Bel Canto Black (1/4)

      

 

La transparence du côté obscur… cela aurait pu être le titre de cet article sur cette proposition à part dans l’offre de John Stronczer, fondateur de Bel Canto.

C’est un pas résolument tourné vers le très haut de gamme et à la fois une proposition si marginale au sein du catalogue du constructeur américain qu’il a été jugé bon finalement de la doter d’un blason spécifique : le « Bel Canto Black ».

Même si ce n’est pas la première incursion de John Stonczer dans l’univers des produits très élitistes (rappelons qu’il a conçu entre autres les amplis alimentant les premiers modèles des fameuses Sphères de chez Cabasse), les ambitions sont ici clairement différentes. Et si dans Game of Throne, le black représente le rempart ultime contre les sauvageons et les créatures maléfiques du grand Nord, le combo Bel Canto Black a pour ambition de faire tomber les barrières de la transparence via des solutions radicalement innovantes.

 

Cantonner néanmoins la production précédente de John Stronczer à des équipements de moyen de gamme est somme toute assez réducteur. Les blocs monophoniques Ref1000 MK2 restent des amplificateurs encore aujourd’hui très compétitifs et les liaisons numériques mises au point ces dernières années n’ont peut-être pas défrayé la chronique mais elles ont été et restent reconnues par les professionnels du secteur comme des solutions très efficaces.

C’est donc en travaillant sur ses points forts (amplification, conversion N/A et liaisons numériques) que Bel Canto est passé au Black.

 

 

 

Mais le Bel Canto Black, outre la sophistication de ce qu’on peut trouver à l’intérieur de ces magnifiques coffrets usinés dans la masse, c’est aussi une orientation systémique.

C’est effectivement là où la proposition de John Stronczer prend tout son intérêt.

En effet, concevoir un appareil séparé et indépendant, aussi sophistiqué puisse-t-il être, laissera toujours une marge d’incertitude en ce qui concerne sa plus ou moins bonne adaptation avec les autres éléments de la chaîne hi-fi. Là, à l’exception des enceintes acoustiques, le Bel Canto Black est un système qui se suffit à lui-même, tout en conservant une ouverture sur le monde extérieur puisqu’il dispose des nombreuses entrées numériques et même d’une entrée ligne.

 

L’amplification en classe D, via sa grande stabilité et linéarité, permet également une large compatibilité avec bon nombre d’enceintes, quels que soient leurs technologies et leurs rendements.

L’intégration mise en œuvre dans le combo Bel Canto Black permet ainsi d’éliminer au maximum les éléments perturbateurs ou non indispensables venant altérer l’intégrité du signal numérique (voire analogique) original.

 

J’ai aussi eu la chance d’héberger chez moi pendant deux semaines, grâce à la courtoisie du distributeur français de la marque, Audio Focus, ce système d’exception.

 

 

 

 

Mais abandonnons-là les considérations d’ordre général ou contextuel pour regarder de plus près ce dont est composé le système Bel Canto Black.

 

Le système regroupe un contrôleur numérique faisant office de préampli (numérique) et lecteur réseau ASC1 (Asynchronous Stream Controller), ainsi que deux blocs monophoniques numériques MPS1 (Mono Block PowerStream). Et même si le qualificatif « numérique » vous fait d’habitude prendre vos jambes à votre cou, je vous conseillerais d’oublier vos craintes pour considérer ces appareils sans préjugés…

 

En effet, le contrôleur ASC1 est d’une conception assez unique puisqu’il regroupe en son sein des entrées numériques asynchrones Ethernet, AES/SPDIF ou encore USB, des horloges maîtres à très faible bruit de phase (inférieur à 35 femto-secondes RMS sur l’intervalle 100 Hz – 1 MHz, ce qui est de l’ordre de 100 à 1000 fois moins que les performances standard constatées en moyenne), une entrée ligne analogique numérisée au format 24 bit / 192 kHz, ainsi que des entrées et sorties optiques ST, tout cela étant agencé dans un circuit ultra-court.

 

Toutes les entrées numériques sont isolées du châssis afin d’assurer une complète insensibilité aux éventuelles boucles de masse ou parasitage venant des étages d’alimentation.

Les horloges maîtres affichent également un plancher de bruit étonnement bas (-170 dB).

 

Le processeur de signal numérique (DSP) 64 bit cadencé à 500 MHz assure une parfaite gestion des traitements du signal, à savoir la balance et gestion du volume 32 bit, la sélection des entrées ainsi que les 3 filtres FIR propriétaires et débrayables. Ces filtres se sont avérés par ailleurs peu utiles à mon goût sur l’entrée principale de type Ethernet en lisant des fichiers haute définition, mais peuvent être exploités avec davantage de bonheur en lecture CD ou avec des fichiers au standard red book (44.1 kHz) en gommant les petites duretés numériques inhérentes au support, et permettant ainsi de retrouver les extensions de notes ainsi que la douceur si chère aux amoureux des disques noirs…

 

Détail qui a son importance également, l’afficheur du contrôleur ASC1 est d’une lisibilité telle qu’on peut rester tranquillement à plus de trois mètres, confortablement installé dans son fauteuil, sans avoir besoin de se lever pour lire les informations affichées par l’appareil. C’est en tout cas une caractéristique assez rare pour être soulignée.

 

 

Mesure du bruit de phase communiquée par le constructeur

      

Processeur 32/64 bit

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