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Edito

Mai / Juin 2019

Que retenir du Munich High End 2019 ?

 

Joël Chevassus : Coup de blues ?

 

 

 

Certains s’acharnent parfois à faire la distinction entre l'audiophile et le mélomane.

Si chacun de ces deux mots revêt une signification différente, je ne crois pas qu’on puisse pour autant les opposer.

Pourquoi en effet percevoir ces deux qualificatifs da façon antagoniste puisque dans la plupart des cas, c’est l’intérêt pour la musique qui est le moteur de la passion audiophile ?
La caricature veut néanmoins que le mélomane privilégie le côté artistique à celui technique, contrairement à l’audiophile qui fait passer le côté artistique après la qualité sonore.
Beaucoup s’amuseront à pousser le bouchon encore plus loin en considérant l’audiophile comme une personne inculte sur le plan musical.

Après tout, pourquoi pas ? Pas la peine d’être un expert en mécanique horlogère pour collectionner de belles montres ou d’être un pilote chevronné pour s’offrir une voiture de sport...

Et bien que la caricature ne me passionne pas (même si elle est bien souvent révélatrice à certains égards), notre dernier passage à Munich nous a laissé quand même perplexe.


Durant deux journées intensives de visites de stands, la grande majorité des démonstrations cette année faisaient la part belle à un genre musical particulier : le blues !
Il y a pourtant peu de champs de coton en Bavière, et sans doute guère plus de bluesmen.


Je conçois que, pour tout démonstrateur ou exposant, ce genre musical représente une prise de risque infime ou très faible, puisque reproduire une guitare électrique avec un maximum de réverbération, avec éventuellement une voix rocailleuse en prime, est finalement un choix peu ambitieux...


Alors Munich serait-elle la ville du congrès annuel des audiophiles dépressifs ?
Il semblerait en tous cas que la paupérisation des genres musicaux pour n’en retenir qu’un seul mineur, finisse par nous « miner » le moral, et donner raison à ceux qui opposent l’audiophile au mélomane.


Et pourtant, les meilleures démonstrations, l'ont été encore cette année avec une programmation bien plus variée. C'est à mon sens le minimum qu'un exposant honnête et sérieux puisse respecter : car la diversité de la musique fait ressortir les aptitudes d'un système hifi à recréer différentes ambiances, en s'effaçant derrière la musique sans chercher à imposer une couleur particulière, si blues soit-elle...

 

 

Joël Chevassus

Editeur

 

Que retenir du Munich High End 2019 ?

 

Jean-Marc Villafranca : De l’intérêt de la démonstration...

 

 

 

Après une écoute récente que je qualifierai de ratée dans le showroom privé d’une marque et après l’orgie de stands que nous avons eu au High End de Munich 2019, je me suis posé la question de l’intérêt de la démonstration. 

 

Quand vous allez au salon de l’auto on vous autorise à monter dans la voiture que vous convoitez, éventuellement, mais pas à la conduire. Si votre intérêt se porte sur un véhicule de prestige ou de sport très couteux il y a des chances cependant qu’on vous propose de la conduire sur circuit avant de sortir votre chéquier. Il est assez probable que le bolide soit à la hauteur de vos attentes ou les excède, dans la lignée des autres véhicules du constructeur. Dans le haut de gamme la probabilité que vous tombiez sur une caisse à savon est vraiment faible. 

 

Pour le matériel Hifi c’est différent : la promesse ne repose pas que sur le prix, le positionnement dans la gamme ou la réputation. 
Les productions haut de gamme sont souvent artisanales, en quantité rare et ne dépendent pas de processus industriels rodés. Le porte étendard de la marque peut impressionner visuellement et par la somme demandée mais hélas sa fonction première, reproduire de la musique peut arriver au second plan. Les échecs cuisants sont légion.

 

Prenons le matériel pour commencer. 
Pour attirer le chaland, il faut du gros matériel, des enceintes de plus de deux mètres de haut, des platines vinyles montées sur échasses dont la cellule arrive naturellement à hauteur d’œil et des amplis monos qui ne satisferaient pas aux dimensions des bagages en soutes. 
Avoir tel ou tel matériel en compagnie de sa production c’est aussi assurer les gens de passage de la puissance de votre marque qui réussit à se faire prêter cette enceinte réputée pour fonctionner avec votre ampli ou l’inverse. On s’associe avec les puissants pour se donner de la tenue. Une pléthore d’accessoires et de cables avec un prix catalogue à 5 ou 6 chiffres est un must. Vous tenez là les données de base de la démonstration en Force. Parfois cela fonctionne, parfois pas. Les résultats sont parfaitement indépendants de l’investissement ou du cout final du système. 

 

Pour les moins doués le mariage des éléments comporte des maillons faibles qui vont directement ruiner les capacités du système. C’est l’enceinte impossible à faire marcher qu’on vous aura prêté la veille, non rodée. C’est l’ampli sous dimensionnée en terme de puissance (pas en taille bien sur) que vous voudrez faire fonctionner avec vos panneaux. Ou encore des disques vinyles usés à en devenir transparent et dont la dynamique est à peu près nulle. Dans ce second cas cela ne fonctionne jamais et un parfum de gachis flotte sur le stand qui ne disparaitra pas. 

Vient ensuite le facteur humain. 


C’est tout d’abord le démonstrateur incapable de faire marcher le système. Certes au High End le temps de montage et de préparation des stands se réduit d’année en année. Je connaissais une personne dont le travail était de mettre en œuvre les systèmes, de placer les enceintes, de préparer l’acoustique. Il lui fallait deux jours pour cela avec toute l’expérience dont il disposait.  


Aujourd’hui cette tache essentielle à mes yeux est souvent faite aussi pendant le show. A Munich, entre le jeudi « Presse » et le vendredi il est souvent recommandé de repasser faire certaines écoutes et la différence qualitative est flagrante pour certains stands. Je citerai par exemple le système 6 voies à pavillons de ESD qui a fait un grand saut qualitatif d’une journée à l’autre. Encore faut-il discuter avec le démonstrateur pour comprendre son insatisfaction qui corrobore vos sensations d’écoute. Repasser le lendemain pour entendre la différence vous rend confiant dans la nature humaine.et la volonté de certaines marques de vouloir bien faire.  

Pour d’autre cas la magie n’opère jamais et probablement les objectifs du démonstrateur ne sont pas les nôtres. 

 

La particularité du High End de Munich est qu il s’agit un salon orienté à la fois vers le grand public et le Business to Business.
Les écoutes les meilleures sont souvent faites parmi les nouveaux venus dans les halles du rez-de chaussée et pour cause ces gens-là cherchent des distributeurs et souhaitent tirer le bénéfice maximum de l’exposition offerte à Munich. 
Si votre réseau est établi de longue date par contre, les discussions que vous avez avec les revendeurs font souvent plus cas de la marge commerciale, des volumes de vente et du prix que de la qualité sonore finale du stand. La venue de marques américaines, de plus en plus forte chaque année tend à renforcer le nombre de ces stands qui font marcher du matériel sans que le but final soit de produire un résultat tant soit peu à la hauteur des attentes basiques du consommateur final.
Certains exposants ont oublié le bénéfice d’une bonne démonstration. « Tout ça pour ça !» 

 

Si vous venez avec les mêmes attentes qu’Audiophile Magazine dans un salon Hifi, ou que vous êtes un potentiel acheteur indécis, que penseriez-vous d’une démonstration non convaincante ou carrément indigente ? 
Face au public, quand des moyens conséquents et une exposition planétaire sont dans l’équation, la déception ne devrait pas avoir sa place. 

 

Pour nous chez Audiophile Magazine nous pensons que chaque constructeur devrait se faire devoir de montrer ses capacités matérielles et humaines par un effort substantiel capable de passer par-dessus les obstacles inhérents à la démonstration dans un salon tel que le High End et réussir à produire un résultat digne d’être appelé Hifi. Après avoir dépensé de l’argent, de l’énergie, déplacé du matériel et des hommes, une démonstration réussie n’est pas une contingence. Il est ainsi facile de penser qu’un matériel capable dans un tel environnement le sera aussi bien chez soi. De nombreux stands y parviennent heureusement dont vous trouverez l’echo dans nos pages.

 

Jean-Marc Villafranca

Rédacteur

 

      

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Le classement Audiophile Magazine "Audio Nirvana" est totalement indépendant et n'est pas financé ou sponsorisé par des marques et d'autres annonceurs....

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