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Edito

Novembre 2017

 

Haute Résolution

 

 

 

 

J'ai toujours apprécié les productions d'Ivan Fischer à la tête de son Budapest Festival Orchestra chez Channel Classics.

Et je me suis toujours dit que les enregistrements DSD sans aucune retouche post production donnaient encore davantage de finesse à cette formation. Le DSD représente effectivement un intérêt lorsqu'il ne résulte pas d'une sommation de traitements et conversions PCM - DSD.

Et effectivement, le tandem Jared Sacks (Channel Classics) et Ivan Fischer, c'est de la pure...

 

D'un point de vue strictement sonore, cela se traduit par une fluidité accrue, un niveau de détail plus élevé, une profondeur d'orchestre plus perceptible, et une qualité de timbres indéniable.

Cette finesse est appréciable sur le cycle mahlrerien, comme elle étonne sur la 9ème symphonie (du Nouveau Monde) d'Anton Dvorak.

Il y a aussi un sens du rythme chez Fischer qui est très plaisant, un côté dansant, souple et nerveux à la fois, qui peut même faire douter parfois de son aptitude à retranscrire la dramaturgie des œuvres de Mahler ou de l'intérêt de ses récentes incursions chez Tchaikovsky.

Pourtant, même sur la troisième symphonie de Mahler, la finesse ne nuit pas à l'énergie et le résultat est tout simplement somptueux. Il l'est certes un peu moins sur la Pathétique enregistrée fin 2016, même si cette version conserve d'indéniables qualités. Il est vrai que le Budapest Festival Orchestra ne compte pas parmi les plus gros effectifs des formations symphoniques de pointe. Il reste néanmoins à mes oreilles une des meilleures formations au monde.

 

Je ne compte ainsi plus les fois où les enregistrements DSD de Fischer m'ont servi de point de repère pour juger de la performance d'un matériel audio. L'utilisation du DSD natif comme support dématérialisé m'a vraiment fait prendre conscience de ce qu'on peut approcher en matière de réalisme et de perfection sonore, beaucoup plus d'ailleurs que l'utilisation des mêmes fichiers compressés sur le support physique SACD (Super Audio CD).

Mais pour parler de réalisme, il faut pour autant pouvoir disposer d'une base de comparaison précise. Difficile chez Channel Classics de comparer en tout cas les grandes têtes d'affiche entre eux : Ivan Fischer et Rachel Podger, le Budapest Festival et le Brecon Baroque n'ont que peu de points communs...

 

La récente tournée d'Ivan Fischer et son orchestre, en compagnie du pianiste Emmanuel Axe, m'aura permis de revoir mon point de vue à propos de la plus-value des enregistrements DSD réalisés dans les lettres de l'art.

Le passage du Budapest Festival Orchestra à Paris n'a pas pour autant remis en question dans mon esprit le bien fondé du DSD, mais m'a sans nul doute permis de relativiser son importance face à la performance intrinsèque des artistes. Bien sûr, l'acoustique de la Philharmonie de Paris impacte la qualité de l'écoute, comme l'expérience visuelle vient renforcer la réalité sonore.

Néanmoins, il est difficile d'imaginer, sans l'avoir expérimenté au préalable, à quel point la contribution de Fischer dans le résultat sonore gravé sur le disque est essentielle...

Car je n'ai jamais entendu en concert un chef d'orchestre capable de doser l'intensité de chaque instrument d'une manière aussi précise. Il y a une justesse et une subtilité hallucinantes qui se dégagent de cet orchestre hongrois, avec des aplats de cordes très denses sans pour autant tomber dans l'excès de pathos de certaines réalisations. Ivan Fischer est vraiment un orfèvre de l'acoustique car sa prestation dans la 4ème symphonie de Tchaikovsky a été totalement hors norme, d'une précision et d'une musicalité incroyables.

 

Cette capacité en tout cas à faire apparaître toutes les plus subtiles nuances de la partition, au delà de la prise de son et de la qualité du support numérique, c'est avant tout le fruit du travail d'un orchestre et de son chef. L'audiophile, auquel je m'associe en premier chef, par sa maniaquerie à traquer le réalisme sonore, finit bien souvent par l'oublier et cela mérite de remettre les pendules à l'heure une fois de temps en temps. Merci pour cette belle démonstration Monsieur Fischer !

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

 

      

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