B.audio B.dac  (1/5)

      

 

 

C'est à Mutzig, dans le Bas-Rhin, qu'est née B.AUDIO, jeune pousse familiale fondée par deux frères,  Cédric et Sébastien Bermann, et centrée sur un projet d'innovation en matière de conversion N/A.

 

Ce sont deux ingénieurs de formation qui se sont lancés dans l'aventure de la conception de convertisseurs haut de gamme. Cédric, avec sa formation en télécommunications et son expérience en tant qu’ingénieur de systèmes embarqués dans le domaine de la métrologie et l'analyse des réseaux électriques, n'est pas sans rappeler un certain Vincent Brient (Totaldac).

Il a été rejoint par son frère Sébastien, ingénieur généraliste aux compétences multiples. Ce dernier dispose d'un certain bagage en gestion de projet, expérience utile pour le lancements d'une startup et de nouveaux produits !

 

2018 est pour B.Audio l'année de la confirmation et de la concrétisation de ses ambitions commerciales avec une seconde participation au salon du Munich High-End au mois de mai dernier.

 

Les deux frères ont opté pour une stratégie industrielle originale, celle de la durabilité, en complète opposition avec la stratégie d'obsolescence programmée qui fait toujours les beaux jours du secteur des électroniques grand public.

Ainsi, pour préserver les performances de leurs produits dans la durée, tous les composants ont été sélectionnés en fonction de cette caractéristique de durabilité.

A titre d'exemple, tous les condensateurs chimiques sont supposés délivrer 5000 heures de fonctionnement à une température de 105°C, ce qui dans des conditions normales d’utilisation, représenterait une durée de vie de plus de 40 ans. La garantie commerciale ne dépasse néanmoins pas 3 ans.

 

Mais les convertisseurs N/A conçus par les frères Bermann se réclament aussi évolutifs. En outre, les cartes et modules sont remplaçables pour que l'appareil puisse rester d'actualité au fil du temps. 

 

 

 

 

Leur projet de recherche sur la conversion numérique vers analogique s'est focalisée sur les problèmes de synchronisation et de gigue.

 

La technologie développé par B.audio est baptisée "Source Jitter Removal" (en abrégé "SJR"), et permettrait d'éliminer le jitter du signal d'entrée, quel que soit le type de connectique (SPDIF, Toslink AES-EBU ou USB), et ce sans recourir à un reclocking d'horloge externe.

L'approche de B.audio diffère de ses concurrents dans le sens où elle ne s'inscrit ni dans un schéma PLL ni dans un schéma asynchrone. L'idée directrice a été d'éviter les écueils des deux méthodes employées habituellement pour réduire le jitter en entrée de convertisseur. 

 

Nous allons donc devoir nous attarder un peu sur ce qu'est le jitter et les solutions permettant de l'atténuer.

Le jitter ou gigue est une erreur d'ordre temporel. C'est la variation dans le temps d'un évènement périodique par rapport à une référence idéale que l'évènement suivrait s'il était parfaitement régulier.

En effet, contrairement à ce que pourrait être une horloge idéale, le point de retour à zéro des impulsions dans un flux de données audionumériques varie dans le temps. Le jitter est ainsi une sorte de modulation de phase du signal audionumérique.

 
 

 

 

Le premier type de dispositif mis au point pour réduire la gigue sont les boucles à verrouillage de phase, plus communément appelées PLL (Phase-Locked Loop).

Le principe de fonctionnement d'une PLL est de comparer la phase d'un signal arrivant sur son entrée avec le signal qu'elle délivre. Lorsque la PLL détecte une différence, elle ajuste l'oscillateur contrôlé en tension (VCO) de manière à accélérer ou ralentir sa fréquence pour se synchroniser avec le signal entrant.

 

La PLL d'atténuation du jitter se comporte pratiquement comme un filtre passe-bas, c'est-à-dire qu'il va modifier la réponse spectrale du jitter entrant pour le décaler hors de la bande audible (les basses fréquences).

Le problème de cette approche réside dans le fait que plus la stabilisation sur le signal d'entrée sera rapide et moins le jitter entrant sera filtré.

Le rétrécissement de la bande passante du filtre a en effet pour conséquence d'augmenter le temps de verrouillage de la PLL. Une PLL reste donc dans l'esprit une solution imparfaite, ou du moins une sorte de compromis entre filtrage du jitter et respect de l'horloge entrante.

 

Certains constructeurs essaient de contourner cet écueil par une mise en cascade de plusieurs PLL mais la gigue basse fréquence reste dans des systèmes audio haut de gamme (et donc très résolvants) malheureusement toujours audible.

 

 
 

 

 

 

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