Audio - Haltérophilie : Episode 1

      

Ayon Orthos XS (1/4)

      

     

      

Cet article est le point de départ d'une série qu'on pourrait appeler mon étrange exercice d'haltérophilie audiophile. Mes prochains tests porteront en effet sur quelques uns des plus puissants amplificateurs monophoniques proposés à la vente aujourd'hui. Ainsi, les puissant blocs Orthos XS de Ayon devraient être suivis de près par les imposants SPM-6000 de Chord, puis par les titanesques Karan KAM 2000. Ces monstres de puissance viendront ainsi se mesurer à mes plus modestes amplificateurs Orpheus Labs Three M et Luxman M800a (en mode bridgé pour ces derniers).

 

Bien que les charges ultra-exigeantes sont devenues plutôt rares dans le panorama actuel des enceintes haut de gamme, les fabricants continuent à proposer à leur catalogue quelques gros amplificateurs dont la puissance semble tout bonnement déraisonnable. La relation entre la puissance développée par un amplificateur et la qualité du son n'est évidemment pas implicite. Des tueuses d'amplis comme les Apogée Scintilla ou certains modèles de chez Infinity Kappa semblent aujourd'hui davantage relever de l'anecdote, voire carrément de la préhistoire, que d'un nirvana audiophile dans lequel seuls certains gros monstres auraient droit de cité. Ces amplis "stér(é)oïdés" évoquent de nos jours pour la grande majorité un gaspillage d'argent ainsi qu'une consommation électrique démentielle alors que les économies d'énergie font (ou devraient faire) partie intégrante de notre quotidien.


Et pourtant, la puissance brute demeure une condition préalable pour bon nombre d'enceintes ambitieuses, de sensibilité faible ou moyenne, si l'on veut éviter toute surcharge ou écrêtage. Si un ampli a une puissance insuffisante pour répondre aux exigences logarithmiques des augmentations de SPL (chaque augmentation de 10 dB du niveau sonore acoustique , par exemple de 90 à 100 dB , nécessite 10 fois autant de puissance électrique), le haut et le bas du front d'onde représentant le signal audio vont être inévitablement rabotés, ce qui engendrera de la distorsion en sortie. L'amplificateur va alors activer ses circuits de protection et enlever les parties de signal causant la surcharge pour générer une ultérieure distorsion.

 

Vac Statement 450 Monaural amplifiers

 

 

On peut bien sûr contourner ce problème en optant pour des haut-parleurs à haut rendement et des amplificateurs de moindre puissance . Très souvent, ce choix représente néanmoins un chemin épineux vers le graal de la haute-fidélité compte tenu du détimbrage sensible de ce type de HP à niveau élevé. Une certaine sécheresse ainsi qu'une réponse hors axe assez médiocre constituent notamment des points faibles de beaucoup de systèmes à pavillons.

N'ayez crainte cependant que mes intentions ne sont pas ici de faire une apologie sournoise des enceintes de bas rendement et des amplificateurs de grande puissance. En audio, les possibilités sont nombreuses et il n'y a pas à proprement parler de voie royale, la synergie entre les différents maillons constituant votre chaîne stéréo restant sans doute le facteur clé. Mes considérations ne visent ici qu'à mettre en évidence l'intérêt de nos jours d'acquérir de tels blocs de puissance, choix parmi tant d'autres possibles... si tant est que la taille de votre pièce d'écoute, l'isolation de votre logement ainsi que la tolérance de votre voisinage immédiat vous le permettent. Mais dès lors qu'on souhaite atteindre des niveaux acoustiques réalistes dans une salle de grande taille, et sans passer par la case système à pavillons, l'acquisition d'une amplification puissante devient presque incontournable.

 

L'intensité sonore ne doit pas par ailleurs être assimilée forcément à une quelconque folie auditive ou dégradation des conditions d'écoute. C'est avant tout la distorsion engendrée par la chaîne de reproduction sonore qui donne cette sensation de pression acoustique trop élevée. A volume élevé, un système affichant des taux de distorsion très bas n'engendre finalement pratiquement aucune fatigue auditive. J'ai souvent eu cette sensation par exemple à l'écoute des démonstrations de systèmes de la marque Allemande MBL qui se font presque toujours à des niveaux de SPL dantesques. Pas de secret : pour pouvoir réduire le taux de distorsion, il faut travailler sur l'amélioration de la plage dynamique de fonctionnement de l'amplificateur, et donc viser plus puissant. Si l'on recherche la haute fidélité et le réalisme, il convient au minimum d'avoir les réserves de puissance nécessaires pour développer une image stéréo peut être pas grandeur nature, mais suffisamment ample pour que la sensation d'être sur le lieu de l'enregistrement devienne réelle. C'est en tout cas cette thématique qui sera le point central de cette série haltérophile...

 

KT 150 Data sheet Tung Sol

 

 

Revenons maintenant au nouveau joyau de la couronne de chez Ayon. L'électronicien et fondateur Gerhard Hirt a conçu une troisième et ambitieuse version de la première itération des blocs Orthos avec trois montages possibles de pentodes : KT88 , KT120 et la toute nouvelle KT150. A peine sortie des usines Tung Sol cette année, cette dernière KT150 est une évolution de la précédente KT120 censée délivrer une puissance impressionnante de 35 à 40 watts par tube, tout en conciliant raffinement et transparence. 400 watts de pure classe A en push-pull de pentodes semble une puissance hors normes, qui était l'apanage de quelques schémas OTL et de certaines réalisations prestigieuses de chez Manley. Qu'en est-il des Orthos XS ? C'est-ce que nous allons découvrir dans les pages suivantes.

 

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A suivre...

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