Apurna Apogée  (5/6)

      

 

 

La taille de l'image stéréo développée par les amplificateurs Apogée n'est par contre pas la plus large que j'ai pu expérimenter chez moi à ce jour, que ce soit sur les Vivid Audio G1 ou G1 Spirit.

En revanche, la stabilité de la scène sonore est inébranlable, et la focalisation de chaque pupitre est vraiment optimale.

 

 

Le fait de ne plus avoir de préamplificateur à tubes dans mon système me fait dans la grande majorité des cas ressentir un manque : manque de fluidité, manque de présence, un sentiment de détachement plus grand...

Les blocs Apurna se sont avérés être un des rares cas où cette sensation de manque ne s'est pas manifestée.

Il y a indéniablement beaucoup de présence et un sentiment d'immédiateté, presque d'urgence dans la prestation sonore des blocs Apurna. C'est donc une écoute assez participative, sans pour autant atteindre le niveau d'implication que peut susciter l'écoute de mon système habituel, peaufiné et maîtrisé depuis quelques années.

 

Mais ce n'est en aucun cas une écoute contemplative qui personnellement m'ennuie. L'aspect "glamour" se cantonne donc à leur finition inhabituelle pour un appareil audio, tandis que la beauté du son ressort bien du réalisme sans fard que délivrent ces amplificateurs.

D'ailleurs, le niveau de détail peut paraître à certains moments presque un handicap car les imperfections des enregistrements ressortent avec davantage de netteté que sur mon système habituel. Toutes les micro-informations d'ambiance sont davantage perceptibles, ce qui met en exergue le niveau de bruit extrêmement faible atteint sur ces machines.

 

 

 

Lorsque j'ai poussé le volume pour constater comment réagissaient les blocs Apogée, j'avoue ne pas avoir ressenti de gêne particulière, avec au contraire une impression d'un niveau de distorsion extrêmement faible. La scène sonore reste très stable, sans effet de zoom particulièrement marqué.

Cette même scène sonore reste très stable à très faible volume, avec un niveau de détail quasi identique à l'écoute à niveau élevé. Dans ce registre, les blocs Apurna Apogée fournissent un résultat remarquable, car c'est assez rare de garder ce niveau d'information et cette stabilité de l'image stéréo en trois dimensions à très faible niveau SPL. Je crois bien d'ailleurs n'avoir jamais été si peu gêné d'écouter de la musique à aussi faible volume.

 

Ainsi, sur l'album de Michala Petri "English Recorder Concertos", la flute à bec de la soliste m'est apparue vraiment d'une pureté remarquable. Ce sont à proprement parler le grain et l'énergie des instruments à vent qui sortent des enceintes avec une netteté et une vigueur rarement constatée. Cette tension naturelle ne disparait pas à bas volume, ni la qualité de timbre des instruments par ailleurs.

 

Il y a énormément de détails et de nuances sur cet album que les blocs Apogée mettent en exergue de façon évidente, sans pour autant qu'on puisse considérer cette mise en valeur comme l'expression d'un rendu trop analytique qui desservirait une appréciation plus globale de la musique.

 

En comparaison, mon trio Luxman / Coïncident Speakers Technology joue davantage sur la fluidité et l'ambiance (sans doute propose-t-il une écoute plus globale) alors que les Apurna matérialisent davantage les instruments dans l'espace avec peut-être un arrière plan plus structuré et plus focalisé. Les Luxman et le préampli canadien délivrent une image stéréo très compacte ou tout semble fondu dans un cadre unique. Mon système offre une diversité tonale également moins riche que ce que proposent mes hôtes du moment.

 

On ressent davantage de contrôle chez les français alors que les japonais sont plus romantiques et approximatifs en comparaison. Les deux approches procurent au final un vrai plaisir d'écoute. Mais si on se place sur la stricte considération de la fidélité par rapport à un enregistrement, alors il est clair que les amplificateurs Apurna vont plus loin. Cela revient à comparer un écran plasma (les Luxman) avec un écran OLED de dernière génération : le niveau de résolution n'est clairement pas le même, même si le côté plus chaleureux de l'écran plasma pourra continuer de séduire certains aficionados.

 

 

 

Sur l'album d'Alexandre Tharaud « Chopin : Préludes », les blocs Luxman et leur complice canadien restituent énormément de présence mais dans une livrée très euphonique.

Les amplificateurs Apurna, reproduisent le jeu du pianiste français avec davantage d'autorité. La tenue du grave est meilleure, plus précise et le niveau d'information globale dans le bas médium augmente sensiblement. J'ai eu l'impression également que les extinctions de notes duraient un peu plus longtemps avec les Apurna.

 

Le piano renvoie plus de diversité tonale bien que la sonorité de l'instrument puisse paraître plus flatteuse avec les Luxman. Les attaques m'ont également paru plus franches et la qualité de silences et des pianissimi meilleure.

 

On capte de toute évidence davantage l'intensité de la musique avec les amplificateurs monophoniques français. On a l'impression d'une grande justesse, ce qui est assez peu fréquent et assez paradoxal dans le milieu des électroniques haut de gamme. Bien souvent en effet, on éprouve la sensation que l'électronique essaie d'en faire plus histoire d'épater la galerie : excès de timbres, excès de dynamique, excès de grave... on a l'embarras du choix.

Les blocs Apurna « Apogée » m'ont vraiment semblé ne jamais en faire trop, et toujours rester dans une certaine forme de neutralité et de respect des intentions de l'artiste. Et sur une bonne interprétation des préludes de Chopin, cette fidélité me paraît d'autant plus cruciale.

 

 

 

 

 

 

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