Elipson Planet L (1 / 4)

      

 

 

Certains constructeurs d'enceintes se sont essayés à dessiner des boules, que ce soit Cabasse avec sa Sphère et ses déclinaisons plus "démocratiques", ou bien encore B&W sur ses séries 800, même si sur les derniers modèles, la boule s'est métamorphosée en cucurbitacé.

Mais le spécialiste incontesté de la boule depuis plus de 60 ans, et dans toute sa rondeur élliptique, reste Elipson. La marque fondée par Joseph Léon est partie depuis ses origines en croisade contre les parallélépipèdes de tous poils pour proposer des formes iconoclastes comme les œufs, les amphores, les conques, les religieuses, les oreilles de lapin et, bien évidemment, les boules...

 

Aujourd'hui, et après le rachat par le groupe AV-Industry, Elipson préserve cette originalité de conception et ce culte de "l'objet sonore" qui a fait la réputation de l'entreprise depuis ses origines.

Le patron d'Elipson, Philippe Carré, a d'ailleurs déclaré que le cœur de cible des produits Elipson est le public recherchant une enceinte comme équipement de la maison, sans rogner pour autant sur la qualité du son. Cette stratégie clairement affichée de promouvoir une image de mode et de design a poussé l'entreprise à s'associer sur certains développement à des icones du design comme la société Bang & Olufsen ou les créateurs Maurizio Galante et Tal Lancman.

 

C'est une voie assez inédite pour une société qui a bâti jusqu'alors sa réputation sur la recherche de solutions inédites visant avant tout à offrir la meilleure prestation sonore possible. Mais sur un marché aussi encombré que celui de la hifi traditionnelle, on ne peut que se réjouir finalement de voir certains prendre le taureau par les cornes et proposer des produits en adéquation avec les attentes du plus grand nombre, sans sacrifier complètement la qualité sonore, avec une offre assez hétéroclite puisqu'elle comprend aussi bien des enceintes classiques que des objets improbables à l'instar de l'arbre sonore "Sound Tree", utilisé notamment par de grands hôtels comme le Plaza Athénée...

 

 

Elipson Sound Tree

 

 

La gamme « Planet » s'inscrit dans une perspective à la fois audiophile et d'objet de décoration à l'accent vintage, mais avec tout le modernisme permis par les moyens d'aujourd'hui.

Ce ne sont donc plus des modèles en staff mais en fibre de verre qui sont proposés. L'esprit du fondateur de la marque est néanmoins resté présent au travers d'une charge sphérique, permettant de limiter les ondes stationnaires à l'intérieur du cabinet. La charge à résonateur ainsi que le haut-parleur large bande ont par contre été remplacés par des solutions peut être plus conventionnelles, mais davantage en ligne avec les exigences de notre époque.

 

En effet, la Planet L trouve son origine dans l’AS30 apparue en 1969. Elle remplace le haut-parleur large bande par un haut-parleur coaxial, lui même intégré dans un charge de type bass-reflex, permettant d'obtenir une réponse en fréquences un peu plus rigoureuse, tout en restant dans un budget limité.

La fibre de verre vient normalement rigidifier l'ensemble, tandis que le haut parleur coaxial assure une mise en phase correcte ainsi qu'une bonne fusion des registres, et une directivité homogène entre les différents haut-parleurs...

 

 

Elipson AS30

 

La finition laquée (disponible en trois coloris blanc, rouge et noir) est du plus bel effet et donne un vrai statut d'objet décoratif aux Planet L.

Une version spéciale "Colette", haut lieu du design parisien, en couleur bleu nuit a également été sortie en série limitée, et presque devenue "collector" aujourd'hui.

Il faut préciser, si besoin est, que les Planet ne sont pas une nouveauté puisque celles-ci ont été lancées il y a quelques années déjà. Mais elles restent néanmoins au catalogue Elipson et il nous a paru intéressant de parler des ces petites enceintes originales et plutôt bien placées du point de vue prix, et d'investiguer plus en avant pour savoir si le ramage vaut vraiment le plumage...ou s'il s'agit au contraire d'un énième objet sonore de designer bien éloigné de toute attente audiophile.

 

Les Planet L sont disponibles en standard avec des supports leur permettant d'être posées directement sur un meuble tout en bénéficiant d'un découplage correct.

Il est possible néanmoins de leur adjoindre un pied en aluminium brossé, lourdement lesté à sa base, et permettant de gagner en précision ainsi qu'en clarté, et aussi de positionner idéalement les haut-parleurs à hauteur d'oreille.

Le tube d'aluminium permet également de faire passer les câbles discrètement du moment qu'on n'a pas l'ambition d'y faire insérer des tuyaux d'arrosage ou des boas constrictors.

Au vu des borniers situés en dessous de l'évent arrière, il est d'ailleurs un peu utopique de vouloir leur associer des câbles qui couteraient plusieurs fois le prix des enceintes elles-mêmes, bien que le folie audiophile n'a pas de limites...

 

Une version compacte des Planet L est également disponible sous le nom de "Planet M". Cela permet de pouvoir monter un système complet home cinéma en utilisant ces dernières comme surround, ou tout simplement de les exploiter en stéréo dans un environnement plus restreint tel qu'une chambre d'étudiant.

Outre la taille, la Planet M diffère de la L de par sa charge close et une bande passante assez écourtée dans les basses fréquences, puisqu'elle s'arrête à 90 Hz (+/- 3 dB), ainsi qu'un rendement plus faible (88 dB vs 90 dB pour la L).

Pour une utilisation home cinéma, Elipson complète d'ailleurs son offre Planet avec un caisson, le Planet Sub embarquant un haut-parleur de 20 cm à membrane papier asservi par une amplification classe D de 200 W.

 

Signalons aussi, dans la même gamme, la présence d'un modèle Planet L sans fil (et donc amplifié) baptisé Planet LW, ainsi que d'une version vintage de la Planet M, en version limitée, qui est une charge close montée sur trépied, adoptant les codes esthétiques de la fameuse AS30, c'est-à-dire une teinte mate et une grille noire.  

 

 

 

 

 

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