3D Lab Nano Transport (1/3)

En guise d'introduction

La question du chainon manquant en musique "dématérialisée" a été plusieurs fois abordée dans de précédents bancs d'essais. Entre la piste, quelque part sur un disque dur, et un DAC, quelles technologies et quels produits sont les plus efficaces pour créer et transporter un flux audio traitable par le DAC?

 

Le monde anglo-saxon désigne par "Computer Audio" ce que nous appelons "dématérialisation" dans l'héxagone.

Le mot "dématérialisation" peut sembler quelque peu ésotérique, mais il a l'avantage de ne pas enfermer a priori les technologies et les solutions dans le monde de "l'informatique". Naturellement, il y a nécessairement de l'informatique dans tout ça, ne serait-ce que parce que les pistes audio se trouvent sur un disque dur. Mais comme déjà discuté dans le banc d'essais du DAC Stratos, se pose toujours la question de savoir si un ordinateur, avec un système d'exploitation généraliste, est en mesure et sans aleas, de réaliser la simple opération de décodage des pistes et de fabrication d'un flux audio.

 

Evidemment, quand on a pris l'habitude de voir des volumes gigantesques de données faire le tout de la terre sans problème, annoncer qu'un ordinateur puisse se tromper semble être devenu quelque chose d'inimaginable, de tabou, voire de crétin.

 

Et pourtant...

 

La lecture du document "Beyond bit-perfect": the importance of the Player Software ans Mac OS X Playback Integer Mode" par Damien Plisson, auteur du logiciel Audirvana, nous alerte sur les possibles erreurs commises par un ordinateur dans l'interprétation d'un 1 ou d'un 0... par variations des tensions de référence du dit ordinateur.

 

Les 3 articles de John Swenson "What is Digital", "Are bits just bits", "How bit-perfect software can affect sound" enfoncent le clou en nous rappelant que les 0 et les 1 ne sont qu'une vision simpliste du numérique, et qu'un ordinateur fonctionne d'abord avec de l'électricité et non comme un boulier Chinois, et que oui, les ordinateurs peuvent créer des données erronnées quand il s'agit de faire du "Computer Audio".

 

Le 3D Lab Nano Transport est l'un des nombreux produits dont la sortie paraît s'accélérer depuis quelques mois ou une petite année (Auralic, Sotm,... entre autres), qui essaient de ne pas utiliser un ordinateur généraliste dans la boucle des traitements audio. Ce type de produit  semble répondre à une réelle attente du marché audiophile comme une alternative aux ordinateurs généralistes, que cela soit des PC ou des Mac.

Vues externes

Le Nano Transport se présente sous la forme d'un boitier parallélépidique, métallique, très simple, dont lintégralité de la connectique et l'interrupteur se trouvent en face arrière.

 

Au programme de la connectique:

  •  une prise ethernet
  • une sortie AES/EBU
  • deux sorties SPDIF sur RCA
  • une sortie SPDIF sur Toskink
  • une sortie HDMI I2S dédiée au DSD
  • une entrée Worldclock sur BNC

En face avant, deux voyants indiquent le démarrage et la bonne connexion au réseau.

On peut noter l'absence de sortie USB, que proposent d'autres fabricants (Auralic ou Sotm par exemple) mais aussi laissées tombées par d'autres (Ayon ou Totaldac).

 

On touche là à l'un des difficultés du Computer Audio:

  • Décider d'utiliser les protocoles SPDIF et AES/EBU dont on sait qu'ils ont un vice initial de conception par le mélange des données et des signaux d'horloge, mais pour lesquels les fabricants de DAC ont une très longue et importante expérience pour contourner ces difficultés.
  • Décider d'utiliser des protocoles USB, plus récents, qui devraient a priori être meilleurs, mais dont les résultats laissent perplexes de nombreux audiophiles dont je fais partie.

3D Lab a donc décidé de plutôt miser sur son expérience des protocoles SPDIF et AES/EBU, et aussi du fait que tous les DAC ont au moins une entrée SPDIF ou AES, mais pas nécessairement d'entrée USB.

 

On aurait pu souhaiter une sortie SPDIF sur BNC plutôt que deux RCA, BNC étant le seul type de connexion à réellement permettre le respect de l'impédance de 75 Ohm requise pour le câble. Fort heureusement, il y a une sortie AES/EBU.

 

En terme de prise en main et d'impressions "physiques", le Nano Transport est construit correctement, mais sans plus. On a la nette impression que 3D Lab a voulu minimiser les coûts de fabrication:

  • l'interrupteur de mise en marche en façade avant est inutilisé et est simplement "décoratif"
  • la face arrière semble d'épaisseur insuffisante pour le connecteur d'alimentation IEC, ce qui conduit à un flottement de 1 ou 2 mm de ce connecteur. Ce défaut n'existe pas pour l'ensemble des sorties numériques.
  • les pieds sont simplement collés et non vissés au boitier.

 

Le Nano Transport n'a donc qu'une seule entrée numérique (Ethernet) et donc pas de connexion directe possible d'une clé ou disque USB.

A la une...

A suivre...

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© AUDIOPHILE MAGAZINE