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Edito

Septembre 2016

 

Obsolescence programmée

 

 

 

 

C'est une question qu'on peut aujourd'hui valablement se poser dans le cadre de la passion qui nous anime.

 

Le prix des éléments composant une chaîne hifi haut de gamme ne se sont pas vraiment démocratisés ces dernières années, et se construire un beau système reste un investissement pour la majorité d'entre nous. La chaîne hifi n'est d'ailleurs pas sous l'emprise d'un foisonnement technologique tel que son obsolescence serait programmée dès sa naissance.

Non, les avancées en la matière sont souvent très modestes et même les médias et formats usuels restent dans l'ensemble globalement les mêmes sur une grande échelle de temps.

 

Et pourtant, le marché de la hifi traditionnelle est de plus en plus un marché de renouvellement : on achète, on revend et on remplace... Cela a d'ailleurs un effet désastreux sur les marges des professionnels du secteur car les clients sont de plus en plus amenés à négocier les prix afin d'éviter de trop perdre à la revente.

Cela pousse les professionnels à naturellement augmenter la valeur faciale de leurs produits, ce afin de prendre en compte ces remises commerciales. On ne peut pas à proprement parler ici de cercle vertueux... Alors obsolescence programmée ? Je préfère en fait le terme d'obsolescence organisée.

 

 

Est-ce l'influence d'une généralisation du jetable sur un marché qui n'y était pourtant pas destiné ? Est-ce le résultat d'une société de consommation éclectique vivant au rythme des soubresauts de la toile internet et du buzz, véritable stimulateur des temps modernes ?

Sans doute un peu des deux, et la responsabilité de cette folie mercantile n'est pas le seul fait des constructeurs, qui se sont adaptés finalement au nouveau mode comportemental d'une bonne partie des consommateurs.

 

Le phénomène n'est pas non plus totalement nouveau puisque certains grands noms de l'électronique avait pris l'habitude de renouveler leurs modèles tous les ans, il y a déjà de cela plusieurs décennies. A l'époque, il s'agissait néanmoins d'occuper le devant de la scène et on pouvait persévérer à redessiner un nouveau préampli sans jamais réussir pour autant et en sortir un qui soit vraiment excitant, mais laissons de côté la libido audiophile...

 

La différence majeure est néanmoins qu'aujourd'hui, c'est la survie de certaines entreprises qui se joue dans cette frénésie du renouvellement. Car si vous ne faites pas le buzz régulièrement, vous devenez tout simplement invisible. On est loin du beau compact Leica qu'on pouvait garder des années tout en prenant le temps de le domestiquer. c'est plutôt tout et tout de suite, et si ça ne vas pas, on passe à autre chose. Ne vous inquiétez d'ailleurs pas à ce sujet, votre constructeur favori saura vous apporter la solution dont vous rêviez avant de vous proposer un nouveau rêve quelques mois plus tard.

 

 

On peut valablement se demander quelle frustration engendre cette obsolescence organisée chez le consommateur audiophile. Quoi de plus énervant finalement que de se retrouver avec de l'entrée ou du milieu de gamme, lorsqu'on vient de se payer le nec plus ultra, au moyen de nombreux sacrifices sur le budget du ménage, quelques mois auparavant ?

Certains me répondront que c'est d'autant plus frustrant pour le conjoint qui avait d'autres idées en tête que le renouvellement d'un appareil dont l'usure lui semble ô combien prématurée.

 

On peut aussi se poser la question de la plus-value technologique et fonctionnelle du candidat au remplacement qui est sorti peu de mois après.

Quels travaux de recherche et développement a-t-on bien pu mener dans un temps si limité ? Est-ce que cette frénésie correspond à un souci de faire toujours mieux dans une quête de quasi-perfection ? Mais alors, pourquoi Léonard de Vinci n'a pas vendu une dizaine d'esquisses histoire de se faire la main avant de livrer sa commande de La Joconde ?

 

Toutes ces questions sont bien évidemment légitimes et trouveront sans doute des réponses dictées par le bon sens car ce n'est évidemment pas normal de faire payer au consommateur les tâtonnements (heu pardon, les efforts de recherche et développement) au delà de leur simple intégration dans les coûts de fabrication et de conception d'un appareil censé offrir un minimum garanti de pérennité.

 

La vraie innovation requiert d'ailleurs des efforts sur le long terme et il n'est pas si difficile de faire le tri entre les vrais produits novateurs et ceux qui ne sont qu'une énième resucée de schémas présentés sous une autre livrée.

 

C'est donc un critère, celui de la longévité des modèles dans le catalogue d'un constructeur et de leur "tenue en gamme", qu'il faut prendre en compte lors de la phase d'achat d'un équipement de haute fidélité, car c'est un indice parmi d'autres de la satisfaction sur le long terme, et du rapport qualité-prix.

Financer la campagne marketing d'un constructeur, si prestigieux soit-il, en alimentant le mécanisme du buzz perpétuel, financer le pas de porte dans les beaux quartiers et le train de vie d'une société n'ont jamais servi l'intérêt du consommateur.

Tout le monde l'aura compris et en tirera ses propres conclusions...

 

En attendant, bonne rentrée à tous !   

 

 

Joël Chevassus

 

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