chacun aura sa propre expérience en matière de câbles, affichera son scepticisme ou son enthousiasme de façon plus ou moins catégorique, mais globalement, j'ai toujours pensé que ce maillon à part entière d'un système de reproduction audio était rarement universel ou satisfaisant sur un ensemble de critères. Ainsi, des modèles réalisés à partir d’un cuivre de très grande pureté comme les câbles nippons Acrolink m'ont toujours paru procurer une très belle qualité de timbres mais par contre un peu moins de détails et de dynamique comme mes Audioquest K2 par exemple.

Les câbles argent offrent généralement une image stéréo très étagée et précise, mais la qualité des timbres est souvent perfectible. Et quand elle est finalement là, comme avec le haut de gamme Argento, on se prendrait à espérer parfois davantage de dynamique et de définition...

Mes câbles XLR Grimm TPM sont très définis et très dynamiques, mais il manque peut être la matière et la chaleur d'un Cardas ou d’un Argento... Bref, bien souvent il manque quelque chose, bien que ce quelque chose ne soit pas fondamentalement essentiel. Peut être que cette sensation de manque est finalement inhérente à notre quête audiophile…

 

A tout niveau de budget, je pense à ce titre qu'il est difficile de mettre la main sur la perle rare. Certains disent que le meilleur câble est celui qui donne l'impression de ne pas être présent. D'autres pensent, compte tenu du manque d'homogénéité des résultats ressentis en fonction des diverses associations de matériel, qu’il vaut mieux concentrer ses efforts sur les maillons plus essentiels de la chaîne hifi.

Tout cela est bien flou mais à quoi vous intéresserez-vous une fois que vous aurez trouvé la bonne synergie entre les différentes composantes de votre système audio ?

Cela nous conduit inévitablement vers un nouveau test de câbles très chers et donc hautement fidèles !

 

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