Angström Research Stella (3/3)

      

 

Impressions d’écoute :

 

Le Stella est un appareil très plaisant et versatile: il est capable de tenir des charges compliquées malgré sa puissance respectable mais somme toute modeste au regard des monstres de puissance que j’ai pu héberger dans ma salle comme les Ayon Orthos XS qui restent une de mes références personnelles dans le monde de l’amplification à tube avec les blocs VTL Siegfried.

 

A côté, l’Angström Research Stella ne peut prétendre tenir les enceintes les plus rétives. Mais il s’est néanmoins comporté très honorablement sur les Magnepan 20.7, et bien sûr encore mieux sur mes Vivid Audio K1. Le fait d’avoir réussi à alimenter correctement les grosses Maggies prouve que cet ampli est particulièrement stable, bénéficiant d’une alimentation solide et bien conçue.

 

Dès les premières minutes d’écoute, on retrouve ce côté racé et élégant qu’on observe généralement chez les productions italiennes. Cela fait « cliché », mais même après tant d’année d’écoute des produits de la Péninsule, je reste toujours interpelé à l’écoute des produits issus de l’artisanat local.

 

En effet, cet aspect artisanal du « progettista » qui revient sur l’ouvrage tant que le résultat ne fait pas naître en lui l’émotion recherchée, c’est l’Italie. Le voicing du Stella est ainsi né du cœur et de la pensée de Roberto Garlaschi. Et cet ampli chante, il chante la passion du concepteur et l’amour du beau son. La hifi italienne, c’est en quelques sortes le bel canto. Quelle ironie que ce nom ait été finalement retenu par une marque de hifi américaine…

 

 

 

Mais revenons plus précisément à mon expérience auditive de l’Angström Research Stella.

Cet ampli est particulièrement équilibré : il contrôle le bas du spectre sans broncher, il possède un très beau registre médium sans pour autant trop en faire, et il délivre un filé exceptionnel dans les aigus. C’est sans doute le gros point fort de cet ampli d’avoir une telle extension dans les hautes fréquences avec conservant une sonorité soyeuse et raffinée.

 

La possibilité d’ajuster le gain de façon très précise permet d’adapter au mieux l’Angström Stella au sein de votre chaine haute fidélité. L’impact sur la balance tonale et l’image tridimensionnelle se fait sentir assez nettement pour être convaincu de l’utilité d’un tel réglage.

 

Les aptitudes dynamiques de l’amplificateur conçu par Roberto Garlaschi sont également très satisfaisantes. L’ouverture et la taille de l’image stéréo sont quant à elles excellentes. Cela en fait un appareil particulièrement captivant et vivant.

 

Conformément à cette tradition italienne que j’évoquais plus haut, l’Angström Research Stella a un côté un peu « laid back » mais en gardant en sens du rythme qui le rend si addictif. Tout semble passer avec énormément de finesse et d’élégance, et ce, quelles que soient les circonstances.

 

Contrairement à beaucoup d’amplificateurs à tubes que j’ai pu écouter, le Stella n’a pas ce côté éthéré et exagérément holographique qui me laisse penser assez souvent que ce genre de restitution n’est finalement pas très réaliste même si je comprends qu’elle puisse séduire bon nombre de personnes.

 

Cela ne confère pas pour autant une identité trop transistor à l’intégré transalpin mais plutôt une forme d’homogénéité qui en fait à mes oreilles un appareil « tout terrain ».

 

 

Sur le Boléro de Ravel (Seiji Ozawa – DG), les plans et les variations dynamiques sont bien restituées.

Par rapport à une de mes références absolues en termes d’amplificateur intégré, c’est-à-dire le SPEC RSA 717EX, le Stella fait mieux en matière de timbres et de profondeur de champ, un peu moins bien en termes de tenue du grave, d’ampleur et de la gestion de la macro-dynamique.


Certains me répondront (ou pas) que ceci n’est guère étonnant dans le cadre d’une comparaison d’un ampli à tubes avec un ampli classe D. Néanmoins, le Stella se montre pourtant solide dans la tenue du grave et bénéficie d’une ouverture très agréable.

La caisse claire reste bien détachée et à l’arrière-plan, les cuivres sont facilement identifiables et localisables. Durant le final, l’Angström Research fait preuve d’une stabilité inconditionnelle.

      

Sur la Valse de Ravel (mêmes disque, mêmes interprètes), le Stella restitue énormément de grain et de finesse sur les cordes.

A l’instar du Boléro, la Valse est reproduite avec une fermeté de premier plan, avec un final tonitruant et fracassant.

Cela n’empêche aucunement d’apprécier la souplesse et le côté relâché de l’italien qui délivre un peu moins de tension que le japonais. La musicalité du Stella se trouve sans doute dans cette capacité à délivrer de l’énergie dans une juste proportion.

La Valse de Ravel délivre au travers de l’amplificateur transalpin à la fois toute sa folie et sa subtilité viennoise.

      

A l’écoute des symphonies pour cordes de Mendelssohn (Amsterdam Sinfonietta, BIS), c’est une explosion de couleur et de lumière que nous sert l’intégré Angström Research.

Difficile de ne pas craquer devant tant de beauté, de sens du rythme et une scène sonore aussi majestueuse.

J’ai particulièrement apprécié la noirceur du fond sonore permettant de mettre en évidence chacune des plus petites variations et chacun des micro-détails de cette excellente prise de son.

C’est toujours assez compliqué d’expliquer en détail ce qui fait qu’on s’abandonne complètement à la musique, sans doute une globalité et une homogénéité qui permettent d’oublier l’aspect technique de la reproduction sonore… Le Stella s’est néanmoins révélé extrêmement précis dans la restitution de la micro-dynamique fine.

La richesse du bas médium permet également de rendre aux contrebasses et aux violoncelles leur nature organique.

      

Sur de la musique un peu moins subtile telle que l’enregistrement DSD de Sheryl Crow « The Globe Sessions » mais plus chargée en grave, l’Angström Research s’en sort avec les honneurs même s’il manque un peu d’assise et de matière par rapport à mes deux Luxman M800a.

La texture de la voix de Sheryl est habilement reproduite en restituant suffisamment de matière dans le médium pour paraître crédible. La transparence des tubes et du montage de Roberto Garlaschi ne pardonnent par contre pas grand-chose et la compression dynamique sur certains passages s’entend distinctement.

Comme bon nombre de réalisations à tubes, le Stella sera plus à son aise sur de la musique classique ou du jazz et moins sur de la pop un peu trop chargée dans le bas du spectre.

Mais ce n’est pas pour autant un domaine qui lui est interdit puisque le Stella évite haut la main l’écueil d’une présentation qui serait trop diaphane et éthérée, typique des mauvais montages triodes. Au contraire, cet intégré se révèle très précis et organique, sans pour autant pencher dans l’excès inverse d’une restitution trop colorée.

 

Par ailleurs, la tonalité de l’amplificateur peut se régler finement en jouant sur le réglage de gain, ce qui permet de le rendre encore plus polyvalent et versatile vis-à-vis des goûts de chacun.

      

 

Conclusion :

 

C’est indéniablement une belle machine que cet intégré Stella. Sans doute est-ce un juste milieu entre la sonorité trop moelleuse d’un McIntosh et celle d’un trop austère Audio Research. En ce sens, l’Angström Research Stella s’adressera davantage aux amateurs de polyvalence, de transparence et de neutralité, sans sacrifier aux charmes irrésistibles du bel canto…

Un choix totalement recommandable dans le panorama actuel trop restreint des intégrés à tubes de haute volée !  

 

 

Matériel utilisé pour le banc d'essai :

 

Source: Esoteric K-03, Lumin A1 & S1, Apple Imac Lion Osx /Audirvana, Trends UD-10.1, MacBook Lion OSx + HiFace USB vers S/pdif.

Ampli / Préampli: SPL Volume2, Coïncident Technology Statement Line Preamplifier, 2 Luxman M800a (bridgés), SPEC RSA-V1EX, Angström Research Stella, Trends TA-10.2.

Enceintes: Vivid Audio K1, Magnepan 20.7.

Cables: Skywire 2020 digital, Naturelle Audio Live 8 MK2, Grimm Audio TPM, High Fidelity Cables CT-1 Enhanced HP, Esprit Bêta.

Cordons d'alimentation: Triode Wire Labs 10+, DIY.

 

Prix du matériel testé: 9.900 €

 

 

 

 

Sites web : http://tecsart.com/marques/angstrom-research/

 

                       http://www.angstromresearch.com/

 

                     

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