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Edito

Février 2017

 

Tribune des Critiques de Disques

 

 

 

 

C'est un sujet qui me tient à cœur même s'il n'est pas nouveau ni très original. C'est celui du travail sur l'écoute. Le mot « travail » est d'ailleurs mal choisi. Il serait plus juste de parler d'entrainement ou de pratique.

 

L'intérêt de confronter son écoute, ou de la partager avec d'autres, est de se rendre compte combien la sensibilité et les attentes des auditeurs peuvent différer très souvent. C'est une façon de prendre conscience du caractère éminemment subjectif de l'écoute, que ce soit au concert, en direct, ou chez soi.

 

En même temps, il reste des moments où l'évidence d'un écoute met tout le monde d'accord. Ce sont des moments assez rares que ceux au cours desquels toute une assemblée se lève pour applaudir un artiste ou un orchestre, comme c'est aussi le cas de certaines écoutes en salon où l'unanimité des visiteurs a la sensation d'avoir assisté à une démonstration qui sort vraiment du lot. C'est ce sentiment d'apaisement devant un manifestation implicite de la beauté qui a quelque chose de magique, presque religieux si on se réfère d'un point de vue étymologique à l'idée même de communion.

 

Mais la réalité nous confronte le plus souvent à des jugements plus âprement débattus, moins tranchés ou consensuels, même parmi les spécialistes, critiques et musicologues. En effet, si parfois un désaccord peut venir d'un manque de connaissance ou de compréhension de la part d'un auditeur par rapport à un autre qui serait plus érudit, la culture et le savoir n'éliminent pas pour autant les divergences d'opinion, loin de là...

 

Il y a sans doute quelque chose qui va au delà du rationnel dans le jugement qu'on peut retirer à propos de la qualité d'une œuvre, d'une interprétation et même d'un matériel de reproduction sonore. Notre ressenti est la résultante d'un trop grand nombre de facteurs que sont, entre autres, la connaissance, la capacité à écouter, à analyser, l'intimité à la musique et à un genre particulier, bref la sensibilité propre à chacun.

 

Si on peut difficilement démêler les nœuds de la psyché, ou refaire une éducation, il est par contre possible de travailler et développer sa capacité d'écoute et d'analyse. Cela passe par une pratique assidue de l'écoute musicale dans différents contextes, mais aussi par une remise en cause de ses propres impressions. Car dès lors qu'on se borne à formuler des avis de façon trop péremptoire, la capacité à évoluer et progresser me semble malheureusement bien limitée. C'est d'ailleurs cette prise en compte du facteur subjectif qui nous a motivé à limiter notre propre rubrique discographique à un avis focalisé sur la qualité de l'enregistrement (qui reste néanmoins un domaine n'échappant pas complètement à la subjectivité).

 

Pour exercer sa capacité d'écoute sans être trop influencé ni limité par ses propres expériences, rien ne vaut une écoute en aveugle, gage d'une certaine neutralité et impartialité.

A ce titre, l'émission de France Musique créée par Armand Panigel et Jean Roy en 1946, et qu'anime encore aujourd'hui Jérémie Rousseau, permet d'exercer son oreille de façon ludique et didactique. Disponible en podcast, cette émission permet tout autant de découvrir ou approfondir des œuvres du répertoire classique, que d'exercer sa capacité à comparer différentes interprétations d'une même œuvre. Cette opportunité de se constituer une bibliothèque musicale classique en pouvant choisir ses interprétations préférées à l'aveugle, mais sciemment, puisque les identités des interprètes sont révélées en cours d'émission, fait prendre conscience qu'une prise de son est sans doute très importante dans le plaisir analytique qu'on retire à l'écoute d'une œuvre de musique classique.

 

La qualité du son ne fait bien entendu pas tout et la part artistique restera toujours prépondérante. Mais on écoute des disques, on n'assiste pas au concert. Ainsi, une prise de son médiocre desservira même la plus géniale des interprétations car certains éléments resteront masqués, voire déséquilibreront l'intention initiale dessinée par un chef d'orchestre ou un interprète.

En effet, la clarté contribue à l'émotion et compte dans une certaine mesure dans l'appréciation globale d'un enregistrement d'une performance artistique. Mais au delà de ces différences entre prises de son modernes, datées, médiocres ou géniales, il reste l'entrainement à l'écoute et la découverte et le partage de ce qui fait l'intérêt d'une œuvre.

Il n'est pas besoin d'avoir un équipement de pointe pour apprécier cela et l'écoute en podcast que je pratique assez souvent avec mon smartphone et une bonne paire d'intra-auriculaires me comble parfaitement. Mais essayez d'écoutez ceci sur votre propre système hifi, si le plaisir d'écoute de cette émission se fait à un moment plus intense, sans doute êtes-vous sur la bonne voie dans votre quête de clarté et de haute fidélité.

 

Nous tenons donc personnellement à adresser nos plus sincères remerciements à France Musique qui, au gré des vents et des marées médiatiques, perpétue la tradition de cette émission dominicale, restant sans aucun doute une des plus stimulantes en France pour l'ensemble des mélomanes.

 

Lien podcast : www.francemusique.fr/emissions/la-tribune-des-critiques-de-disques

 

Joël Chevassus

Editeur

 

 

      

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