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Edito

Mars 2018

 

Quel Daf !

 

 

 

 

Les voyages représentent une opportunité de découvrir des musiques et de ressentir des émotions qu'on trouvera assez rarement sur la toile, même si les chaînes de streaming et autres youtube ont permis l'accès à une diversité artistique sans précédent.

Ces souvenirs sont précieux car ils restent ancrés dans la mémoire, et ces émotions passées font figures, pour les mélomanes que nous sommes, de madeleines de Proust.

Car on peut avoir la plus grosse collection de disques ou CD, et quand bien même, rien n'arrivera à surpasser ces instants gravés dans nos mémoires.

 

Alors bien sûr, l'émotion du direct, de la musique vivante est incomparable à ce que peut nous offrir notre chaîne hifi, en dépit d'un objectif évident de s'en approcher le plus possible...

Mais au delà de cette émotion "live", il y a aussi tout simplement des moments musicaux qui échappent à toute captation et enregistrement. Ces instants existent tout simplement et c'est très bien qu'ils soient préservés de toute vulgarisation ou détournement médiatique.

 

Les voyages ne sont pas obligatoirement d'ailleurs l'unique moyen d'aller récolter ces madeleines musicales. Allez juste assister à une conférence musicale de William Christie et ses Arts Florissants et vous vivrez une expérience qui sera totalement différente, et ô combien plus riche, que n'importe quel CD enregistré de cette même formation musicale.

Mais peut-être que chez Christie, la dimension du voyage est juste temporelle. Car à l'écoute du Maestro, on explore les racines de nos cultures occidentales, et cela vaut sans nul doute bon nombre de voyages conventionnels.

 

Mais comme je ne saurais être plus éloquent que le claveciniste et chef franco-américain, je souhaite vous faire part d'une expérience toute différente, de celles qui vont font vous déplacer dans l'espace : celle de ma découverte récente du daf iranien.

Le daf, je l'ai en effet vraiment découvert lors d'un séjour à Téhéran. Il s'agit d'un grand tambour sur cadre de la tradition persane utilisé pour accompagner la musique iranienne. Cela ressemble, pour être plus concret, à notre tambourin, mais en beaucoup plus gros.

 

C'est un des rares instruments que je connaisse qui requiert presque des facultés d'équilibriste tant il donne l'impression de danser, comme s'il était une créature vivante entre les mains du musicien.

Le daf est constitué d'un cadre en bois sur lequel est collée une peau animale. Il en existe plusieurs tailles : les percussions les plus grandes (60 à 80 cm de diamètre) sont jouées généralement par des hommes, souvent à l'occasion de cérémonies, et les percussions de taille moyenne (30 à 40 cm) peuvent être jouées par des femmes. On voit néanmoins des femmes utiliser également des dafs de taille plus importante à l'instar des hommes dans les formations de musique classique perse.

 

Le daf se joue soit assis soit debout. On le tient verticalement posé sur la main gauche et on le frappe avec la main droite (à plat ou en pointe) au centre, les doigts de la main droite au bord le plus proche de soi, et les doigts de la main gauche, au bord où ils tiennent l'instrument. On peut l'incliner jusqu'à le prendre complètement à plat. On peut aussi le faire virevolter en le maintenant plus ou moins fermement. Le jeu s'avère très sophistiqué par rapport à l'idée qu'on peut se faire d'un tambour et est assez physique.

 

En Iran, les soufis l'utilisent durant le rituel du dhikr (chant spirituel) et du culte kurde yarsan et Al-e Haqq. Il a récemment été inclus dans la musique classique persane, notamment par l'ensemble Kamkar.

 

Mais cet instrument peut être utilisé comme une percussion classique dans de formes musicales plus proches des musiques occidentales, en introduisant néanmoins une rythmique plus syncopée du fait de la multitude de combinaisons permises.

C'est en tout cas quelque chose d'unique et de très impressionnant lorsque l'artiste qui en joue témoigne d'une certaine virtuosité (ce qui n'est pas toujours le cas dans les cérémonies traditionnelles). C'est à la fois un spectacle visuel et auditif. Cet aspect ainsi que le origines expliquent qu'il y a finalement peu d'enregistrements de disponibles en Occident.

 

J'ai personnellement adoré l'instrument, et le fait que la musique arrive à trouver son chemin même dans des pays qui étaient il y a encore quelques années excessivement fermés.

Espérons que l'évolution progressive de l'ancien royaume Perse permette une diffusion plus facile de la musique traditionnelle iranienne car elle le mérite !

 

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

 

      

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